Adam Cohen, le fils prodigue

Adam Cohen... (Archives La Presse)

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Adam Cohen

Archives La Presse

(Sherbrooke) À son entrée en studio, Adam Cohen n'avait plus rien à perdre. Ses tentatives précédentes de s'affranchir de son illustre père s'étaient soldées par des disques ratés. Décidé à assumer enfin son hérédité, il a signé un album à la fois personnel et émouvant.

Dès la première chanson de Like A Man, on comprend immédiatement que le fils de Leonard a choisi de s'abandonner à sa destinée. Tout en évitant l'imitation, il chante sa poésie sensible à la manière Cohen, avec une voix un peu nasillarde et trainarde. Il étire la fin des vers pour imposer les mots à notre oreille.

Seuls la guitare acoustique, quelques violons et un peu de piano ou d'orgue habillent ces textes lumineux.

« C'est vraiment le disque que j'aurais aimé faire en premier. Mais je n'ai pas eu le courage, ni la maturité ni la sagesse nécessaires à l'époque. Les circonstances ont fait que j'étais prêt, cette fois-ci «, a-t-il confié au téléphone avant d'enregistrer le vidéoclip de Sweet Dominique, le troisième extrait.

Quelles circonstances? s'est-on permis de lui demander.

Avec humilité, tout en marchant dans les rues de Montréal à la recherche de cigarettes, Adam Cohen a raconté comment la vie s'est chargée de lui montrer la route à suivre. Le changement de cap découle d'abord d'une profonde désillusion pour sa carrière.

« Je me suis fait larguer trois fois, je n'avais plus de contrat avec une compagnie de disque. Je n'avais pas exactement le luxe dans lequel je m'imaginais vivre avec ma musique «, a-t-il expliqué.

« Quand j'ai débuté, j'agissais avec le cerveau d'un enfant de 12 ans. Je rêvais de faire beaucoup d'argent, de posséder des voitures et d'entendre ma musique jouer partout. Je voulais être musicien pour la célébrité, pas pour l'art. Mais c'est du passé, je fais désormais ma petite carrière «, a-t-il poursuivi.

Les racines

Cette prise de conscience a coïncidé avec le retour glorieux de son père et la naissance de son enfant. Ce double événement l'a conduit à retrouver et à dévoiler ses racines artistiques.

« Quand on devient père, on fouille dans le parcours de son propre père. On s'aperçoit que l'on fait partie d'une tradition familiale dont on assume une responsabilité, comme mon fils s'en rendra compte à son tour «, a-t-il expliqué.

« Comme je n'avais pas signé de contrat de disque, je pouvais faire l'album pour moi. Ç'a été un acte mené par une certaine désespérance, mais je n'avais plus le choix. J'ai ressorti des chansons qui montraient trop d'où je venais, mais j'étais prêt à en subir les conséquences. «

Ces chansons avaient été reléguées aux oubliettes après avoir été boudées par les producteurs. Leurs longs textes, chantés avec lenteur, n'avaient aucun potentiel radiophonique. Mais Adam Cohen prend l'entière responsabilité de les avoir écartées du revers de la main. « J'aurais pu les sortir si je l'avais voulu «, dit-il.

Une fois qu'il les a dépoussiérées, c'est avec un bonheur déconcertant qu'il a finalement enregistré ces pièces de l'oubli. « Ce fut une expérience agréable, incroyablement joyeuse. Auparavant, les sessions de studio étaient stressantes et pleines de doute. Je n'en revenais pas comment c'était facile et naturel «, a-t-il raconté.

Délicieux

Les premières critiques, souvent positives, ont surpris le chanteur plus habitué aux durs jugements. « C'est inattendu et délicieux. C'est une validation agréable, mais je ne veux pas en parler. Le verdict n'est pas rendu. «

Dans les prochaines semaines, Adam Cohen montera sur scène au Québec et en Ontario avant de prendre la route de l'Europe et de l'Australie. Après la sortie de l'album aux États-Unis en avril, son agenda se remplira « si la réception est bonne «.

« En septembre, je vais tout savoir sur cet album. Va-t-il relancer ma carrière? J'aurai une réponse concrète. Pour l'instant, il est comme une petite flamme sur la cuisinière. Je verrai si elle sera assez forte pour faire manger ma famille. «

Adam Cohen

Lundi à 20 h

Théâtre Centennial

Entrée: 25 $

Mercredi 15 février, à 20 h

Maison des arts de Drummondville

Entrée: 28 $

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