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Un matin sans censure pour le chanteur Raby

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Raby

Photo site internet Raby

Mélanie Noël
La Tribune

(Sherbrooke) Sa mère, Johanne Raby, est une professeure de chant reconnue et la maison de son enfance a toujours aussi été une école de musique. Raby, alias Jean-François Raby-Turgeon, aurait pu devenir ingénieur, croque-mort ou soudeur, mais il est devenu auteur-compositeur-interprète. Comme quoi toute cette musique ambiante n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd.

Originaire de Drummondville, Raby lançait récemment son premier album solo Un matin sans bruit. Les douze chansons sont douze courtes histoires, tantôt lugubres, tantôt humoristiques, toujours un peu surréalistes et farfelues.

« Pour écrire, je me suis mis dans cet état d'esprit matinal. Ce moment à mi-chemin entre le sommeil et l'éveil où l'imagination n'a pas de limite et où le rêve et la réalité se côtoient», explique le musicien de 32 ans.

C'est dans cet état d'esprit que Raby se glisse dans la peau d'un chum parano, d'un gros crapaud noir, d'un assassin mélancolique, triste et un peu pathétique. « Dans la chanson-titre, le gars se réveille seul dans son lit et fabule que sa blonde l'a trahi et quitté quand finalement, elle était allée chercher du café. Dans Le crapaud noir, le batracien contrôle le bordel et le bar, assis sur son nénuphar. Quand il s'aperçoit qu'un des insectes n'a pas d'argent pour payer, il décide que cet invité fauché sera son déjeuner. C'est une conversation entre bébites», lance-t-il en riant et certifiant du même souffle que toutes ces histoires ont été composées à jeun, en regardant les nuages survolant un parc de Montréal, sa ville d'adoption.

Raby s'est fait dire qu'il sonnait comme Jean Leloup ou The Dandy Warhols. Il avoue s'inspirer, pour les musiques, de groupes tels que Radiohead et Metric, et pour les textes, d'Alain Bashung, Renaud et Jean-Pierre Ferland.

D'ailleurs, dans les remerciements de l'album, Raby exprime sa gratitude envers ce même Ferland, mais aussi envers Michel Rivard et Daniel Boucher à qui il a eu la chance de faire écouter, en primeur, ses chansons. Il a pu ensuite se servir de leurs précieux conseils pour peaufiner sa galette. Les deux derniers, il les a connus via le studio de musique où il a travaillé comme réalisateur et preneur de son, et le premier parce que, comme Lhasa de Sela, Marie-Mai et Anik Jean, il a été l'élève de sa mère.

Musicalement, l'album est pop « mais avec beaucoup de matériel ». Du violon, du violoncelle, de la trompette, du cor et, sur le dernier titre, L'assassin, même Les Petits Chanteurs du Mont-Royal se font entendre.

« C'est moi qui réalise l'album. J'ai laissé beaucoup de place à la batterie pour retrouver le son des années 1990. Aussi, dans Les coquillages de Marie, même si la toune est très pop, il y a une centaine de pistes. À chaque écoute, on peut faire des découvertes. »

Dès son lancement, Un matin sans bruit s'est faufilé dans le palmarès d'Espace musique. Le clip peut être visionné au www.raby.mu.

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