De Brel au gars du Lac

Pierrot Fournier... (Imacom, Frédéric Côté)

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Pierrot Fournier

Imacom, Frédéric Côté

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Il est surtout connu comme un des meilleurs interprètes de Brel au Québec. Il a ajouté Brassens, Ferré, Aznavour, Léveillé et quelques autres à son arc. Mais Pierrot Fournier n'a jamais abandonné l'idée de présenter ses propres compositions, même s'il a mis cette idée sur la glace pendant une quinzaine d'années. Le voici qu'il récidive avec Léo du Lac, un album comportant 13 de ses propres chansons. Un album fortement teinté du musicien estrien Jean Custeau, qui l'a réalisé juste avant de quitter subitement ce monde, le 9 août dernier.

« Jean et moi avions même commencé à répéter ensemble pour monter un spectacle et éventuellement partir en tournée. La première répétition s'est bien passée, mais à la seconde, il n'était pas bien, il avait fallu interrompre », relate le chanteur robervalois, qui a retrouvé il y a deux ans cet ancien ami de jeunesse rencontré, au début des années 1980, alors qu'il venait de quitter son Lac-Saint-Jean natal pour tenter sa chance à Montréal.

« Jean chantait Brassens et moi, je chantais Brel. Nous nous sommes ensuite perdus de vue pendant des années. Jusqu'en 2012, alors que Jean a repris contact avec moi. Il m'a envoyé un enregistrement de son cru. Il avait composé une chanson en imaginant une réponse à Madeleine de Jacques Brel, puis me l'avait envoyée. C'est là que j'ai su qu'il vivait à Stanstead et qu'il avait son propre studio [Bleuciel]. »

Ça tombait bien, parce que Pierrot Fournier venait de recommencer à écrire. « J'avais une nouvelle femme dans ma vie, qui m'a demandé si je serais encore capable de lui écrire une chanson », raconte le chanteur. « Ça a donné S'il te fallait partir. Jean m'a redonné de ses nouvelles peu après. Je lui ai envoyé le texte pour qu'il me fasse un arrangement. Et nous avons continué, même s'il n'était pas toujours commode. Certaines de ses idées me plaisaient moins, mais il était têtu. Nous avons eu quelques prises de bec, mais on finissait toujours par s'entendre et j'ai accepté toutes ses bonnes idées. »

« Par exemple, c'est lui qui a perçu la couleur folklorique de Léo du Lac, la chanson-titre. Il a alors invité Alain Lamontagne pour l'harmonica et la podorythmie. Avec Jean, ça se terminait toujours dans le plaisir. »

Pierrot Fournier se souviendra surtout d'un homme passionné, qui croyait énormément en ce projet. C'est d'ailleurs Jean Custeau qui lui a trouvé un contrat de disques et de distribution, se déclarant même heureux d'avoir réussi pour un autre artiste, à défaut d'y être arrivé pour lui-même. La plupart des musiciens de l'album sont des Estriens, tels Mike Goudreau, Simon Bergeron et David Élias.

Trop grand amour de la scène

Léo du Lac n'est pas le premier disque de chansons originales de Pierre Fournier. Le Jeannois avait fait paraître Le dormeur des Marquises en 1996, un disque comportant onze chansons originales, dont huit signées de sa main.

« J'ai beaucoup cru en cet album, tellement que j'ai complètement arrêté les récitals de Brel pendant deux ans. Je me suis battu pour vendre mon album et mon spectacle, mais c'est tombé à l'eau, malgré plusieurs bonnes critiques. Les chansons n'ont pas joué à la radio, le distributeur a fait faillite... », raconte l'artiste, qui a bien failli tout abandonner.

Mais son amour de la scène était plus fort que son désir de chanter ses propres chansons. « Je m'ennuyais trop de donner des spectacles. C'est à cette époque que j'ai créé mon spectacle Brel, Brassens et Ferré », dit celui dont la voix semble avoir été sculptée pour ce répertoire, et qui a donc fièrement renfilé ses habits d'interprète. Pierrot Fournier a même déjà chanté Brel avec des orchestres symphoniques. Il le refera cinq fois le printemps prochain, avec l'Orchestre symphonique de Québec.

Mais ce fier Bleuet compte bien faire vivre sur scène les chansons de Léo du Lac, en compagnie de la pianiste Jocelyne Tremblay (qui signe la musique de sept chansons) et du guitariste Ian Fournier. Plusieurs sont liées à ses souvenirs personnels, comme Béatrice, en mémoire de sa mère, et Pauvre Lucien, frère aîné qui s'est « fait la peau » en été 1967.

« C'est lui qui m'a montré à jouer de la guitare, qui m'a fait découvrir Brel, Brassens et Ferré. Sa mort nous a tous surpris. Il avait 16 ans et moi, 13. Aujourd'hui, je fais la vie qu'il rêvait de faire. »

Le chanteur a aussi mis en musique sa révolte contre le barrage de Val-Jalbert. « C'est là que j'ai donné mes premiers récitals, dans le Vieux Moulin, vers 1976, 1977. Je suis donc très attaché à ce lieu. »

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