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Il roulera en «chef-d'oeuvre mobile» jusqu'à New York

David Gierlinger avec son chef-d'oeuvre mobile.... (Imacom, Jessica Garneau)

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David Gierlinger avec son chef-d'oeuvre mobile.

Imacom, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Comme tant d'autres Québécois, David Gierlinger ira visiter New York en automne dans les prochaines semaines. C'est une aventure assez classique, dans la période de l'Action de grâces.

Mais son périple n'aura rien de classique. D'abord, parce qu'il ne fera pas le trajet dans un autocar Greyhound rempli jusqu'au dernier siège. Ensuite, parce qu'il n'ira pas en troupeau saluer madame Liberté et sauter dans les feuilles mortes à Central Park.

Il entrera en solo dans la Grosse Pomme à bord de son «chef-d'oeuvre mobile» et s'installera dans Soho pour peindre en pleine rue. Son espoir? Attiser la curiosité des amateurs d'art de cette mégalopole culturelle. «Et conquérir le monde!» clame le Sherbrookois de 29 ans, qui affiche un complexe mélange de timidité et de confiance, avec sa casquette vissée sur la tête et ses yeux vissés dans les vôtres.

Pour faire connaître son travail, ce fils d'Allemand, qui réside à Québec depuis neuf ans, a eu l'idée d'accrocher à sa Matrix une remorque sur laquelle il exposerait le fruit de son art. Un ami menuisier lui a fabriqué cette minigalerie mobile, une version artisanale de ces véhicules utilisés en publicité.

Mais l'inspiration ne lui est pas venue de ces camions-sandwiches qui annoncent leur produit dans le trafic des grandes villes, mais plutôt par... le maillot d'Arnold Schwarzenegger. «Dans sa biographie, on le voit se promener dans les rues de Munich en Speedo, pour promouvoir le gym de son ami. J'ai adapté cette idée, très bonne et simple, de descendre dans la rue pour faire sa propre publicité. Je veux faire de l'art visuel comme du rock' n roll. Je veux faire bouger les choses, dans la plus grande liberté.»

«Le trailer a tenu, même sur les chemins de terre qui mènent à Manic 5!»


Testé à Manic 5

Pendant deux semaines, le printemps dernier, l'iconoclaste artiste a testé son bolide sur 5000 kilomètres de routes provinciales, dans un grand tour qui incluait la Côte-Nord et l'Abitibi. «Le trailer a tenu, même sur les chemins de terre qui mènent à Manic 5! Je ne passais pas inaperçu, et c'était le but. Quand j'arrêtais dans les villages, le contact s'établissait facilement. Je me dis qu'une fois que les gens me connaissent, ils ne peuvent pas me déconnaître.»

Infirmier auxiliaire, David Gierlinger a senti l'appel des arts en visitant le Musée Van Gogh, à Amsterdam, il y a deux ans. Il a alors quitté son emploi, qui ne le rendait pas très heureux, pour voir ce qu'il pouvait créer sur une toile. En juin, il arrivait en gladiateur au vernissage de sa première série de douze portraits, à Québec. «C'était mon coming-out artistique. J'ai senti que je pouvais vraiment me dire peintre quand un couple de collectionneurs a acheté une oeuvre. À partir de là, tout est devenu possible», dit celui qui, petit, dessinait des personnages dans des mises en scène originales.

Pour la première fois de sa vie, David Gierlinger fait ce qu'il aime vraiment. «J'ai toujours eu des projets flyés, dans lesquels mes proches ne croyaient pas et qui n'aboutissaient pas. Cette fois, la fusion s'est faite. Je suis heureux sans bon sens. Il y avait une brume qui recouvrait ma vie, maintenant, je respire. Mon but, maintenant, est d'en vivre.»

Si ç'a marché pour Arnold...

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