Solidarité entre les cafés de quartier

Caroline Pfeuti, du Café Pierre Jean Jase, Samuel... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Caroline Pfeuti, du Café Pierre Jean Jase, Samuel Beaupré-Lessard, du Café Le Tassé et Keren Richard, du Café Aragon, ne se considèrent pas comme des compétiteurs.

Spectre Média, Jessica Garneau

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Deux nouveaux cafés de quartier ouvrent leurs portes à Sherbrooke, soit le Café la Marmaille, sur le boulevard Bourque, et le Célestine Café, sur la rue King Ouest. Plutôt que de se méfier de l'arrivée de ces nouveaux compétiteurs, plusieurs propriétaires de café de quartier se réjouissent et sont prêts à aider, d'une manière ou d'une autre, ces nouveaux joueurs. Histoire d'entraide entre petits commerçants.

Il existe déjà une complicité entre plusieurs propriétaires de café de quartier sherbrookois. Lorsque la propriétaire du Café Pierre Jean Jase a reçu gracieusement des poches de fleurs d'ail d'une ferme de la région, elle en a offert aux propriétaires du Café Aragon et du Végécafé Vertuose. Quand le Café Aragon ferme temporairement ses portes pour les vacances, sa propriétaire laisse un mot dans la porte pour dire à ses clients d'aller essayer le Coin du Vietnam ou le Pierre Jean Jase. Le propriétaire du Tassé - café de quartier a déjà offert, bénévolement, une formation de barista au personnel du Café Pierre Jean Jase.

«Je suis aussi allé donner une formation chez Célestine Café, lance d'emblée Samuel Lessard-Beaupré. C'est mon dada, les cafés de quartier et je suis en train d'organiser, informellement, un regroupement de cafés de quartier pour créer des rencontres, mais aussi pour en tirer un avantage en augmentant, notamment, notre pouvoir d'achat. Par exemple, on est déjà quatre commerçants qui commandent ensemble notre lait végétal pour réduire nos coûts.»

C'est en augmentant leur volume d'achat que les cafés de quartier du regroupement pourront augmenter leur compétitivité au niveau des prix avec les grandes chaînes, telles que le Tim Horton's, McDonald's ou le Startbuck, croit M. Lessard-Beaupré, qui par ailleurs ne croit pas être en compétition directe avec ces chaînes de restauration rapide.

«On n'a pas la même qualité de produit, on a le souci de l'achat local et le client ne fait pas juste acheter un café chez nous, il achète une relation à long terme. Par contre, on peut s'inspirer de certaines pratiques des grandes chaînes pour être plus efficaces», note la propriétaire du Tassé - café de quartier.

«C'est aussi le fun humainement d'échanger entre nous. Pour évacuer tout simplement ou pour se donner des idées. Je ne nous considère pas comme des compétiteurs. Et on est souvent client un de l'autre», note la propriétaire du Café Aragon, Keren Richard.

La façon de se démarquer pour un café de quartier est d'être bien ancré dans son environnement, selon les propriétaires interrogés. « Par exemple, le Tassé est situé à proximité de CHUS - Hôtel-Dieu alors on offre des repas santé et rapides pour les travailleurs de ce grand employeur. Chaque quartier a son ADN. On vise une clientèle qui se déplace à la marche donc qui vit ou travaille dans un rayon de cinq kilomètres environ», explique M. Lessard-Beaupré.

La propriétaire du Café Pierre Jean Jase, Caroline Pfeuti, se réjouit aussi de l'ouverture des deux nouveaux cafés, mais a tout de même des réserves. «Je trouve ça très cool. Et en même temps, je suis mitigée, car je me demande comment tous ces cafés vont survivre. On a des marges de profit tellement minimes, trouver du personnel est de plus en plus difficile et prédire l'achalandage d'une journée ou une soirée est aussi de plus en plus difficile», explique celle qui a 15 ans d'expérience à titre de propriétaire de café de quartier.

Mme Pfeuti croit qu'être propriétaire d'un café de quartier est un mode de vie qui implique beaucoup d'efforts pour un salaire qui n'est pas nécessairement proportionnel. «Par chance, je suis propriétaire de ma bâtisse alors ça me permet de capitaliser ce qui serait autrement une dépenses de loyer», note-t-elle.

«En même temps, c'est peut-être parce que ce n'est pas toujours facile d'être propriétaire de café de quartier que c'est important de s'entraider et s'encourager entre nous», conclut Mme Pfeuti.

Ouverture du Célestine Café et du Café la Marmaille

Le Célestine Café, avec ses 30 places assises, sa salle privée et son accès internet est ouvert depuis quelques semaines au 868, rue King Ouest. Son ouverture officielle est le 1er septembre. Le Célestine Café est à la fois une boutique offrant des idées cadeaux originales et un café de quartier aménagé dans un décor inspiré du patrimoine architectural du bâtiment. En plus d'offrir des cafés spécialisés et une grande sélection d'infusions et de boissons rafraîchissantes, ce café propose des déjeuners et des repas du midi mettant en valeur des produits locaux et de saison.

« J'ai toujours voulu créer un endroit où l'on pourrait mettre en valeur nos beautés locales, tant artisanales que gastronomiques, dans un décor où on se sent chez soi. L'idée d'un café-boutique prenait alors tout son sens », explique Johanne Audet, copropriétaire et instigatrice du nouveau projet. Cette aventure, elle la partage avec son partenaire d'affaires et conjoint, Patrice Blais, qui l'appuie sur le plan administratif.

Situé au 5142 boulevard Bourque, Le Café la Marmaille est un café de quartier conçu pour les familles et son ouverture est prévue pour le 15 septembre. Les parents sont invités à venir accompagnés de leurs enfants pour prendre un bon café, manger un repas sain et prendre le temps de socialiser. Un espace jeux de type Montessori intérieur et extérieur permet aux enfants d'explorer, tout en étant libre d'aller et venir entre papa et maman. Mère de quatre enfants, Line Boutet, qui a travaillé 16 ans dans un organisme communautaire famille, est à la tête de l'entreprise.




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