Une vie après l'enfer

Cynthia Sardou... (Imacom, Claude Poulin)

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Cynthia Sardou

Imacom, Claude Poulin

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(Sherbrooke) Cynthia Sardou, fille du célèbre chanteur français, a été kidnappée et violée par trois hommes la nuit de Noël. C'était en 1999. Elle avait 26 ans.

En 2005, alors qu'elle se battait encore pour retrouver sa joie de vivre, elle a écrit un premier livre, Appelez-moi Li-Lou, pour témoigner du drame. Quinze ans après son Noël infernal, elle revient à la charge, cette fois avec un livre tourné vers la lumière, comme un guide, pour aider les victimes et leurs familles à traverser un tel traumatisme.

« Le premier livre ne donnait aucune solution. Avec ce deuxième livre, Une vie à reconstruire, je rappelle les faits, mais je donne surtout des pistes concrètes pour que les victimes puissent s'en sortir. Le but est de donner un message d'espoir, de dire aux gens que, si on ne guérit jamais vraiment, on peut néanmoins se réconcilier avec la vie », résume l'auteure qui réside au Québec depuis quelques années.

Lorsqu'on la félicite pour son courage, elle prend ses distances et parle plutôt d'un devoir. Un devoir de passer par-dessus le tabou, la honte, la culpabilité, les peurs qui accompagnent les victimes de viol. Un devoir de parler, si on en a la capacité.

« Le courage, c'était avant, dans les premières années, lorsque je me battais pour rester en vie. Maintenant que j'ai trouvé l'équilibre, grâce à l'amour de mon mari et de ma famille, j'ai le devoir d'aider, ou du moins d'essayer d'aider, les gens qui n'ont pas trouvé les moyens pour s'en sortir et voir la lumière au bout du tunnel », explique-t-elle.

Dans Une vie à reconstruire, Cynthia Sardou parle des stades qui suivent le traumatisme. Son mutisme, la colère, l'état de perdition, les rétablissements, les rechutes. Elle traite également du décalage entre la compassion de l'entourage et la souffrance de la victime. Elle raconte que la justice et la fuite, dans le travail ou dans un pays lointain, ne permettent pas la guérison.

La première personne que Cynthia Sardou a appelée après que ses agresseurs se soient enfuis a été son père, Michel Sardou, où elle s'est réfugiée après le drame. Journaliste de formation, elle est retournée travailler une semaine après le viol pour « retourner dans le monde des vivants ». Mais après quelques mois, la couverture de l'actualité avec ses faits divers et son sang devint insupportable.

Pour avancer, Cynthia Sardou a appris à se défendre physiquement et psychologiquement. Elle a eu recours à la méditation, l'hypnose, la psychothérapie et la psychiatrie. Et elle a fait du kick-boxing. « Après le viol, j'avais peur de tous les hommes alors j'ai eu besoin d'apprendre un sport de combat pour reprendre confiance. Aussi, le sport est bon pour évacuer les élans d'agressivité et le désir de vengeance », souligne-t-elle.

Cynthia Sardou arrive tranquillement à la notion de pardon. « Ce n'est pas un pardon qui signifie de ne pas porter plainte contre nos agresseurs. Le pardon n'enlève rien à nos droits. On ne pardonne pas nos agresseurs, on pardonne la vie et ce qu'elle nous avait réservé », précise celle qui peut maintenant compter sur le soutien de son mari qui l'a aidée pour les derniers pas de sa réconciliation avec la vie. Sa résilience lui permet aujourd'hui de composer avec son passé et célébrer son présent.

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