• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Bricolages «trash-classiques» au Musée des beaux-arts 

Bricolages «trash-classiques» au Musée des beaux-arts

De loin, on gagerait qu'il s'agit de bandes d'écorce séchée. En s'approchant à... (Imacom, Jessica Garneau)

Agrandir

Imacom, Jessica Garneau

Partager

(Sherbrooke) De loin, on gagerait qu'il s'agit de bandes d'écorce séchée. En s'approchant à un nez de la surface, on voit qu'il n'en est rien. Il s'agit de lambeaux de toile déchiréegrossièrement, trempés dans de la peinture, empilés, collés. Ces transformations presque sauvages donnent un surprenant aspect organique aux oeuvres de Denis Pellerin.

L'artiste originaire de Ham-Nord, dont la carrière en galerie s'épanouit depuis une trentaine d'années, a très rarement été reçu en institution. Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke réserve tout son rez-de-chaussée à ses bricolages « trash- classiques», pour reprendre les adjectifs de la commissaire de l'exposition et conservatrice du MBAS, Sarah Boucher, qui avouait en manquer pour décrire la technique non conformiste de son invité.

« Des collages comme ceux-là, on n'en voit pas beaucoup. C'est une pratique très rare, qui s'est d'abord développée avec le cubisme. Mais M. Pellerin n'emprunte pas la technique classique. Ça rend son travail fort intéressant et permet de démontrer au public que la peinture peut se faire différemment.»

L'épaisseur exubérante de ses collages en techniques mixtes, qui en font presque des bas-reliefs, ainsi que leur abstraction, le distingue de ceux qui pourraient se réclamer de la même communauté.

La dizaine d'oeuvres récentes, créées entre 2004 et 2011, se divise en deux séries. Si certains des tableaux alignent les bandes à la verticale, dans un système organisé et dans une palette en camaïeu de beige, les autres mettent en scène un fouillis de déchirures de textile, plus ou moins larges, sur lesquelles des taches de peintures multicolores forment un magma ludique et sensoriel. En passant du temps devant ces oeuvres de haute densité, on s'amuse à voir se profiler dans la superposition de textures des ronds de tasse de café, de la guimauve fondue, même de la cervelle.

« Ça met en relief une certaine matière libérée, exacerbée, non domestiquée, sans traitement léché. Je jette la peinture sur la toile, puis je fais et je défais, je détruis les surfaces pour souligner la fragilité de la peinture», explique l'artiste dans le communiqué remis aux médias lors de la visite de presse.

Représenté par la Galerie Lacerte, de Montréal, Denis Pellerin détient un baccalauréat en arts visuels de l'Université du Québec à Montréal. Dans la région, son travail a déjà été vu à la défunte Galerie Horace, au Festival international de musique actuelle de Victoriaville, ainsi qu'au Salon du Printemps des artistes des Cantons-de-l'Est, en 2007, au MBAS.

Il sera présent au vernissage de l'exposition aujourd'hui, à 17 h.

Pellerin

Au Musée des beaux-arts

de Sherbrooke

Jusqu'au 31 mars

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer