Écomestible cultive un grand projet

Le copropriétaire d'Écomestible, Jonathan Pineault... (Spectre média, Julien Chamberland)

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Le copropriétaire d'Écomestible, Jonathan Pineault

Spectre média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) Créer une ferme holistique qui générerait un chiffre d'affaires de 1 M$ au bout de cinq ans, voilà le projet étonnant dans lequel se trouve impliquée l'entreprise sherbrookoise spécialisée en permaculture Écomestible.

Sur sa terre de 167 acres à Hemmingford, en Montérégie, l'homme d'affaires André Desmarais a mandaté le maraicher Jean-Martin Fortier il y a deux ans d'en consacrer 4 à ce qui serait la Ferme des Quatre-Temps, une ferme à l'écosystème naturel et aux cultures diversifiées qui produirait suffisamment pour être rentable. Sur la terre, vaches, porcs et poulets cohabitent avec les grenouilles et les abeilles de la même façon que les nombreuses plantations.

« Le projet d'ensemble, c'est d'avoir une ferme qui va axer sur la meilleure nutrition possible et la plus diversifiée possible, explique le copropriétaire d'Écomestible, Jonathan Pineault.

La sommité en production maraîchère et auteur du best-seller Le jardinier-maraîcher a fait appel à Écomestible en 2014 pour réaliser l'aménagement à l'intérieur des jardins afin de les prémunir contre les insectes et animaux ravageurs.

« On a installé 50 cabanes d'oiseaux, créé 6 étangs de différentes tailles et différentes profondeurs pour attirer différents types d'amphibiens, grenouilles vertes, rainettes, etc., et fait une haie arbustive et florifère pour attirer des insectes et prédateurs bénéfiques. On refait la même chose sur une seconde parcelle de terrain cet été. »

Un modèle

En entrevue avec Le Devoir, André Desmarais disait être motivé par la santé, soulignant que « les aliments n'ont plus les mêmes qualités nutritionnelles qu'autrefois. Il souhaite créer un modèle que de jeunes entrepreneurs pourront faire germer par la suite.

« On pourrait faire passer le bio de 2 % à 15 % dans 10 ou 15 ans, à Montréal. Pourquoi pas? Même si ça prend cinq ans pour parvenir à la rentabilité, on va essayer de réussir. L'objectif n'est pas de créer une dizaine de fermes au Québec seulement. On peut aussi aller en Ontario, aux États-Unis, en Europe. On vise beaucoup plus global. Et pour ça, il faut réduire le capital à investir pour que les jeunes ne soient pas endettés au départ. On ne sauvera pas la planète, mais la formule est intéressante », ajoutait l'actionnaire de Power Corp.

Si la formule demeure à être éprouvée, l'engouement et les moyens de M. Desmarais pour un tel projet permettent également de confronter la théorie à la pratique.

« On allait tenter de fournir un modèle. Plutôt que de faire des études pendant des années et d'agir ensuite, on est passé à l'action en étant basé sur des intuitions et nous pourrons les valider », note Jonathan Pineault.

Et pour l'entreprise sherbrookoise, un tel chantier lui permet de se développer à vitesse grand V. Comptant trois employés en 2014, Écomestible en compte maintenant 8, un nombre appelé à augmenter pour la forte saison.

« On a grossi l'équipe et nous sommes une équipe multidisciplinaire. On a un professeur en foresterie, un biologiste et un ingénieur. On peut adresser beaucoup de dossiers et ce qui est intéressant, c'est que tout le monde fait du chantier et du design. On s'attend à faire environ 650 000 $ de chiffre d'affaires cette année. »

« On est conscient qu'un projet de cette envergure-là amène une croissance subite, mais on prépare la suite pour tenter de maintenir le rythme le plus possible », résume M. Pineault.

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