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Questions nationales: entre sécurité et liberté

Roger Boire, Jean-Pierre Roy et Jean-Herman Guay ont... (Imacom, Frédéric Côté)

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Roger Boire, Jean-Pierre Roy et Jean-Herman Guay ont assisté, lundi, à la projection de presse sherbrookoise du documentaire Questions nationales, qui explore les projets d'autonomie du Québec, de l'Écosse et de la Catalogne.

Imacom, Frédéric Côté

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) «Pourquoi le Québec n'est-il pas indépendant?»

Cette question, bien des souverainistes se la posent depuis des années sans nécessairement avoir la réponse.

Pour les réalisateurs Roger Boire et Jean-Pierre Roy, elle a été le point de départ du documentaire Questions nationales où les «cas» du Québec, de la Catalogne, une région autonome d'Espagne, et de l'Écosse, unie à l'Angleterre depuis 1707, sont mis en parallèle.

« Pour nous aider à comprendre, on a décidé d'aller voir ailleurs comment les autres projets ont évolué», explique Roger Boire.

 

Tourné en grande partie lors des campagnes électorales québécoises et écossaises, en 2007 et 2008, ce documentaire expose la démarche des souverainistes ou des autonomistes, c'est selon, et leur incapacité à mener leur projet à terme. Du moins jusqu'ici.

Et si l'histoire, le cheminement politique et le statut constitutionnel de ces trois peuples sont très différents, il y a un fil conducteur.

«Il fallait avoir des comparables, avoir des démarches civiles, inclusives, des économies modernes et des bassins de population qui se ressemblent», dit Jean-Pierre Roy.

Au Québec, les deux réalisateurs ont fouillé dans les archives, ils ont interviewé de nombreux politiciens, dont l'ex-premier ministre Bernard Landry et l'ex-chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, de même que Louis Bernard, éminence grise des souverainistes, ainsi que des politologues, entre autres Louis Balthazar et Guy Laforest.

Ils ont fait de même en Écosse et en Catalogne. Dans cette région d'Espagne, ils ont rencontré le militant autonomiste et ex-président Jordi Pujol, dont l'entrevue est captivante.

Ici comme ailleurs, observe Roger Boire, «l'enjeu principal des souverainistes est entre la sécurité et la liberté «.

Il cite à ce propos l'analyse de Louis Bernard au sujet du «piège du bon gouvernement».

«Au Québec, c'est le mouvement souverainiste qui a fait avancer les choses, mais par le fait même il s'est piégé. Les gens se sont dits que tout ce qu'il a pu accomplir il l'a fait dans le cadre fédéral canadien, alors pourquoi changer?» illustre-t-il.

«C'est aussi ce qui se passe en Écosse avec le Scottish National Party, qui promet de bien gouverner avant de demander un référendum», juge Roger Boire.

Est-ce que la question nationale soulève davantage de passion en Écosse et en Catalogne qu'au Québec, où deux référendums sur la souveraineté se sont soldés par un non?

«En Catalogne, l'enjeu important est la décision du Tribunal constitutionnel qui va se prononcer sous peu sur le statut d'autonomie acquis en 2006. On a l'impression qu'il y a plus de militantisme en Catalogne qu'ici, mais ça peut changer. Il y a aussi le tempérament: en Écosse, par exemple, c'est plus calme, il n'y a pas de grandes manifestations», ajoute-t-il.

Jean-Pierre Roy croit quant à lui que l'approche non-partisane du documentaire, «permet de relancer le débat et que les gens sentent qu'il y a de la place».

Jean-Herman Guay, politologue de l'Université de Sherbrooke, juge le documentaire très valable:

«Malgré leurs différences, ce sont les trois situations qui se ressemblent le plus, on sent que les réalisateurs ont cherché des angles de traitement distincts dans chaque cas «, dit-il.

«Ce que l'on voit, c'est la volonté de poursuivre le projet de génération en génération. Il y a de l'hésitation, de l'ambivalence (face à la souveraineté), on s'aperçoit aussi que des liens très forts existent encore (avec le pays

et que, parallèlement, ils se sont vus reconnaître beaucoup de choses», déclare M. Guay.

Questions nationales prend l'affiche vendredi à la Maison du cinéma.

 

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