Grève au Maxi de Lac-Mégantic

La présidente du syndicat local, Jacynthe Dubois, et... (La Tribune, Ronald Martel)

Agrandir

La présidente du syndicat local, Jacynthe Dubois, et  la vice-présidente, Johanne Orichefki, sont accompagnées par le coordonnateur pour l'Estrie de la CSD Bernard Cournoyer.

La Tribune, Ronald Martel

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) Lac-Mégantic se retrouve encore avec un seul supermarché d'alimentation, comme au lendemain de la tragédie du 6 juillet 2013, alors que le supermarché Métro du centre-ville se situait dans la zone rouge et n'avait rouvert ses portes qu'un an et demi plus tard dans le quartier Fatima.

Vendredi, c'est le Maxi du Carrefour Lac Mégantic qui a dû fermer ses portes pour cause de grève générale illimitée de sa soixantaine d'employés, après 10 séances de négociations infructueuses impliquant également un médiateur..

« Nous avons décidé de déclencher la grève, car nous n'avons obtenu aucun résultat ni n'avons fait aucune avancée. Nous réclamons principalement un rattrapage au niveau des salaires, car les employés de Lac-Mégantic gagnent 5 à 6 pour cent de moins que les employés des autres magasins de la chaîne.

« L'employeur se justifie en disant que les maisons sont moins chères à Lac-Mégantic. Pourtant, il vend ses cannes de bines le même prix, dans son magasin de Lac-Mégantic, que dans ses autres magasins! » fait valoir Bernard Cournoyer, coordonnateur syndical pour l'Estrie de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), qui représente les employés de Maxi à Lac-Mégantic.

« De plus, l'échelle salariale des travailleurs de Lac-Mégantic change à toutes les 600 heures travaillées, alors que c'est aux 500 heures ailleurs. Aussi, des travailleurs classés à temps partiel font entre 32 et 40 heures par semaine, pendant plus d'un an, jusqu'à deux ans et plus, et n'obtiennent pas le statut d'employé à temps plein que l'employeur leur dénie, pour ne pas leur donner les avantages qui viennent avec ce statut », ajoute M. Cournoyer.

« Nous avons fait des comparaisons avec les salaires payés ailleurs. Cela ne m'entre pas dans la tête que les salaires doivent être plus bas à Lac-Mégantic, pour le même travail, à cause de l'immobilier qui sert de justification. Surtout que les employés de Lac-Mégantic, après la tragédie de juillet 2013, ont travaillé en double et en triple, parce que c'était la seule épicerie ouverte. Le magasin a même gagné des prix de performance, avec des profits record. Les employés jouaient aux psychologues avec les clients éprouvés. Ils n'ont eu droit qu'à des beignes et du café, en compensation, et une épinglette », raconte Bernard Cournoyer.

L'employeur offre 1,5 pour cent d'augmentation par année jusqu'en 2023. Aucune séance de négociation n'est prévue à brève échéance.

« La population de Lac-Mégantic est en arrière de nous et nous dit que nous aurions dû faire la grève avant ça. Nous demandons un montant compensatoire pour ce que nous avons fait à la suite de la tragédie. Les patrons ont eu droit à des bonus, quant à eux. La richesse, ça se partage! Je ne gagne que 14,43 $ l'heure, après 25 ans pour la compagnie. Si je travaillais à Granby, je gagnerais 15,22 $! Nous demandons le respect et des conditions de travail respectables. En plus, nous sommes prêts à négocier », admet la présidente du syndicat local, Jacynthe Dubois.

L'employeur réagit

En fin de journée, l'employeur a réagi par voie de communiqué. La directrice principale, affaires corporatives et communications de Provigo, Johanne Héroux, a déploré que les employés aient déclenché cette grève.

« Nous souhaitons pouvoir poursuivre les discussions de bonne foi... Les employés de ce magasin reçoivent un salaire équivalent au salaire moyen des employés Maxi de la province, même supérieur à ce que l'on peut observer chez la compétition. Nous nous excusons auprès de notre clientèle pour tous les inconvénients que cette situation entraîne. Nous espérons qu'une nouvelle date de négociation en présence du médiateur sera convenue le plus rapidement possible », a-t-elle conclu.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer