Malheureusement, le guitariste Steve Mazur n'en a pas souvenir, puisqu'il a joint le groupe en 2001. « Merci de m'en informer, car je n'aurais pu dire si nous avions déjà joué à Sherbrooke», dit-il en riant, au bout de fil à Los Angeles. « Mais pour chaque nouvel album, nous sommes toujours venus jouer au Québec. Nous adorons ça et nous tentons d'y aller le plus souvent possible.»
Le quatuor torontois, qui célèbre son 20e anniversaire cette année, s'est en effet constitué une solide base d'admirateurs avec ses deux premiers opus, Naveed (1994) et Clumsy (1997), le second ayant dépassé le million d'exemplaires au Canada et aux États-Unis. En tout, le groupe a vendu plus de cinq millions d'albums.
« Ce gros smash de nos débuts nous a beaucoup aidés», avoue-t-il. « Il y aura toujours une forme d'insécurité à faire partie d'un band rock, mais au moins, nous savions qu'une mauvaise chanson ou un mauvais album ne signifierait pas la fin de notre groupe ni de notre carrière. Aujourd'hui, il y a aussi bien des jeunes de 15 ans qui assistent à nos spectacles que nos premiers fans, qui ont maintenant 30 ans. »
N'empêche que la deuxième décennie d'Our Lady Peace a été plus difficile et d'aucuns ont spéculé sur la mort du quatuor. « Ce qui nous a préservés, je crois, c'est la confiance que nous avions les uns envers les autres. Quand l'un de nous ne voulait plus mettre sa contribution, ce sont les autres qui le faisaient pour lui. C'est quelque chose de très rare. «Pour leur dixième album, paru plus tôt cette année, les quatre musiciens se sont toutefois offert une profonde remise en question. Produisant eux-mêmes leurs albums depuis 2009, ils ont engagé le producteur Jason Lader (Maroon 5, Elvis Costello), lequel leur a demandé... pourquoi ils écrivaient des chansons qu'ils n'écouteraient pas eux-mêmes. L'album Curve a ainsi obtenu un des meilleurs accueils depuis Gravity (2002).
« La création et l'enregistrement se sont faits de façon très ouverte. Le plus d'idées nous avions, le mieux c'était. Nous avons vraiment réussi à faire une musique qui nous branche», conclut Steve Mazur.