Une jeune designer de mode se démarque

La collection Imperception de Marie-Soleil Lemay-Couture s'intéresse aux... (Gracieuseté, Andréanne Lupien)

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La collection Imperception de Marie-Soleil Lemay-Couture s'intéresse aux fausses perceptions et à la beauté de l'étrangeté.

Gracieuseté, Andréanne Lupien

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(Sherbrooke) La designer de mode sherbrookoise Marie-Soleil Lemay-Couture s'est démarquée récemment en remportant le prix Télio. Sa collection, Imperception, a été désignée comme la meilleure de la cohorte 2016 de l'École supérieure de mode de l'UQAM. Le jury composé de membres de l'industrie a déterminé que son concept, ses esquisses, sa recherche et ses prototypes ressortaient de la masse.

Marie-Soleil Lemay-Couture... (Spectre Média, René Marquis) - image 1.0

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Marie-Soleil Lemay-Couture

Spectre Média, René Marquis

« J'explore le thème de la perception à travers la dysmorphie corporelle intégrée dans le vêtement. La dysmorphie corporelle est une maladie mentale qui fait qu'une personne est persuadée qu'un détail physique est altéré. Dans le fond, sa réalité n'est pas la même que la réalité concrète que l'ensemble des gens perçoit », explique la designer de 27 ans.

Cette réalité déformée est également exploitée dans le processus. « Je détourne les conventions du vêtement et les détails usuels. Un col ou une manche ne sert pas nécessairement à ce qu'on attend d'eux. J'utilise aussi beaucoup la modification de textile et l'impression sur tissu avec les 2000 photographies que j'ai réalisées avec mon père. »

La création est une histoire de famille puisque le modèle utilisé pour ces photographies est sa mère. « Mais ma mère est méconnaissable à cause de la déformation des images. Je voulais quelqu'un sans âge à qui tout le monde peut se rattacher », ajoute la designer.

À Sherbrooke

Marie-Soleil Lemay-Couture a complété son baccalauréat sous la supervision de la designer de mode et professeure Ying Gao qui s'est distinguée par la réalisation de nombreux projets de création présentés lors d'expositions individuelles et collectives à travers le monde.

Maintenant que ses études sont terminées, Marie-Soleil Lemay-Couture ne s'installera ni à Paris, ni à Milan ou New York. C'est de Sherbrooke qu'elle tentera de laisser sa marque.

«Le but a toujours été de revenir à Sherbrooke. J'ai mon atelier à la maison et en août, une stagiaire se joindra à moi pour créer des morceaux de ma collection Imperception. D'ailleurs, pour mon projet de bac qui consistait à créer ma collection, j'ai collaboré uniquement avec des gens d'ici», note celle dont une portion de la collection est exposée pour l'été dans la vitrine de l'école de mode de Montréal.

La designer sherbrookoise a exploré tous les volets, ou presque, de son métier en agissant comme coupeuse, accessoiriste, aide-designer, assistante aux patrons de couture, styliste.

«J'ai travaillé chez des petits designers, de grands fabricants. J'ai aussi travaillé en vente dans des boutiques ou des braderies», précise la jeune entrepreneure qui a créé son entreprise en 2015.

Et c'est sur cette polyvalence que la designer mise pour gagner son pain dans un secteur d'activité où plusieurs ont faim. Pour le moment elle a un second emploi et elle ne ferme pas la porte à faire des sous-marques ou des contrats corporatifs en plus de ses créations.

La marque de prêt-à-porter pour laquelle elle a conçu sa collection Imperception s'appelle Mutare qui signifie évolution, transformation, changement en latin. Elle a son site internet duquel elle compte vendre ses collections (http://mutaredesign.com/).

La designer est par ailleurs très sensible aux troubles alimentaires. C'est pourquoi elle s'associe à l'organisme Arrimage Estrie à qui le profit des ventes de certains de ses vêtements sera versé.

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