Le journal d'une douce délinquante

Sophie Vaillancourt... (Imacom, Maxime Picard)

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Sophie Vaillancourt

Imacom, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Jusqu'à l'âge de 22 ans, Sophie Vaillancourt s'est confiée à un journal intime. « Je sais, j'ai arrêté tard! Je suis restée une petite fille longtemps», avoue-t-elle, en souriant de toutes ses dents d'adulte, parfaitement perlées.Dans ses nombreux cahiers, elle détaillait, avec l'intensité dramatique qu'impose l'adolescence, ses chagrins d'amour, ses « relations qui commençaient en feu d'artifice et s'éteignaient rapidement».

Quand, devenue enfin grande, elle a voulu enregistrer son premier album solo, elle a retrouvé la clé de ses confidences verrouillées et les a relues. Histoires de filles et de garçons est le prolongement musical de ses carnets, son besoin de s'épancher l'ayant poussée à écrire six des douze textes mélancoliques, un chouïa désillusionnés, qu'elle a couchés sur des musiques joyeusement rétro plutôt que sur des pages roses qui sentent la poudre.

« Je n'avais jamais écrit de chanson avant, mais pour l'album, je voulais en faire au moins une. Pour montrer que j'avais un cerveau. En fait, surtout, pour me prouver que je pouvais faire plus que seulement interpréter! Finalement, le besoin de me livrer, est revenu très fort», dit cette finaliste féminine de Star Académie en 2009.

Elle le dira à mots couverts : elle ne voulait pas non plus laisser planer l'impression de n'être qu'un évanescent ange blond aux longues jambes ou qu'un numéro au Banquier, où elle ouvre des valises depuis trois saisons.

Entre deux hémisphères

Orgueilleuse mais surtout très déterminée, elle s'est mise au travail quand le réalisateur David Brunet, dont elle admirait le travail pour Tricot Machine, a exigé d'avoir les maquettes d'au moins dix chansons avant de la rencontrer.

Entre la fin de son baccalauréat en enseignement au primaire, ses participations aux comédies musicales Big Bazar et Le blues de la métropole, et ses contrats de mannequinat, elle s'est donc assise au piano et a composé. Comme à l'époque où, dans sa chambre, elle consignait ses pensées dans ses livres secrets. Francis d'Octobre, Jamil, Catherine Lalonde et David Brunet signent les autres.

« Les chansons que les paroliers m'envoyaient au départ étaient toutes des chansons d'amour. Pourtant, je suis une fille désillusionnée par rapport à l'amour, explique celle qui l'a tout de même trouvé dans le métro de Montréal il y a un an et demi. Mon univers s'est donc construit autour de ça, des échecs et des mauvaises façons de s'y prendre pour plaire à l'autre.

« Il allait de soi aussi que je raconterais mes histoires doucement. À Star Académie, je me poussais à chanter fort, c'était un concours de voix. Mais dans la vie, je n'aime pas les cris. Je préfère la douceur», murmure la chanteuse de 26 ans, qui s'est aussi mêlée des arrangements et de la direction artistique.

Sur Danser sous la pluie, la chanson d'ouverture, cette enfant sage raconte sa première désobéissance, alors qu'à 19 ans elle a accepté un contrat de mannequin en Afrique du Sud, malgré l'interdiction de ses parents. Tête en l'air, sur laquelle elle exprime son déchirement entre les deux hémisphères de son cerveau, arrive ensuite comme une justification à son père anesthésiste, très cartésien. « Longtemps, je n'ai pas voulu déplaire à mes parents. Partir en Afrique, c'était toute une délinquance pour moi! Aller faire les auditions de Star Académie, encore plus. Il ne fallait surtout pas que je manque l'école! Encore aujourd'hui, la plus grande préoccupation de mon père est de savoir quand j'obtiendrai ma permanence à la commission scolaire! Moi, j'ai besoin de moments de folie. »

De sa profession d'enseignante elle ne se passerait pas. Ses élèves, dans ses contrats en suppléance, ont d'ailleurs été parmi les premiers auditeurs des maquettes. « Ce métier me garde les deux pieds sur terre. Avec les enfants, on a toujours l'heure juste. Je leur faisais donc écouter les chansons pendant les périodes de mathématiques et ils me les commentaient. Il y avait un objectif pédagogique à tout ça : développer leur esprit critique! »

Pour l'instant, ses élèves resteront ses seuls spectateurs, puisque aucune tournée de spectacles n'est encore prévue.

 

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