Coup de pouce au secteur manufacturier et aux PME

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Le troisième budget du ministre des Finances, Carlos Leitao, prévoit un bouquet de mesures d'environ 2,3 milliards $ étalé sur cinq ans afin d'en favoriser le développement.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Pour tenter de relancer l'économie du Québec, dont la croissance demeure faible, le gouvernement Couillard prévoit un bouquet de mesures d'environ 2,3 milliards $ étalé sur cinq ans afin d'en favoriser le développement.

Dans la plupart des cas, les sommes octroyées grimperont de façon progressive, constate-t-on dans le troisième budget du ministre des Finances, Carlos Leitao, dévoilé jeudi à Québec.

C'est le secteur manufacturier qui recevra la part du lion de l'enveloppe gouvernementale, avec 850 millions $.

De ce montant, 539 millions $ seront destinés à consentir un rabais d'électricité maximal de 20 pour cent pendant quatre ans, ce qui permettrait à une entreprise admissible de couvrir jusqu'à 40 pour cent de la facture de son investissement.

Cette mesure a été saluée de façon quasi-unanime par les représentants des associations patronales présents à l'intérieur du huis clos sur le budget.

«On retrouve une marge de manoeuvre qui permet au gouvernement de faire des choix, avec des moyens limités, il faut le reconnaître, a dit la présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand. C'est extrêmement important.»

Ce rabais sur l'électricité s'applique à plus de 150 sociétés qui bénéficient du tarif L, ce qui, d'après le gouvernement Couillard, représente 25 pour cent des emplois et 40 pour cent des investissements annuels du secteur manufacturier.

Toutefois, les alumineries, qui bénéficient déjà d'ententes avec Québec en ce qui a trait aux tarifs hydroélectriques, ne sont pas admissibles.

On évalue à 2,6 milliards $ les investissements potentiels qui pourraient être effectuées d'ici 2021 dans le cadre de ce nouvel incitatif.

Ce nouveau rabais accompagne le tarif de développement économique destiné aux compagnies qui viennent s'établir dans la province déjà existant.

Une autre économie

Par ailleurs, ces grands consommateurs d'électricité sont également admissibles à une autre économie d'électricité supplémentaire équivalant à 10 pour cent de leur investissement si celui-ci se traduit par une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les «secteurs clés» de l'économie, comme la foresterie, l'aérospatiale et les sciences de la vie, recevront pour leur part 608 million $ sur cinq ans, principalement afin de soutenir l'innovation.

L'enveloppe la plus importante, soit 230 millions $, sera octroyée à l'industrie forestière, principalement afin d'en améliorer la compétitivité ainsi que la contribution de la forêt privée à l'approvisionnement.

Près de 60 000 emplois directs reposent sur ce secteur, qui, même s'il représentait deux pour cent du produit intérieur brut (PIB) québécois en 2014, a connu son lot de difficultés et de fermetures d'usines au cours de la dernière décennie.

Quant aux quelque 240 000 petites et moyennes entreprises (PME) - qui représentent plus de 95 pour cent des entreprises du Québec - l'impact des mesures est évalué à 282 millions $.

À compter du 1er janvier 2017, le budget prévoit une réduction additionnelle du taux de cotisation au Fonds des services de santé (FSS) - une taxe sur la masse salariale - pour l'ensemble des PME québécoises, un signal qualifié «d'intéressant» par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

D'ici 2021, le taux passera graduellement de 1,6 à 1,45 pour cent pour les compagnies des secteurs primaire et manufacturier dont la masse salariale est inférieure à 1 million $, alors que du côté des secteurs des services ainsi que de la construction, le recul sera de 2,7 à deux pour cent.

«Cela va représenter à terme des économies substantielles pour les entreprises, a estimé la vice-présidente principale de la FCEI, Martine Hébert. Quand on pense que la moitié des entreprises de la province comptent moins de cinq employés et que 75 pour cent en ont moins de 10, on peut présumer qu'il y a plusieurs PME qui vont bénéficier de cette mesure.»

Celle-ci a rappelé qu'il s'agissait d'une des principales recommandations prébudgétaires de la Fédération.

Le budget du ministre Leitao prévoit que la réduction additionnelle de la cotisation FSS permettra de réduire annuellement de 385 millions $ le fardeau fiscal des PME.

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