Une bonne à conter!

Sophie Jeukens, directrice artistique du festival Les Jours... (Imacom, Claude Poulin)

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Sophie Jeukens, directrice artistique du festival Les Jours sont contés.

Imacom, Claude Poulin

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Laura Martin
La Tribune

(SHERBROOKE) Le festival Les Jours sont contés, qui s'hydrate la gorge en vue du début de son 22e marathon jeudi soir, est l'un des plus vieux à Sherbrooke. Pourtant, il demeure l'un des plus méconnus, condamné à une espèce de perpétuelle émergence.

Ce n'est pas tant un problème. Le conte est un art qui s'enrichit d'un contact intime, qui se bonifie dans le blanc des yeux, quand le public peut voir perler la sueur et voler la salive de son locuteur. Surtout, l'événement, qui en a long à dire pendant onze jours, est porté par l'enthousiasme de ses spectateurs fidèles, habitués à la fulgurance des voyages faits sur les ailes de la verve. Alors, des salles de 1500 personnes, il n'en aurait que faire...

Quand Sophie Jeukens a pris le volant de la direction artistique de l'événement, en 2013, elle a d'ailleurs réalisé que le véhicule roulait déjà pas mal tout seul. «Pour nous, c'était tout nouveau, nous étions une toute nouvelle équipe, mais l'événement est solide, et ça paraît. Il repose sur tellement d'histoire qu'il y a un esprit qui est installé, des bénévoles et des artistes réguliers. Nous n'avions qu'à tenter d'apporter nos idées nouvelles à cette base stable.»

Un des dadas de la jeune directrice: la surprise. Le piquant. Elle en a donc saupoudré dans la recette traditionnelle des soirées de contes afin de créer des événements inattendus. Par exemple, le 25 octobre, les gens pourront aller voir André Lemelin délier sa langue à l'intérieur d'une yourte rustique à Maricourt.

«Le conte est un art vivant, pour lequel le contexte est très important. Il importe de bien choisir l'heure et l'endroit, les conditions pour que l'expérience soit unique.»

Sophie Jeukens est aussi particulièrement fière d'avoir eu l'audace de réunir les Français Jihad Darwiche et Didier Kowarsky pour une nuit de contes inédite, dont le chrono démarrera demain à 22 h. «Ils se connaissent bien et s'entendent à merveille, mais c'est la première fois qu'ils passeront une nuit ensemble. Ils ont des styles très différents. Jihad fait dans la simplicité, avec un style épuré mais un charisme fou, tandis que Didier est plus théâtral et éclaté. J'ai déjà hâte de les voir se relancer.»

Du reste, la programmation, qui étend son bouche à oreille de Valcourt à Coaticook, ratisse large, avec des beaux parleurs d'ici comme d'ailleurs. «Le but est d'aller chercher la top qualité de ce qui se fait dans le conte en ce moment, d'aller chercher la plus grande diversité de genres, pour que chacun puisse y trouver son compte.»

Et y trouver son conte.

Les Jours sont contés

Jusqu'au 26 octobre

www.lesjourssontcontes.com

Jean-Marc Massie... (Photo fournie) - image 2.0

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Jean-Marc Massie

Photo fournie

Contes pour tous

Qu'importe votre humeur du jour ou de la saison, il y a un spectacle pour vous pendant le festival, assure Sophie Jeukens. Alors, de quoi avez-vous envie?

De sourire ?

«Jean-Marc Massie ne fait pas dans l'humour léger ou facile. Mais ses récits et anecdotes de vie, qui tanguent lentement vers la fiction pour devenir carrément abracadabrants, sont très rigolos. Il arrive à créer une ambiguïté déconcertante. Il n'y a pas de limites à son imaginaire. Le titre du spectacle dit tout.»

Délirium

24 octobre, 20 h

Centre culturel Pierre-Gobeil

D'être touché?

«Jihad Darwiche, l'un des favoris du Festival, vient présenter pour la première fois en Amérique sa nouvelle création inspirée par la Révolution égyptienne de 2011. À l'aide de témoignages de femmes, il a bâti un récit qui met en valeur le rôle qu'elles ont joué dans ce combat pour la liberté. Sachant qu'il a été journaliste de guerre avant d'être conteur, son spectacle promet d'être bouleversant.»

Le jour où l'espoir nous a prises par surprise

Jeudi soir, 20 h

Maison des arts de la parole

D'être étonné?

«L'univers de Didier Kowarsky est éclaté, glisse souvent vers l'absurde et se bâtit beaucoup avec le public. En plus, ce spectacle en est un de type boîte à histoires, ce qui veut dire que le conteur pigera dans son répertoire, selon son feeling, pour en faire une représentation unique. Le titre signifie d'ailleurs n'importe quoi, en verlan.»

Portnawak

21 octobre, 20 h

Maison des arts de la parole

De retrouver des oreilles d'enfant?

«La Française Gigi Bigot s'est retirée de la scène pendant un certain temps pour réaliser une étude sur la valeur de la parole artistique. Elle a notamment travaillé auprès des enfants autistes pour évaluer leur réaction au discours. Elle reprend les éléments typiques du conte pour enfants, comme une grenouille qui parle, mais les assemble avec une grande profondeur.»

Croqu'en bouille

Dimanche, 10 h

Maison des arts de la parole

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