Entrevue «libre» avec Dany Bédar

Dany Bédar... (Imacom, René Marquis)

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Dany Bédar

Imacom, René Marquis

(Sherbrooke) Si vous avez cherché Dany Bédar sur les scènes au cours des deux dernières années, votre enquête s'est assurément soldée par un échec. Vous auriez eu plus de chance en pistant sa barbiche par GPS sur les autoroutes américaines.

Sur le dos de sa Dina, la Harley dont il garde une photo dans son BlackBerry et dont le nom est tatoué sur son radius gauche, le chanteur populaire a avalé 15 000 kilomètres par été. Une fugue sur deux roues dont il avait grand besoin après dix ans de carrière roulée à un train d'enfer. Il remonte en selle avec une tournée acoustique qui s'amorce vendredi prochain, au Vieux Clocher de Magog.

D'abord, pourquoi cette longue fugue loin des projecteurs?

Pour pouvoir écrire des chansons, il faut vivre. J'ai donc pris le temps de vivre diverses expériences. J'ai fait beaucoup de moto aux États-Unis. J'avais aussi besoin de me reposer, de me vider la tête. La liberté est importante dans ma création. Quand j'étais seul sur ma Dina, les chansons me tombaient dessus, envoyées du ciel. Est-ce que j'ai pensé ne plus revenir sur scène et aller faire autre chose? Oui, je me suis posé la question. Mais être un guitariste, être un chanteur et chanter les chansons que les gens aiment, ça m'a trop manqué pour que j'aille contre ma nature.

L'an dernier, tu as tout de même sorti ton cinquième album solo, L'avocat du yab, passé quasi inaperçu. Est-ce une erreur de parcours?

Non, pas du tout. Cet album, c'était le cri d'un gars complètement libre. Je sortais d'une rupture très difficile avec ma compagnie de disque (DÉJÀ Musique). Épuisé des avocasseries, j'avais soif de tout faire, tout seul, sans que personne me conseille. J'ai peut-être mal canalisé ma liberté. Je crois que mon erreur a été de m'ajouter des cornes de diable sur la pochette. Je le voyais comme un pied de nez à la saga judiciaire que je venais de traverser, mais les gens n'ont parlé que de ça (et de ma barbe), et pas des chansons. Les gens pensaient aussi que j'avais changé de style, que mon son devait être plus lourd. J'ai peut-être l'air plus dur de l'extérieur, mais je suis toujours aussi mou à l'intérieur. Malgré tout, 7000 copies se sont vendues. C'est moins que les 120 000 que j'ai connues, mais j'y suis arrivé sans aucune promotion.

Tu prends la route avec une nouvelle tournée, ta première en homme libre. Quel concept as-tu élaboré pour ce spectacle À livre ouvert?

J'aurais voulu l'appeler À iPad ouvert, mais ça sonnait moins bien. J'ai réuni dans ma tablette électronique les textes de la centaine de chansons que j'ai écrites depuis dix ans. Dans ce spectacle, j'ouvre la machine et je choisis les chansons que les gens veulent entendre. Si j'en oublie, ils pourront me faire signe. C'est pour ça que j'ai besoin du iPad. J'ai une bonne mémoire, mais le temps est passé, et ça me sécurise d'avoir mes anciens textes devant moi. Le spectacle ne sera donc planifié qu'à moitié avec mes deux musiciens.

Tu annonces la sortie d'un nouvel album au printemps, un deuxième en deux ans. L'évasion avec Dina t'a vraiment inspiré...

Quand j'ai sorti L'avocat du yab en avril dernier, j'avais déjà plusieurs autres chansons qui me roulaient en tête. Maintenant, elles ont presque toutes été enregistrées, dans le studio en bas de chez moi. Je sens que ce sera l'album de ma vie. Il pourrait s'appeler On a tous une histoire à raconter. Certains des textes me sont venus de nulle part, avec une sagesse différente. Et cette fois, j'ai bien pris le temps de m'entourer.

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