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Rona: «Les vraies décisions se prendront aux États-Unis», dit Gérald Filion

De passage en région, hier, pour présenter une conférence devant les étudiants... (Spectre Média René Marquis)

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(SHERBROOKE) De passage en région, mercredi, pour présenter une conférence devant les étudiants de l'Université de Sherbrooke, le journaliste spécialisé en économie Gérald Fillion a été plus nuancé dans son analyse de la transaction concernant RONA inc. et Lowe's.

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Gérald Filion

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« Le défi du Québec est celui de protéger ses sièges sociaux. La perte d'un siège social signifie la perte d'un centre décisionnel. Et même s'il y a un siège social canadien à Boucherville, le vrai siège social est aux États-Unis, donc c'est là que seront prises les vraies décisions », commente le journaliste et coauteur du livre Vos questions sur l'économie.

« Et quand on parle d'un siège social canadien, qu'en sera-t-il dans cinq ou dans dix ans, lorsque nous aurons oublié et que nous ne serons plus là pour en parler », ajoute du même souffle Gérald Fillion qui se questionne aussi sur la possible divergence d'intérêt que peuvent avoir les différentes parties touchées par la vente de RONA inc. à Lowe's.

« On parle beaucoup de l'intérêt des propriétaires, actionnaires et dirigeants, mais il y a aussi l'intérêt des clients, des employés des fournisseurs et de l'économie au sens large. Ces enjeux ne sont pas soulevés par les entreprises qui procèdent à ce genre de transaction. De leur côté, les politiciens ont souvent soulevé ces enjeux, mais ne les ont jamais réglés. Je crois qu'ils devraient se pencher sur la question, car ça choque les gens de voir une entreprise qu'ils aiment tant se faire acheter par les Américains », soutient Gérald Fillion qui, par ailleurs, se réjouit de l'impact positif qu'aura la transaction sur le rendement de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

« En tant que Québécois, nous sommes tous actionnaires de RONA par le biais de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Alors si le rendement de la Caisse augmente, c'est une bonne nouvelle pour les avoirs de tous les Québécois », souligne-t-il.

Effectivement, la Caisse de dépôt et placement du Québec est le premier actionnaire de RONA inc. avec 17 pour cent des titres en circulation. La vente des actions rapportera près de 438 M$ à l'institution financière.

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