Un accord lourd de conséquences pour l'agriculture

Copropriétaire avec son frère Jean-Paul de la Bergerie... (Archives La Tribune, Marie-Lou Béland)

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Copropriétaire avec son frère Jean-Paul de la Bergerie et fromagerie Nouvelle-France à Racine, Marie-Chantal Houde prône l'indépendance en agriculture en marge des négociations qui piétinent avec l'Union européenne.

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Vincent Lambert
La Tribune

(Racine) Même si certains secteurs bénéficieraient de l'Accord économique et commercial global (AÉCG) entre le Canada et l'Union européenne en raison de la basse tarification des taxes, il n'en demeure pas moins que le domaine agricole pourrait en subir de lourdes conséquences.

« Ce qui bloque la Wallonie, c'est le sort qui sera réservé aux agriculteurs de la Belgique. La Wallonie tient bon pour la protection de ses agriculteurs », se réjouit Marie-Chantal Houle, propriétaire de la Bergerie et fromagerie Nouvelle-France de Racine, qui voit dans cette résistance un modèle à imiter.

L'inquiétude de ceux qui brandissent le bras bien haut contre l'AÉCG concerne surtout l'abaissement éventuel de normes locales, les pertes d'emploi, les injustices, et la liste s'étire encore. Plusieurs ont peur de perdre leur indépendance et leur souveraineté alimentaire. « Ceux qui veulent l'accord, ce sont les grands industriels qui ont fait de l'agriculture une mine d'or et de vaches à lait. Sans scrupule, ils profitent de la terre, ils vont appauvrir les sols et ne redonneront pas à la population. L'agriculture est rendue une industrie », déplore Mme Houde.

Pour la propriétaire, l'agriculture ne devrait pas être marchandée comme un bien. « C'est fondamental qu'un pays protège l'agriculture qui se produit ici. Il faut protéger ce qu'on a déjà. La journée où nous n'aurons plus de nourriture pour nourrir nos villes et où on dépendra des autres pays pour nous nourrir, on deviendra un pays extrêmement faible », estime-t-elle.

Selon Mme Houde, une pérennité serait davantage garantie en agriculture si la Wallonie continue de défendre son point de vue. Concrètement, l'accord de libre-échange, dans le domaine par exemple de la fromagerie, ferait entrer 17 700 tonnes de fromage au Canada, explique-t-elle. « Sachant très bien que 50 % des fromages fins consommés au niveau canadien sont fabriqués au Québec, c'est la moitié qui serait touché avec cet accord. Ces 17 700 tonnes, ça équivaut à 1000 fromageries comme la mienne. C'est 3,5 % de volume de lait qui rentrerait d'autres pays et qu'on ne pourrait plus produire au Canada. C'est nous que ça va toucher », souligne-t-elle.

« Chaque petit geste compte »

« Acheter local, c'est la seule clé évidente qui va contribuer à garder notre richesse ici », insiste Mme Houde.

Afin d'encourager l'achat local, Marie-Chantal Houde insiste sur le fait que « chaque petit geste compte ». « Ce qui est déplorable, c'est de se dire tout le monde ensemble que ce n'est pas grave. Chaque geste pourra créer un pouvoir de force et de changement. C'est ce qui est le plus important. Je suis reconnaissante envers les Wallons. Je pense que tout n'est pas fini. Un pays sans agriculture ne vaut rien », mentionne-t-elle.

« Je souhaite vraiment que la Wallonie résiste et que cet accord ne voie pas le jour. C'est important de protéger et de mettre beaucoup d'énergie à développer le commerce intérieur. Pour que l'agriculture fasse reculer l'accord, ça montre que c'est fondamental et non négligeable. C'est peut-être le début de la fin pour les grands traités d'accord de libre-échange ? Il y a peut-être un protectionnisme qui est en train de s'installer ?

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