Trump a fait fi de ses électeurs

Jean-René Ouellet est gestionnaire de porte-feuille chez Valeurs... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Jean-René Ouellet est gestionnaire de porte-feuille chez Valeurs mobilières Desjardins.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) « L'ironie avec l'élection de Donald Trump, c'est que ceux qui ont voté pour lui seront les derniers à profiter des mesures économiques qu'il a annoncées jusqu'à maintenant », estime l'analyste financier Jean-René Ouellet, de Valeurs mobilières Desjardins.

Alors que plusieurs s'attendaient à ce que le nouveau président américain profite de ses 100 premiers jours à la Maison-Blanche pour améliorer le sort de la classe moyenne, rien de tel n'a encore été annoncé. « Les baisses d'impôt, c'est fantastique d'un point de vue économique, mais pour en profiter, il faut en payer. Or, les 40 % d'Américains qui ne paient pas d'impôt n'en profiteront pas, puisqu'ils n'en paient déjà pas. On ne peut pas payer moins que 0 %. »

Pire encore, selon lui, les baisses d'impôt consenties aux mieux nantis risquent même d'être contreproductives : « Si vous donnez 5000 $ de plus à quelqu'un qui gagne 50 000 par année, il y va le dépenser. Mais quelqu'un qui gagne 6 M$, quand bien même que vous lui donneriez 500 000 $ de plus, ce montant-là ne s'en ira pas en consommation. Il y a de fortes chances qu'il s'en aille en épargne. Donc, moins d'impact sur l'économie. »

Pour ce qui est d'une guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, Jean-René Ouellet croit qu'il faut mettre les déclarations de Donald Trump en perspective.

« Quand on regarde les commentaires de Trump, ils visent surtout le Mexique et la Chine qui ont des surplus commerciaux faramineux avec les États-Unis. Or, au Canada sur environ 750 milliards $ d'échange par année avec les États-Unis, on a une balance commerciale positive d'environ 15 milliards $. Ce n'est quand même pas la mer à boire. Quand on regarde les niches où le Canada a l'avantage, on parle du bois d'oeuvre, de la volaille et du porc. Ce sont des volets importants pour nous, certes, mais lorsqu'on les incorpore dans l'ensemble de l'économie des deux pays, ça demeure quand même marginal. Quant au bois, il n'a jamais été inclus, ni dans l'ALÉNA, ni dans l'ALÉ et il y a une crise dans le bois d'oeuvre à peu près tous les six ans depuis 50 ans. »

Hormis ces trois secteurs, M. Ouellet souligne que les produits que s'échangent le Canada et les États-Unis sont relativement similaires : « Ce qu'on leur vend, ce sont surtout des ressources naturelles, de l'énergie, des produits chimiques et des véhicules. Même chose pour ce qu'on importe des États-Unis. On s'échange à peu près les mêmes choses. Si on se met à taxer de part et d'autre les mêmes produits, tout cela va revenir au même. On ne s'attend pas à de grandes mesures de ce côté-là.

« La bonne nouvelle, s'il y en a une dans l'élection de Donald Trump, c'est que dans son administration, il y a 17 fois plus d'expérience d'entrepreneuriat d'affaires qu'il y en avait sous l'administration Obama. »




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