Difficile de faire plus alléchant : pour une dizaine de dollars à peine, des centaines d'amateurs de rock francophone ont eu droit à quatre heures de musique par une brochette de vedettes établies. Quand c'est Louis-Jean Cormier qui a le devoir de réchauffer la salle, on s'imagine la qualité de la soirée.
" Il est tôt, mais on va jouer comme s'il était onze heures et quart et qu'il y avait deux bouteilles vides de Jack Daniels sur l'ampli ", a promis le leader de Karkwa venu présenter ses nouvelles chansons, trois semaines avant le lancement de son premier album solo.
Le public n'a pas caché son ravissement de découvrir le nouveau son de Cormier, nettement moins planant que celui auquel il nous avait habitués. Le chanteur et guitariste éprouvait même de la peine à croire que ses pièces touchaient si facilement la cible.
" Attendez de les entendre avant d'applaudir. Je ne sais pas, peut-être qu'on fait de la marde ", s'est-il même senti obligé de dire. Faisant fi de l'avertissement, la foule a marqué son appréciation.
Le fougueux Olivier Langevin est ensuite venu faire la preuve de sa suprématie à la six-cordes. Avec son groupe Galaxie, il a déployé toute sa virtuosité avec une énergie débridée. Après ce déluge musical, Malajube a fait une entrée quelque peu timide avant d'ouvrir les vannes.
En cette campagne électorale, il revenait bien sûr à Loco Locass de clore cette soirée électrisante. Le trio a mis le feu aux poudres dès le départ avec la chanson Wi consacrée à la lutte des Québécois dans la rue.
" Maudits carrés rouges, allez donc étudier ", a ironisé Biz. " Vous faites la belle vie, hein? Vous payez dix piasses et vous voyez quatre groupes. "
Sans surprise et au grand plaisir de son public, Loco Locass a chanté Libérez-nous des libéraux en guise de point final. " On espère que c'est la dernière fois qu'on la chante ", ont-ils souhaité.
Tous les profits de la tournée Sirius XM sont versés à l'organisme Jeunes musiciens du monde.