Une famille pour toujours toujours

Alors qu'elle était en processus d'adoption au Québec,... (IMACOM, Frédéric Côté)

Agrandir

Alors qu'elle était en processus d'adoption au Québec, Julie Pearson ne trouvait pas le livre qu'elle cherchait. Celui qui parlerait du sentiment d'abandon et d'attachement. La Sherbrookoise a donc décidé d'oser la plume et d'écrire le bouquin qu'elle avait envie de lire à son garçon. Publié aux éditions 400 coups, l'album est joliment illustré par Manon Gauthier.

IMACOM, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) «Je ne me considère pas comme une auteure», prévient d'emblée Julie Pearson.

«Pour l'instant, je me vois plus comme une éducatrice spécialisée qui a écrit un livre.» Un livre précieux. Significatif. Ancré à la fois dans le vécu et dans l'expérience professionnelle de la Sherbrookoise qui travaille pour le Centre jeunesse de l'Estrie, au point de service de la Villa Marie-Claire. Publié aux éditions 400 coups, Elliot raconte avec grande finesse l'histoire d'un petit lapin à qui on doit trouver une nouvelle famille parce que ses parents n'arrivent pas à s'occuper de lui adéquatement.

«En 2011, j'étais en processus d'adoption au Québec et je ne trouvais pas le livre que j'avais envie de lire à mon garçon. Même s'il existe une belle sélection d'albums sur le sujet, aucun ne portait sur l'abandon et le sentiment d'attachement. J'ai décidé de plonger et d'écrire sur cette thématique», note la mère de famille, qui avait déjà un grand garçon lorsqu'elle a entamé des démarches d'adoption au Québec.

L'histoire est inspirée de celle de son garçon adoptif. Mais ce n'est pas du copier/coller, précise-t-elle.

«C'est le parcours de mon fils amalgamé à celui de plusieurs autres enfants. Il y a un âge où l'attachement et la peur de l'abandon prennent beaucoup de place. C'est émotif, c'est quelque chose qui remue l'intérieur, mais c'est très difficile à exprimer. J'avais envie de créer un outil qui pourrait ouvrir un dialogue avec les enfants qui ont traversé ce genre d'épreuves et qui pourrait aider l'entourage à mieux les comprendre. Souvent, par exemple, ce sont des enfants qui ont de la difficulté à s'attacher parce qu'ils ont peur que cette nouvelle vie ne dure pas», explique celle qui, dans son quotidien d'éducatrice, est particulièrement sensible aux liens d'attachement qui concernent les enfants de moins de cinq ans.

«C'est mon dada. Je suis convaincue des bienfaits du lien affectif qui existe entre parents et enfants. L'attachement est au coeur de la famille. Si l'enfant se sent assez en sécurité, il sera capable de se développer, d'aller de l'avant.»

Dans une tout autre perspective, la lecture d'Elliot permet aussi de comprendre un iota le système québécois d'adoption et sa manière de faire qui prête flanc aux critiques.

«On tape beaucoup sur ce système, mais il a été mis en place parce qu'ici, on croit beaucoup dans la capacité qu'ont les parents biologiques de se reprendre en main. Et ça, c'est vraiment bien. Parce que si ça se produit, c'est le meilleur scénario pour l'enfant. Les intervenants psycho-sociaux vont donc tout faire pour que les parents biologiques développent leurs compétences parentales.»

Mais à cause de ça, l'adoption au Québec est un long processus. Dans le livre écrit par Julie Pearson, Elliot visite plusieurs foyers avant d'arriver dans la famille qui l'aimera «pour toujours toujours».

«Cest mots-là, toujours toujours, ils font partie de notre vocabulaire à la maison. Ce sont ceux que je répète à mon fils», explique la mère de famille.

La remarque est touchante. Comme l'histoire qu'a imaginée la mère de famille.

«J'avais le souci qu'elle soit simple, mais pas simplette. Je voulais rejoindre plein d'enfants, toucher à l'émotion. Dès le départ, c'était très clair : ce n'était pas une histoire triste, c'était une histoire d'amour, une histoire qui partait du coeur.»

Le premier jet s'est fait facilement. En un souffle, ou presque.

«Ensuite, j'ai travaillé sous le mentorat du Sherbrookois Yves Nadon, directeur de la collection Carré blanc, aux éditions 400 coups. Son regard m'a permis d'amener mon idée ailleurs, de trouver le ton juste.»

C'est l'illustratrice Manon Gauthier qui a mis le récit en images.

«Elle a fait un superbe travail. Elle a été d'une grande sensibilité, comme si elle avait su capter les émotions que je souhaitais transmettre. J'aime aussi le fait qu'elle utilise le crayon à mine et le collage dans ses dessins parce que ce sont des techniques créatives qu'utilisent les enfants.»

Julie Pearson espère maintenant que son livre fera son petit bonhomme de chemin auprès des enfants qui ont vécu l'adoption.

«Mon objectif, ce n'est pas de vendre des livres. C'est plutôt que mon livre se rende jusqu'à ceux qui en ont besoin, ceux chez qui il peut trouver une résonnance.»

La Sherbrookoise de 36 ans espère aussi écrire d'autres histoires. Elle a beau ne pas se considérer encore comme une auteure, elle a bien des idées qui dorment dans ses carnets. Et elle aimerait les faire fleurir. Comme une auteure, oui.

VOUS VOULEZ LIRE?

Julie Pearson

Elliot

JEUNESSE

Illustrations :

Manon Gauthier

Éditions 400 coups

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer