Rebelle raconte l'histoire d'une jeune villageoise recrutée de force dans une milice rebelle en République démocratique du Congo. Droguée comme tous ses compagnons d'armes, cette enfant-soldat sera hantée par les âmes des victimes de la guerre. Elle entreprendra une rédemption pour ses crimes commis contre son gré.
La jeune comédienne a été découverte à Kinshasa dans un «casting sauvage» où des gens de la rue font des essais devant la caméra. À l'exception de quelques rôles, toute la distribution a d'ailleurs été trouvée dans ce recrutement à grande échelle. Le jeu des acteurs est pourtant de calibre professionnel.
Les Congolais possèdent une aisance naturelle sur un plateau, a affirmé le cinéaste. «C'est l'une des raisons pourquoi je suis allé tourner là-bas. Dans un casting sauvage, habituellement, un candidat sur 50 démontre du potentiel. Au Congo, c'est une personne sur trois.»
Comment explique-t-il ce phénomène? Kim Nguyen avance des explications sur une tradition de la danse, la sexualité émancipée et la faculté des Congolais à demeurer dans l'instant présent. «Ils vivent le moment sans se projeter dans le futur», a-t-il dit.
Dans le film, l'adolescente est protégée par un autre enfant-soldat surnommé «Magicien», joué par un jeune acteur albinos également découvert dans un casting sauvage. «Serge (Kanyinda) dégage cette autorité naturelle dans la rue. J'imagine que pour un albinos, tu es contraint de faire ta place, sinon cela se passe mal pour toi», croit le réalisateur.
Casse-tête logistique
Pour aider les comédiens, Kim Nguyen s'est tout de même astreint à tourner les scènes en ordre chronologique. «C'est plus facile pour eux. Ils n'avaient pas besoin de tricher leur anticipation, car ils ignoraient véritablement la suite de l'histoire. J'aimerais travailler un jour de la même façon avec des comédiens d'expérience.»
Un tournage en République démocratique du Congo demeure tout de même un casse-tête logistique, surtout lorsque la production demande l'importation de dizaines de fusils Kalachnikov, de munitions à blanc et d'explosifs. «Les autorités gouvernementales étaient sur leurs gardes et je comprenais très bien leurs raisons», a indiqué le cinéaste.
Les producteurs ont également diffusé plusieurs publicités à la radio pour prévenir la population du tournage du film. Les scènes de combat risquaient de semer la panique dans la ville. «Les bruits de mitraillette auraient pu donner le signal d'une reprise des troubles. Il fallait s'assurer de ne rien provoquer», a-t-il ajouté.
Le film arrivera en salles à Sherbrooke vendredi prochain. Il sera également présenté au Sommet de la Francophonie à Kinshasa cet automne.