De la magie à Saint-Camille

Claire Pelletier... (Imacom, Maxime Picard)

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Claire Pelletier

Imacom, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Saint-Camille) Claire Pelletier craignait que les chansons de son plus récent album Soleil ardent, consacré au répertoire français et québécois du XVe au XIXe siècle et la plupart du temps lent et très dépouillé, se marient mal avec celles de ses albums précédents. Elle peut être rassurée : rarement a-t-on vu un spectacle couler aussi bien sur un si grand répertoire et conserver ses contrastes sans le moindre heurt, dans un enveloppement total.

Bref, c'est à une bien belle douceur qu'ont eu droit les quelque 200 spectateurs réunis à l'église de Saint-Camille (le P'tit bonheur aurait été trop exigu pour l'occasion), afin d'accueillir la chanteuse de Shefford, son trio de musiciens... et deux chorales du coin, les Voisines de Saint-Adrien et les Belles Gammes de Dudswell, dirigées par Shanti Legault.

La chanteuse les avait invitées à interpréter avec elle deux chansons de son album Six : Tarentelle et Que les oiseaux reviennent. Un des moments forts de la soirée, en raison de la belle ampleur et la grande communion créées avec l'auditoire, même si les choeurs auraient mérité une meilleure amplification pour apporter tout leur poids réel à la prestation.

Mais ce fut bien la seule lacune technique, alors qu'on aurait pu craindre pire. Les concerts d'église sont parfois des monstres de réverbération. Pas ici, au contraire. L'assistance a eu droit à une sono des plus pures, où la majorité des nuances ont été parfaitement audibles. Même la nef toute blanche, éclairée de différentes couleurs, s'est avérée être un cadre fabuleux.

Surtout quand est venu le temps des deux chansons a cappella de Soleil ardent, Voulez-vous que je vous chante? et Papillon tu es volage, cette dernière dédiée à son défunt ami Jean-Guy Moreau. On aurait justement entendu voler un papillon, tant la pure voix de Claire a pris tous les tympans dans ses filets. De véritables moments de grâce.

Pauvres bélugas

Les ouailles d'un soir ont craint la catastrophe pendant quelques secondes, alors qu'un indésirable chat s'est pointé dans la gorge de la chanteuse après la deuxième chanson. La vilaine bête a heureusement été vite chassée et oubliée.

Évidemment, la mise en scène de Michel Faubert, dont la principale réussite est de s'être presque faite transparente, a réussi à mettre le liant à toutes ces atmosphères. Mais il faut aussi souligner les arrangements de Pierre Duchesne, qui s'est aidé de plusieurs percussions et sons de claviers programmés, recréant les atmosphères du disque, sans pour autant priver le spectacle de son côté organique.

Quelques pièces ont d'ailleurs bénéficié d'une métamorphose bienheureuse. Par exemple Le nord, qui a perdu de sa lourdeur avec un tempo accéléré.

Les deux autres principaux alliés de Claire sont le pianiste et claviériste Jean-Sébastien Fournier et la violoncelliste Mélanie Auclair, qui ont créé de puissantes harmonies vocales (Réveillez-vous, belle endormie en a donné des frissons), en plus de se révéler multi-instrumentistes, le premier aux percussions, la seconde au banjo. Même Claire a tâté de la guitare, de la flûte et des cuillères.

Après son interprétation du Vaisseau fantôme, la chanteuse du Bas-Saint-Laurent, toujours prête à défendre la cause environnementale, en a profité pour mettre son grain de sel dans la construction du port méthanier de Cacouna.

«On avait abandonné le projet de port dans les années 1970 pour cause d'ensablement. Cette fois, on va le construire à un kilomètre de la rive. Pauvres bélugas!»

Même s'il manquait à la feuille de route quelques classiques que plusieurs pourraient considérer comme incontournables (Galileo, Ce que tu donnes), Claire Pelletier a su faire oublier leur absence, jouant des extraits de chacun de ses albums originaux, de Trop loin l'Irlande à Coton, qu'elle et ses musiciens ont offert sans micros en fin de spectacle.

En somme, une soirée en pleine phase avec l'artiste et son discours : remplie de beauté.

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