Les bonnes priorités aux bonnes places

Richard Turcotte... (Imacom, René Marquis)

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Richard Turcotte

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Richard Turcotte ne sera pas partout à la rentrée. Il sera presque partout.

Cinq matins par semaine à compter du 3 septembre, l'animateur sherbrookois se lèvera bien avant l'aurore pour accompagner les téléspectateurs au déjeuner avec son émission Ça commence bien au canal V.

Une fois les caméras éteintes, sa journée sera loin d'être terminée. Comme il le fait depuis 11 saisons, il sera derrière le micro pour le retour à la maison avec les Grandes Gueules à la radio du réseau NRJ.

Malgré cet horaire de marathonien, les femmes pourront encore le voir les lundis à 17 h (puis quatre fois en reprise dans la semaine) à l'émission Focus Hommes au canal Mlle. Tandis que les hommes, eux, le jalouseront à le regarder piloter des voitures de rêves à Équipé pour rouler à Ztélé les jeudis soir à 19 h.

Cet agenda bien rempli ne semble pas lui suffire. Ce père de deux enfants trouve encore du temps pour composer des chansons dans son studio maison (paroles et musique s'il vous plaît) et de travailler à un scénario de film.

Serait-il un brin accro au travail? Pas du tout, répond-il. « Je suis un créatif et un gars de projet. Ce n'est pas maladif. J'aime les vacances et les restos. Je peux ne pas travailler sans me sentir coupable. »

« Si jamais il me vient une idée dans mon salon, je prends ma guitare ou mon crayon et j'essaie de faire quelque chose avec ça. Je ne me casse pas la tête si l'inspiration ne vient pas», ajoute-t-il.

Le Sherbrookois n'a pas accepté illico quand les patrons de V lui ont offert de prendre les commandes d'une émission matinale. La décision a été prise de manière conjointe avec son amoureuse des 20 dernières années.

« Nous nous complétons bien. D'habitude, c'est moi qui fonce et c'est elle qui voit les choses dans leur ensemble. Là, c'est moi qui hésitais. Partir à quatre heures du matin et revenir en soirée? Elle m'a répondu : « Au début de ta carrière, tu étais morning man à Sherbrooke, tu faisais lestirages de Loto-Québec en soirée et tu étais propriétaire d'un bar. On est passés au travers. On le fera encore. »

Équilibre

Richard Turcotte est d'ailleurs reconnu dans le milieu comme un modèle d'équilibre. Discipliné, il évite les écarts de conduite, soigne ses nuits etaffiche une taille de jeune premier. Mais surtout, il prend grand soin de son entourage.

« Je n'ai jamais vu un gars avec les pieds si bien plantés sur terre», a glissé son agent et ami de longue date, Jean-Pierre Clairoux, avant l'entrevue. « Sa famille et ses amis passent avant tout. «

« Tout ce que je fais n'aurait aucun sens sans eux», confirme l'animateur. Ce dernier se garde d'ailleurs de se prendre au sérieux. Devenir une têted'affiche d'un grand réseau semble n'avoir aucun effetgrossissant sur son égo.

« Il faut prendre les choses avec mesure. On ne sauve quand même pas des enfants! Quand on garde ça à l'esprit, on n'a pas de problème», rappelle-t-il, apparemment immunisé contre les travers du vedettariat. « Le succès ne m'est pas tombé dessus comme si j'avais gagné Star Académie. J'ai compris à force de travail qu'il me vaut mieux rester moi-même. »

L'esprit de corps qu'il estime et recherche, Richard Turcotte le vit tous les après-midi avec ses chums des Grandes Gueules.

« Nous n'avons plus besoin de nous parler pour ressentir les émotions des autres. Quand on voit que ça ne va pas bien pour l'un de nous, les deux autres vont travailler plus fort pour lui. Avec eux, j'ai appris à vivre le dicton Un pour tous, tous pour un. On ne laisse personne derrière.»

C'est à la recherche de cette même complicité qu'il a participé au recrutement de son équipe matinale. Cet homme de théâtre a misé sur la capacité d'improvisation de ses coéquipiers. « Pour moi, c'est quand quelqu'un échappe quelque chose que le plaisir commence!», dit-il.

Film

Devenir un poids lourd dans les médias électroniques comporte des avantages non négligeables. « J'ai une crédibilité pour avoir une oreille attentive des producteurs ou des diffuseurs quand je propose des projets», reconnaît Richard Turcotte.

Après le succès théâtre de la comédie La folle odyssée de Jacques-Cartier, ce diplômé des ateliers du Double Signe s'est mis à l'écriture d'un scénario de film. Il a fait appel à son ami et comédien magogois Francis Vachon pour la réécriture.

« Nous l'avons fait lire à quelques personnes du cinéma qui ont annoté le scénario. Nous en sommes à la seconde réécriture à partir de ces notes», révèle-t-il.

Comme pour ses chansons qu'il propose aux interprètes, son écriture ne carbure pas à la gloire potentielle. « C'est pour laisser une trace à mes enfants. Quand ils seront en âge de vraiment découvrir qui je suis, ils pourront écouter un disque ou lire un texte. »

Avec le recul, Richard Turcotte réalise qu'il applique dans sa vie un enseignement du conférencier Jean-Marc Chaput. « Il nous dit de relier nos points d'intérêt comme un dessin à numéros. Moi, mes chiffres sont la télé, la radio, la musique, le théâtre. Je ne fais que tracer les lignes. »

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