St-Hubert sous contrôle ontarien

Après cinq ans de démarches infructueuses au Québec... (Spectre Média, René Marquis)

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Après cinq ans de démarches infructueuses au Québec pour trouver un acheteur, Jean-Pierre Léger s'est résigné à vendre le Groupe St-Hubert à l'ontarienne Cara. «J'ai regardé tout ce qu'il y avait ici, a raconté le grand patron de St-Hubert.  J'ai courtisé différents groupes (et finalement) on ne s'est pas marié.»

Spectre Média, René Marquis

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La Presse Canadienne

Après cinq ans de réflexion et de démarches infructueuses au Québec pour trouver un acheteur, Jean-Pierre Léger s'est résigné à vendre le Groupe St-Hubert à l'ontarienne Cara, espérant ainsi assurer la pérennité du fleuron québécois de la restauration.

Après cinq ans de réflexion et de démarches... (Infographie La Tribune, Marie-Ève Girard) - image 1.0

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Infographie La Tribune, Marie-Ève Girard

Cette alliance de 537 millions $ permettra au propriétaire des chaînes de restaurants Chalet Swiss, Harvey's, Kelsey's et East Side Mario's d'ajouter 117 restaurants aux 1010 qu'elle exploite actuellement au Canada.

Parfois approché, notamment par des Américains, le grand patron de St-Hubert s'est surtout affairé à tenter de dénicher, sans succès, des acheteurs québécois pour prendre la relève.

«J'ai regardé tout ce qu'il y avait ici, a-t-il raconté, mercredi, en conférence de presse. J'ai courtisé différents groupes (et finalement) on ne s'est pas marié.»

Des pourparlers ont eu lieu avec Investissement Québec, la Caisse de dépôt et placement du Québec et le Fonds de solidarité FTQ, mais ces investisseurs institutionnels, a rappelé M. Léger, n'ont pas le mandat de prendre le contrôle des entreprises.

Pas d'offre québécoise

La CDPQ a indiqué qu'elle avait déjà manifesté son intérêt à quelques reprises dans le passé pour mettre la main sur une participation minoritaire. Or, selon une source au fait des négociations, la Caisse avait récemment présenté une offre à cet effet, avant d'apprendre mercredi soir que St-Hubert était entièrement vendue à Cara.

Néanmoins, celui qui occupe la présidence de l'entreprise familiale fondée il y a 65 ans dit avoir pris son temps avant d'accepter l'offre de Cara qui, croit-il, fera croître la société qui compte actuellement 10000 employés.

«L'automne dernier, j'ai eu 70 ans, a rappelé M. Léger. Je ne suis pas éternel. Il faut que je pense que le Groupe St-Hubert puisse continuer sans moi.»

Dans l'espoir de se renouveler, la chaîne qui a vu le jour en 1951 avait recruté l'ex-président et chef de la direction de Québecor Robert Dépatie en 2014. L'expérience avait toutefois été de courte durée, puisque celui-ci avait quitté son poste après seulement quelques mois.

M. Léger avait par la suite confié le poste de président-directeur général à Pierre Rivard, aux commandes de la division détail du groupe depuis plus de trois ans.

«Oui, j'ai recruté des gens de l'extérieur et ça n'a pas toujours été heureux, a-t-il concédé. S'il y a une leçon à tirer de cela, c'est de développer nos compétences à l'interne.

Siège social

Malgré l'absence d'un engagement ferme, le siège social de St-Hubert - où travaille une soixantaine de personnes - demeurera à Laval, affirme le chef de la direction de Cara, Bill Gregson.

M. Léger a par ailleurs montré des signes d'impatience lorsqu'il lui a été demandé, en marge de la conférence de presse, pourquoi il n'avait pas exigé des garanties en matière d'emplois.

«Je pourrais vous faire la chansonnette, a-t-il répondu aux journalistes. Si l'on continue d'innover et de développer des nouveaux produits, c'est comme cela que l'on garantit des emplois.»

Cara compte confier la responsabilité de ses quelque 60 restaurants qu'elle exploite dans la province à du personnel québécois, qui aura le mandat de faire croître le nombre d'établissements.

On prévoit entre autres ajouter des rôtisseries St-Hubert au Québec ainsi qu'ailleurs Canada, en plus de potentiellement lorgner le nord-est des États-Unis - un rêve que caressait l'entreprise québécoise au début de la décennie.

Ainsi, il n'est pas question, assure M. Gregson, de piloter l'expansion québécoise des rôtisseries et des autres bannières de Cara depuis l'Ontario.

«Sauf pour Harvey's, notre bilan n'est pas très reluisant au Québec, a expliqué le dirigeant de Cara. La pire chose que nous pourrions faire serait de leur dire quoi faire parce qu'ils savent quoi faire pour connaître du succès.»

L'entreprise ontarienne écarte toutefois le retour des restaurants Chalet Swiss au Québec, compte tenu que cette bannière n'a jamais été en mesure de rivaliser avec St-Hubert dans le passé.

En plus des restaurants, Cara met également la main sur deux centres de distribution, mais surtout sur les deux usines de production alimentaires de St-Hubert situées à Blainville et Boisbriand.

Ces deux installations sont derrière les salades, pâtés, côtes levées et des quelque 33 produits de la marque St-Hubert vendus dans les épiceries. D'ici trois ans, Cara croit pouvoir ajouter 100 millions $ à leur chiffre d'affaires annuel de 225 millions $.

«Nous allons nous pencher sur les marques de commerce de Cara pour voir quel positionnement on leur donnera dans le secteur du détail, a expliqué M. Rivard, au cours d'un entretien. Est-ce que ça sera des pâtés ou des côtes levées? On verra.»

Selon lui, les deux usines de production alimentaire peuvent doubler, voire tripler leur production, ce qui se traduira par des embauches. Elles comptent pour l'instant un total d'entre 400 et 500 employés.

La clôture de la transaction est prévue au cours de l'été.

Historique du St-Hubert à Sherbrooke

Manon Proulx est propriétaire de la rôtisserie St-Hubert de la King Ouest et du St-Hubert Express de l'Est depuis environ trois ans, mais elle est associée à cette bannière depuis une vingtaine d'années. Elle a pris la relève de son père, Jean-Claude Proulx, et de son partenaire d'affaires de longue date, Luc Rousseau.

St-Hubert existe à Sherbrooke depuis octobre 1971 et le duo formé de MM. Proulx et Rousseau a été propriétaire de la franchise sherbrookoise à partir de 1979. Le restaurant a déjà été situé au centre-ville et, ensuite, au coin des rues King Ouest et Lomas près des Promenades King. Il a déménagé dans ses installations actuelles en janvier 2001. La construction de la Rôtisserie de la rue King Ouest avait alors nécessité des investissements de 3 M$ et son ouverture avait créé 85 emplois.

Depuis une dizaine d'années, une deuxième rôtisserie de la chaîne a vu le jour à Sherbrooke. Le St-Hubert Express est situé dans l'arrondissement Fleurimont.

Rappelons que le tout premier St-Hubert, créé par la famille Léger, avait ouvert ses portes en septembre 1951.

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