Mara Tremblay: soleil d'automne

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Mara Tremblay

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Il y a des parfums d'automne dans le sixième disque de Mara Tremblay. Un mélange de mélancolie et de lumière savamment dosées, dans les mots comme dans les mélodies.

«L'automne est ma saison préférée. J'adore la fraîcheur, la lumière, le changement de cette période de l'année. L'air est bon, c'est un moment propice pour la création. C'est vrai que mon disque niche dans la palette de couleurs de cette saison. J'avais envie de lumière, je souhaitais que ça scintille. J'essaie toujours d'aller vers quelque chose de positif, quelque chose qui fait du bien. Pour cet album, ça allait encore plus de soi. Même les chansons plus dures ont cette touche lumineuse. Probablement parce que je suis davantage dans le bonheur maintenant.»

La phrase n'est pas anodine. Mara Tremblay a connu des heures moins zen.

«Lorsque Tu m'intimides est sorti, je venais de perdre ma mère et ma grand-mère, je venais de changer de relation, je venais d'avoir 40 ans. C'était une période très, très intense. L'album l'était aussi, je pense.»

Les critiques ont applaudi. Le public aussi. Une tournée solo roulait tempête. Mais l'humeur ne suivait pas. Le corps non plus. Disons les choses comme ça.

«Je suis vraiment ailleurs, maintenant, mais j'ai eu besoin de thérapie et de médication. Je suis bipolaire. Tant que ce n'est pas diagnostiqué, tu ne reçois pas l'aide dont tu as besoin. Tu peux sombrer loin... J'en parle ouvertement parce qu'il y a beaucoup de tabous autour de la maladie mentale. Les gens cachent leur état, leur fragilité, ils se referment sur eux-mêmes, alors qu'il leur faudrait faire l'inverse. Enfin, on vit chacun les choses à notre façon, mais pour moi, le diagnostic a complètement changé ma vie. Et, par ricochet, celle de mes proches.»

Ses proches qu'elle garde proches. En musique comme dans la vie, Mara est une fille de clan. Son plus jeune fils, Édouard, a posé sa voix sur la très belle Que la peine passe. Son plus vieux, Félix, a coécrit la chanson Sans toi, en plus de faire des percussions sur l'album.

«Comme mon amoureux Sunny Duval, Félix m'accompagnera sur scène. Parce que c'est le meilleur au monde à la batterie. Il a 18 ans et il est vraiment bon. À l'âge où plusieurs jeunes quittent le nid, pour nous, c'est le contraire qui se passe, on travaille et on répète ensemble. Je trouve ça magnifique. Ça a du sens de partager la scène, d'avoir cette proximité-là, cette complicité avec mes enfants.»

Amour, amour

Amour qui se noue, amour qui se découd, amour filial, amour amical : les soubresauts du coeur teintent les textes de la neuve galette.

«Il est beaucoup question de l'amour dans l'amitié, de l'amitié dans l'amour. Je trouve qu'il y a de la beauté là-dedans. Ça correspond aussi à ce que je vis. Je suis en harmonie avec tous mes anciens amoureux, ce sont de bons amis avec qui je travaille régulièrement. Ça fait partie de moi, probablement parce que mes parents étaient comme ça.»

En studio, la créative musicienne a retrouvé les vieux complices Olivier Langevin et Pierre Girard : «On se comprend sans avoir à se parler. D'un simple regard, on sait si c'est bon ou pas. Travailler avec eux, c'est du plaisir évident.»

C'est aussi le désir partagé de se renouveler musicalement.

«Pour ce disque-là, j'avais envie de quelque chose de planant. Je souhaitais trouver un son de l'intérieur, quelque chose qui rendrait le sentiment de lévitation que j'avais envie d'insuffler à mes chansons. Je niaisais avec un synthétiseur quand on a réalisé que c'était ça. C'était la texture musicale qui apportait de la légèreté. La ligne musicale était trouvée. On a continué dans cette voie-là.»

Les racines folk s'entendent encore, elles sont cependant enrobées de claviers et de sonorités percussives. La voix de Mara, elle, a toujours ce grain particulier. Mais elle se dépose différemment sur les plages musicales.

«Enfant, je rêvais d'être chanteuse d'opéra et je souffrais d'avoir une voix à part, une voix de klaxon. Ça me complexait. Depuis, j'ai apprivoisé mes cordes vocales. J'aime de plus en plus jouer avec ma voix et ses nuances. C'est un bel instrument.»

Mara Tremblay

À la manière des anges

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