Adam Cohen : le fils prodigue

À son entrée en studio, Adam Cohen n'avait plus rien à perdre. Ses  tentatives... (La Presse, Alain Roberge)

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La Presse, Alain Roberge

André Laroche

André Laroche
La Tribune

(Sherbrooke) À son entrée en studio, Adam Cohen n'avait plus rien à perdre. Ses tentatives précédentes de s'affranchir de son illustre père s'étaient soldées par des disques ratés. Décidé à assumer enfin son hérédité, il a signé un album à la fois personnel et émouvant.

Dès la première chanson de Like A Man, on comprend immédiatement que le fils de Leonard a choisi de s'abandonner à sa destinée. Tout en évitant l'imitation, il chante sa poésie sensible à la manière Cohen, avec une voix un peu nasillarde et trainarde. Il étire la fin des vers pour imposer les mots à notre oreille.

Seuls la guitare acoustique, quelques violons et un peu de piano ou d'orgue habillent ces textes lumineux.

« C'est vraiment le disque que j'aurais aimé faire en premier. Mais je n'ai pas eu le courage, ni la maturité ni la sagesse nécessaires à l'époque. Les circonstances ont fait que j'étais prêt, cette fois-ci », a-t-il confié au téléphone avant d'enregistrer le vidéoclip de Sweet Dominique, le troisième extrait.

Quelles circonstances? s'est-on permis de lui demander.

Avec humilité, tout en marchant dans les rues de Montréal à la recherche de cigarettes, Adam Cohen a raconté comment la vie s'est chargée de lui montrer la route à suivre. Le changement de cap découle d'abord d'une profonde désillusion pour sa carrière.

« Je me suis fait larguer trois fois, je n'avais plus de contrat avec une compagnie de disque. Je n'avais pas exactement le luxe dans lequel je m'imaginais vivre avec ma musique », a-t-il expliqué.

« Quand j'ai débuté, j'agissais avec le cerveau d'un enfant de 12 ans. Je rêvais de faire beaucoup d'argent, de posséder des voitures et d'entendre ma musique jouer partout. Je voulais être musicien pour la célébrité, pas pour l'art. Mais c'est du passé, je fais désormais ma petite carrière », a-t-il poursuivi.

Les premières critiques, souvent positives, ont surpris le chanteur plus habitué aux durs jugements. « C'est inattendu et délicieux. C'est une validation agréable, mais je ne veux pas en parler. Le verdict n'est pas rendu. »

Au Théâtre Centennial

Lundi 6 février, 20h

À lire dans La Tribune de samedi.

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