Les fausses nouvelles

En plus des sources de désinformation classiques, il... (Capture d'écran, lenavet.ca)

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En plus des sources de désinformation classiques, il y a aussi ceux et celles qui véhiculent des informations fausses en sachant qu'elles sont fausses et parce qu'elles le sont, fausses, et qu'ils le font non pas avec l'intention de tromper, mais bien avec celle de faire rire, de susciter le débat, de mettre l'esprit critique à l'épreuve. C'est le cas du journal satirique Le Navet, par exemple.

Capture d'écran, lenavet.ca

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Véronique Grenier

Désinformer. Le mot sous-entend que, de manière volontaire, on ait modifié, altéré, voire créé une information, et ce, dans le but de «manipuler» l'opinion d'un ou de plusieurs individus ou d'induire les gens en erreur. Si je me permets une définition de travail toute simple.

Ce n'est donc pas une petite faute puisque cela empêche ceux et celles qui en sont victimes d'avoir accès à l'information qui serait vraie et qui leur permettrait de jeter un regard éclairé sur le monde, les événements, de faire des choix en toute lucidité, ne serait-ce que pour constituer leurs opinions.

Il importe aussi de préciser que des individus contribuent aussi au phénomène en faisant circuler une information qui est fausse alors qu'ils la croient vraie. Ces derniers sont davantage pardonnables que les premiers, bien qu'ils soient tout aussi coupables d'alimenter un certain abrutissement.

Il y a aussi ceux et celles qui véhiculent des informations fausses en sachant qu'elles sont fausses et parce qu'elles le sont, fausses, et qu'ils le font non pas avec l'intention de tromper, mais bien avec celle de faire rire, de susciter le débat, de mettre l'esprit critique à l'épreuve. Satire, parodie, caricature, on-dit. Sur le web, cette catégorie est florissante, notamment sous la forme de sites de «fausses nouvelles», et génère son lot de confusion et d'accusations de désinformation.

Ces conséquences sont peut-être la faute de cette croyance un peu ésotérique, et qui s'applique aussi à ce qui défile à la télévision, que «si c'est là, c'est et ce doit être nécessairement vrai».

La conclusion tirée de cette conviction est alors facile : le contenu peut être assimilé, critiqué, partagé et lorsqu'on s'aperçoit de son erreur de jugement, on se sent berné. Et la responsabilité, la culpabilité, est alors souvent jetée au média en question. Et non pas au soi qui n'a su faire un traitement minimal de l'information (date de parution du texte, auteur, crédibilité de l'auteur en général et dans le domaine pour lequel il intervient, média, analyse rapide dudit média, etc.).

Le phénomène a une importance telle et a généré suffisamment de désagréments que Facebook a même songé à ajouter la mention «satire» devant les contenus des sites connus pour parodier l'information.

Bref. La réaction à ces contenus, les critiques et les accusations de désinformation qu'on leur adresse semblent être essentiellement des révélateurs. D'un manque de connaissances générales et liées à l'actualité, d'outils pour décoder l'information, déterminer le vrai du faux, d'une incapacité à filtrer ce qui se présente et à douter, aussi.

C'est le moment où j'ai envie de prêcher pour ma paroisse et de hurler «philosophie pour tous»! Mais je vais me retenir.

Dans la critique et le rejet, parfois, de ces médias, il y a aussi une perte de ce qu'est la critique au sens fort. Ce que permet la satire, c'est de prendre une distance, de jeter un méta-regard, de faire du drôle avec ce qui pourrait en fait nous faire pleurer, rager. Et c'est un outil politique pour les citoyens. Qu'ils gagneraient à intégrer à leur quotidien. En consommer pousse à réfléchir, à lier, à approfondir. À rire, aussi, même si c'est jaune.

Alors avec votre premier café du matin ou votre drink de fin de journée, je vous suggère d'expérimenter ce drôle avec des sites [qui ont aussi tous une page Facebook] comme Le Navet - que je coeur plus que tout -, La Pravda, L'Axe du Mad ou encore Le Journal de Mourréal, pour ne nommer qu'eux, et qui sont des héritiers ou dans la continuité du classique Onion. Il m'est arrivé de rire très fort et très longtemps en les lisant, je vous en souhaite autant.

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