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Plus près de lui, aux quatre coins de sa tête

William Deslauriers... (Archives La Presse)

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William Deslauriers

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Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Jeudi dernier, quatre jours avant le lancement de son deuxième disque, William Deslauriers a eu 23 ans. Il aurait pu profiter de l'occasion pour prendre une pause. Après le blitz de création en studio et le chapelet d'entrevues qu'il accorde ces temps-ci, on aurait compris qu'il veuille festoyer en se la coulant douce avec des amis. Pourtant non, rien de tout ça. Pas de temps d'arrêt dans son agenda.

Pour fêter ses 23 printemps, le jeune auteur-compositeur interprète s'est offert rien de moins qu'un déménagement. Il a déposé ses boîtes et sa vingtaine de guitares ici et là, chez maman et belle-maman. Il ignore encore où il atterrira « pour de bon » avec sa blonde et ses deux chiens. Maison ? Appartement ? Cabane en rondins ? C'est encore flou. Mais ce sera dans sa région natale; là-dessus, il est formel.

«Je n'en peux plus de Montréal, je reviens dans mon coin de pays. Plessisville ou Victoriaville, ce n'est pas décidé encore, mais j'ai besoin de retrouver mon patelin, besoin de retrouver une qualité de vie, besoin de retrouver une vie tout court, en fait. Entre mes quatre murs sur la rue Notre-Dame, ça n'a jamais été un endroit où je me sentais chez moi. Je ne dis pas que je ne reviendrai jamais dans la grande ville, mais pour l'instant, je souhaite autre chose.»

Ce changement de cap géographique n'est peut-être pas si étranger à la sortie du disque Aux quatre coins de ma tête. Il y a dans ce nouvel album folk-pop une recherche d'authenticité, un souci de vérité. Il y a, surtout, l'envie d'être sincère et fidèle à soi-même.

« Je suis tellement content de cet album-là! Il est complètement assumé, de A à Z. Je l'ai fait avec mon coeur, avec mon âme, avec tout ce que je suis. C'est ma première réelle carte de visite. «

Pour autant, l'ex-académicien ne renie pas son premier CD, Un pied à terre, certifié or. Il sait juste que trois ans après sa sortie, il n'est plus tout à fait à son goût.

«Je suis extrêmement fier de ce premier disque, mais j'ai vieilli, je suis ailleurs. Ce que j'ai vécu transparaît dans mes 12 nouvelles chansons. J'ai travaillé fort et avec passion sur ce deuxième album. J'y ai tellement mis de moi-même, c'est un peu comme un journal intime, ça représente vraiment l'univers qu'il y a dans ma tête, d'où le titre : Aux quatre coins de ma tête. Je sais qu'il y a une grande évolution entre mes premières chansons et mes nouvelles et je pense que des gens qui ne m'écoutaient pas avant vont peut-être me prêter davantage attention.»

Autour de lui, il a déjà des exemples, des témoignages. À commencer par le musicien David Laflèche, qui réalise le CD.

« C'est moi qui suis allé vers lui. Ce n'est pas quelqu'un qui, d'emblée, s'intéressait à ce que je faisais. Lorsque je lui ai fait entendre mes nouvelles chansons, ça l'a accroché. Il a vu vers quoi je voulais aller. Moi, je me suis trouvé un deuxième frère. Et un collaborateur formidable, qui arrivait avec une oreille musicale différente de la mienne. C'est simple : je me suis entouré de Jedi, en studio, et ça m'a amené ailleurs. «

Il partait d'une zone assez confortable, cela dit. Du haut de sa jeune vingtaine, William Deslauriers détient quand même le record de la chanson qui est restée le plus longtemps en tête du palmarès de l'ADISQ : Recommencer tout à zéro y a trôné pas moins de 20 semaines. Plutôt «cool», admet le principal intéressé. Tout au long de l'entretien, l'expression reviendra d'ailleurs souvent ponctuer les commentaires du jeune chanteur. Manifestement, la vie est «cool» et bonne pour lui. Ce qui ne veut pas dire que tout est rose.

«Très franchement, la sortie d'un second opus amène une très grande pression. J'essaie donc de ne pas trop m'en mettre sur les épaules, je me dis que j'ai fait mon boulot. Mais pour être franc, un deuxième disque, ça passe ou ça casse. Mon premier album a été lancé peu de temps après Star Académie. C'était une grosse machine qui m'amenait beaucoup de visibilité. Là, c'est un autre contexte, c'est le vrai test. J'ai donc tout donné. J'ai mis mon coeur par écrit. Et j'ai évolué dans tout ça. «

La route qu'il a empruntée n'est pas banale. Peu de jeunes de 23 ans peuvent se targuer d'avoir fait autant de chemin en si peu de temps.

«Je sais, je suis jeune. Ma mère me répète souvent que je ne suis encore qu'un kid. Elle me dit ça au moins quatre fois par semaine. Elle a raison. Mais je lui réponds toujours que je n'ai pas le temps, qu'il faut que j'aille travailler! «

Pour travailler, William a travaillé ces dernières années. Surtout, il s'est offert le luxe du temps, sans rien précipiter. À travers la tournée, il a écrit. Pendant deux ans, il a porté ses chansons, leur a insufflé de l'âme, du vécu. Même si elles ne sont pas toujours rédigées au «je», toutes sont éminemment personnelles.

«C'est venu naturellement: je n'ai pas eu le choix de parler de ce que j'avais traversé, ou de ce que les choses que je voyais autour de moi m'inspiraient. Mes histoires sont plus ficelées, mieux ramassées. J'ai beaucoup peaufiné mes paroles. L'écriture a été comme une similithérapie, une libération. Pendant des mois, j'ai plongé en moi. Mes textes sont donc tissés d'émotions.»

Parmi ceux-ci, J'ai la chienne est son préféré, celui qui le remue encore lorsqu'il l'écoute aujourd'hui.

«Parce que la veille de l'enregistrement, il s'est passé quelque chose qui m'a bouleversé. La chanson était vraiment significative. Je suis entré en studio, je l'ai interprétée une fois, et tout y était. C'est cette version qui est sur l'album. Je crois que l'émotion s'entend, qu'elle est palpable.»

Lancé lundi soir, Aux quatre coins de ma tête sera disponible en magasin mardi. La tournée de spectacles s'orchestrera ensuite.

«On va voir quelle est la réception du disque avant de prendre la route. Pour l'instant, c'est mon principal projet, mais j'ai plusieurs autres trucs qui mijotent à droite et à gauche. Vous risquez de me revoir au cours des prochains mois, peut-être même à la télé», dit le chanteur, sans en révéler davantage.

«Ce que je peux dire, c'est que je m'intéresse à beaucoup de choses, mais que le métier d'auteur-compositeur-interprète va toujours prédominer dans mon parcours. Je réfléchis beaucoup avant de me lancer dans un projet. Je ne fais pas les choses par égocentrisme. D'ailleurs, quand une chanson a un bel accueil, mon grand bonheur c'est de voir qu'elle touche les gens. Juste ça.»

C'est bien parti : avant même le lancement du disque, le premier extrait radiophonique, Lundi matin, s'est déjà hissé en troisième position du palmarès. William, lui, est content : «C'est signe que ça rejoint le monde. C'est cool, vraiment cool!»

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