Le chant enraciné

Johan Gass... (Imacom, Jessica Garneau)

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Johan Gass

Imacom, Jessica Garneau

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Johan Gass en a fait le titre de son album. Mais c'est aussi un constat quotidien : le temps file. Vite, toujours trop vite.

« Tout va à un rythme fou. On est pressés, stressés, on est constamment bombardés d'informations. Ce rythme-là crée une société confuse. Ma réflexion, mon propos, c'est qu'il faut retourner à notre intériorité, à notre créativité », explique le Sherbrookois d'adoption, qui peut se targuer de prêcher par l'exemple.

Biologiste détenteur d'une maîtrise en environnement, il a quitté sa Lorraine natale pour le Québec en 2002. Il y a trouvé une terre d'accueil en phase avec ses aspirations. La vie a fait le reste. Papa de deux jeunes enfants, il a pris racine au pays.

« Je suis arrivé à Sherbrooke en 2006 et j'ai atterri dans une belle communauté de musiciens vraiment talentueux. J'ai commencé à slammer avec eux. »

Avant ça, il avait tâté la poésie, mais de manière confidentielle. Ses mots n'avaient jamais franchi la frontière de ses cahiers. Il a apprivoisé la scène avec la gang des Voyageurs nus, notamment. Mais au sein du groupe sherbrookois, il prenait beaucoup de place. Trop de place.

Guitare 101

« J'ai quitté le groupe en me disant que j'allais apprendre la guitare. J'avais toujours été attiré par cet instrument. »

Avant 2010, il n'avait donc jamais joué de la six cordes. Comment? Jamais comme dans jamais?

« C'est un peu hallucinant, c'est vrai. J'ai appris vraiment vite. Je devais être guitariste dans une autre vie », répond le musicien en riant.

Toujours est-il que des chansons ont vite suivi. Le sentiment d'avoir trouvé sa voie aussi.

« Si j'étais resté en France, mon côté créatif serait peut-être resté silencieux. Je porte ça depuis très longtemps, mais en Europe, c'est comme si une chape de plomb voilait cet aspect de moi. Ici, c'est une terre d'espace, on a de la place pour respirer. »

De la place pour exister, aussi. L'enracinement est donc au coeur de ses chansons. Il raconte son Québec d'adoption, la grandeur du territoire, la beauté du fleuve, le Nord et l'hiver. Il évoque des amours passées ou présentes, il cause de ses préoccupations. Plus d'une fois, au détour d'une phrase ou d'un refrain, on sent l'environnementaliste préoccupé par le sort du monde.

« Quand on regarde la société et l'environnement, on voit que ça ne va pas bien. L'art permet de faire voyager, mais aussi de véhiculer un message. Comme artiste, on a un gros émetteur... Je me mets donc au service de ces idées, de ces idéaux et de la chanson. »

En espérant trouver un écho auprès du public.

« Il y a une grogne, un mouvement collectif qui s'organise, mais je pense que pour changer le monde, il faut d'abord travailler sur soi. Tout part de là. On est collectivement enrichi par le cheminement individuel des uns et des autres. »

Deuil et chanson cachée

Son réveil personnel à lui a sonné lorsque son ex-conjointe et lui ont perdu un bébé. Ils avaient déjà un petit garçon, ils en ont eu un autre ensuite, mais entre les deux, il y a eu le deuil à apprivoiser. Un deuil qui a inspiré une chanson à Johan.

« C'est une chanson cachée sur l'album dans laquelle je parle de cet amour perdu. C'est comme si cet enfant-là s'était déposé en moi, je le porte en mon coeur. Ce fut un grand élément déclencheur dans mon existence. Être confronté à la finalité de la vie m'a poussé vers l'avant. »

Aujourd'hui, il se concentre sur ses projets d'auteur-compositeur-interprète. Il a déjà du matériel pour un deuxième disque. Et il rêve de voyager avec ses chansons. Les horizons lointains lui font de l'oeil. Ce n'est pas nouveau : du Grand Nord québécois jusqu'au coeur de l'Amazonie, il s'est beaucoup promené. Ça s'entend dans ses influences musicales, d'ailleurs.

« Ça, c'est aussi beaucoup à cause de mes rencontres musicales. J'ai des amis aux horizons divers qui m'ont aidé pour les arrangements. Pour eux comme pour moi, c'est un album qui s'est fait avec coeur. Oui, tout ça, c'est d'abord un projet de coeur. »

Johan Gass

Le temps file

Auberge de jeunesse ÉcoBeat

146, Wellington Sud

14 novembre, 20 h 30

Entrée : 10 $ (ou 20 $ incluant un album)

Par la suite, l'album sera disponible au Musique Cité

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