Le fabuleux destin de Henri Henri

Victor Andrés Trelles-Turgeon dans le rôle de Henri... (Séville)

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Victor Andrés Trelles-Turgeon dans le rôle de Henri Henri

Séville

<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Henri Henri est plus qu'un film pour se sentir bien. C'est une oeuvre qui donne le goût de ressusciter sa foi envers le destin, de faire le bien autour de soi, de vivre sans trop se poser de questions et de croire que tout ira pour le mieux.

L'oeuvre de Martin Talbot se fera donc inévitablement comparer au Fabuleux destin d'Amélie Poulain. Surtout que la ressemblance ne tient pas uniquement à la philosophie qui sous-tend le scénario, mais à son cadre entier, fait de personnages anguleux et sapides, de décors exubérants et de paysages luxuriants, d'un mélange de soleil et de lumière voilée. Et même si l'histoire manque de rebondissements, les fils sont si bien attachés à la fin que ce défaut se fait pardonner.

Bien sûr, contrairement à Amélie, Henri Henri fait le bien autour de lui sans s'en rendre compte, dans une infinie naïveté, mais le résultat est pratiquement le même : la production inocule le même espoir, le même antidote au sarcasme et au cynisme.

Durée de l'effet? Ça dépend de chacun.

Métier : relampeur

Orphelin jamais adopté, élevé par des religieuses, ignorant même son nom de famille, Henri Henri (Victor Andrés Trelles-Turgeon) se retrouve brutalement expulsé le jour où l'établissement ferme ses portes. Celui qui était chargé de changer les ampoules et de réparer les lampes de l'édifice (il se qualifie d'ailleurs de «relampeur») décide d'écouter les conseils de soeur Madeleine (Monique Spaziani), qui lui a dit qu'il avait un don et qu'il devait suivre les «signes» que le Seigneur lui envoie... Ce dont Martin Talbot se servira pour de très drôles clins d'oeil.

Henri aboutit donc dans une boutique de lampes et luminaires, où il deviendra employé. Son nouveau travail lui fera rencontrer toutes sortes de personnages, dont un vieux grincheux vivant dans un manoir délabré (Marcel Sabourin), un voisin acariâtre (Jean-Pierre Bergeron) et, surtout, la belle Hélène (Sophie Desmarais), guichetière d'un cinéma XXX, de qui il s'éprend, mais qui ne semble pas le voir...

Au contraire d'Amélie Poulain, dont le scénario est truffé de nombreuses sous-histoires et d'un découpage foisonnant et très serré, Henri Henri se décline plutôt comme une longue ligne droite, hormis quelques brefs retours en arrière et des incursions dans les rêves du personnage principal. Cela laisse parfois un sentiment d'inaction. En fait, le cinéaste est en train de placer les bornes de son histoire, et ce sont essentiellement dans les cinq dernières minutes que l'on saisit tous les liens faits préalablement.

Fantastique dosé

Martin Talbot se révèle néanmoins être un très habile metteur en scène, tant dans la richesse des univers qu'il crée (s'aidant d'effets spéciaux qui rentrent au poste) que dans sa manière de tourner, empreinte de beaucoup de délicatesse. Il n'abuse pas non plus du fantastique, restant le plus souvent dans un réalisme qui donne encore plus de portée à l'histoire et fait ressortir davantage les éléments magiques. Il y va même de situations assez crues (Hélène nettoyant le plancher du cinéma), comme pour ne pas trop relâcher ses ouailles dans le rêve...

La distribution de Henri Henri compense son petit nombre par sa grande qualité. Victor Andrés Trelles-Turgeon prend littéralement la peau d'un petit garçon, dont la résilience tient justement à la candeur. Sophie Desmarais incarne une éblouissante et inaccessible «belle Hélène», tandis que Marcel Sabourin, en vieillard aigri, devient vite attachant dans sa nostalgie et sa solitude.

Même si on voit venir certains dénouements et que la musique se révèle un peu trop hollywoodienne, Henri Henri crée un agréable sentiment de légèreté, un peu comme après avoir lu L'alchimiste de Paulo Coelho : et si, finalement, la vie n'était pas si compliquée?

HENRI HENRI

CONTE

*** 1/2

Réalisé par Martin Talbot

Avec Victor Andrés Trelles-Turgeon, Sophie Desmarais et Marcel Sabourin

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