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Médias régionaux: la mutation continue d'inquiéter

L'avenir de Radio-Canada et des médias régionaux était... (Imacom, Julien Chamberland)

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L'avenir de Radio-Canada et des médias régionaux était au coeur du panel réunissant le professeur à l'UQAM, Normand Baillargeon, le journaliste à la retraite et porte-parole de Tous amis de Radio-Canada, Pierre Maisonneuve, et le professeur à l'Université d'Ottawa, Marc-Francois Bernier. Animé par Diane Martin, l'événement a attiré une cinquantaine de personnes, lundi, à la salle du Parvis.

Imacom, Julien Chamberland

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) La question est vaste. Et pas si simple : quel avenir pour Radio-Canada et les médias régionaux? Le panel chargé de réfléchir au sujet, lundi soir, s'est beaucoup et surtout penché sur ce qu'a déjà été et sur ce que devient la Société d'État.

«Ce qui se passe à Radio-Canada nous concerne tous, nous sommes tous liés», a d'entrée de jeu précisé l'ex-journaliste à la SRC et animateur à Radio Ville-Marie, Pierre Maisonneuve.

Et ce qui se passe n'est évidemment pas rose.

«Dans une société démocratique, les médias libres sont des oxygènes. Et une de mes préoccupations, c'est que l'assaut qu'on subit fait partie, je pense, de quelque chose d'orchestré politiquement. On le voit, par exemple, dans les attaques soutenues contre les scientifiques, qui se trouvent de plus en plus muselés. La démocratie est attaquée. Il faut donc déplacer le discours, être porteur d'une vision centrée sur le bien commun», a indiqué le blogueur, chroniqueur et professeur en sciences de l'éducation à l'UQAM, Normand Baillargeon, qui a fait des recoupements entre le monde universitaire et le monde médiatique.

Le défi est de trouver une façon de se renouveler. Mais l'avènement du numérique ne change pas la donne ni le métier.

Ses propos ont trouvé écho dans la salle : «Vous prêchez devant un public convaincu de la nécessité de préserver Radio-Canada. Mais on vit une période d'aliénation, il y a une volonté politique derrière tout ça. Alors qu'est-ce qu'on peut faire pour dénoncer cette manipulation scandaleuse? Pour moi, Radio-Canada, c'est fini, mais je ne veux pas qu'elle meure», a commenté le citoyen et animateur à Radio Ville-Marie Jean-Pierre Harel.

«Qu'est-ce que vous pouvez faire? Vous plaindre! C'est la seule portée que vous avez, le seul outil. Mais je peux vous dire que lorsque vous vous plaignez, nombreux et à répétition, mes patrons finissent par porter attention», a répondu Pierre Tousignant, journaliste à ICI Radio-Canada Estrie.

Présent à titre d'auditeur, ce dernier a insisté sur la nécessité de réorganiser le travail à Radio-Canada.

«La mutation que vit le monde de l'information n'est pas mauvaise, mais on ne peut pas imaginer une transformation sans revoir nos façons de travailler. Le problème, il n'est pas sur le terrain. Actuellement, on est une soixantaine à Radio-Canada Estrie, mais il y a de moins en moins de gens payés pour aller chercher de la nouvelle et de plus en plus de gens payés pour brasser l'info. C'est comme si, dans un restaurant, il y avait un seul cuisinier et huit personnes autour pour brasser la sauce qu'il prépare. Il y a beaucoup de monde, mais pas suffisamment de journalistes.»

Où sont les 18-35 ans?

Parce que l'avenir de l'information ne concerne pas seulement ceux qui la font, mais aussi ceux qui la reçoivent, la question a été lancée dans l'assistance : comment s'informent les jeunes âgés de 18 à 35 ans? Comment peut-on les rejoindre?

«Via les sites internet. Je ne regarde pas les bulletins, je lis les journaux s'ils sont gratuits, mais je peux passer cinq ou six heures devant mon ordi. C'est là que je m'informe», a raconté l'auditeur Cédric Champagne.

Animatrice de la soirée, Diane Martin a soulevé la question des plateformes web et de leur impact sur le travail des journalistes, qui doivent souvent écrire pour le site internet de leur média, twitter en direct de l'événement et préparer un reportage. Tout ça dans une même journée, pour un même sujet.

Pour le spécialiste en matière d'éthique et de déontologie du journalisme et professeur agrégé au Département de communication de l'Université d'Ottawa, Marc-François Bernier, le défi est de trouver une façon de se renouveler. Mais l'avènement du numérique ne change pas la donne ni le métier : «La question de la mobilité, c'est un faux débat. Le journalisme comme tel ne change pas beaucoup. Ce qui change, c'est les technologies.»

«Je suis d'accord, a ajouté Normand Baillargeon. Tout se joue sur le plan du contenu. Les médias doivent contextualiser, produire du sens et miser sur la qualité de l'information.»

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