Économie: Gérald Fillion plaide pour la nuance

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Gérald Fillion était à Sherbrooke, hier, pour parler de journalisme et de l'actualité économique aux étudiants de l'Université de Sherbrooke, principalement à ceux inscrits en administration et en économie.

Spectre Média, René Marquis

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(SHERBROOKE) Gérald Fillion était à Sherbrooke, mercredi, pour parler de journalisme et de l'actualité économique aux étudiants de l'Université de Sherbrooke, principalement à ceux inscrits en administration et en économie.

D'entrée de jeu, le journaliste économique s'est remémoré ses années au Cégep de Sherbrooke alors qu'il étudiait en Lettres et lisait du Rimbaud, Nelligan et Ferré. « C'était pas facile, je cherchais encore ma voie », raconte l'analyse de Radio-Canada qui utilise maintenant les mots pour vulgariser les chiffres de l'actualité.

À la barre de l'émission quotidienne RDI Économie depuis 2008, Gérald Fillion s'est donné la mission de rendre intéressant un sujet souvent pénible pour le grand public.

« Je suis animé par cet objectif qui est d'éclairer les gens sur les enjeux économiques. Parce que je ne crois pas que c'est en exploitant le cynisme ou en se moquant des gens qu'on fait avancer la société. Les grands commentaires à l'emporte-pièce ou les opinions très fortes et tranchées ne font pas avancer le monde », relate celui qui a grandi dans la région de Lac Mégantic

La conférence de M. Fillion comportait deux volets : le journalisme en 2016 vu par un journaliste économique et l'économie du Québec vue par un journaliste économique.

« On vit dans un monde en changement. Une information crédible est celle qui bâtit nos sociétés et nos démocraties. Cette information crédible peut se présenter sur n'importe quelle plate-forme, mais pas de n'importe quelle source », avance celui qui plaide pour les faits, l'intégrité, l'enquête et la nuance.

«Il y a beaucoup de propagandes, de rumeurs, de fausses informations qui circulent.»


En résumé, les journalistes doivent se battre contre cinq menaces aujourd'hui, selon M. Fillion, soit la désinformation, la perte de crédibilité de l'information, la perte de confiance dans les institutions, l'exclusion sociale et économique et, finalement, la polarisation des débats.

« Il y a beaucoup de propagandes, de rumeurs, de fausses informations qui circulent. Notre rôle est de donner la bonne information », a-t-il dit ajoutant l'importance de protéger les médias de qualité par lesquels les injustices et la corruption sont notamment mises en lumière.

L'espace médiatique réservé à l'économie

Les médias québécois laissent moins de place à l'économie que leurs voisins. « En 2015, l'économie représentait 6 pour cent au Québec, 9 pour cent au Canada anglais et 12 pour cent dans le monde. On a un problème avec notre rapport à l'économie et on sous-estime en grande partie l'intérêt des gens pour cette question », explique celui qui sait qu'une information importante n'est pas nécessairement intéressante. Et vice-versa. « Mon rôle est de rendre l'économie sexy », a-t-il ajouté en riant.

Pour ce qui est de la santé économique de la province, M. Fillion a rappelé que le Québec est engagé dans une faible croissance et fait face à plusieurs défis. Des défis liés à la démographie, l'écologie, l'innovation et la productivité, la fiscalité et le déclin des secteurs manufacturier et forestier. 

L'intégration des nouveaux immigrants sur le marché du travail, l'engagement de l'État dans les secteurs privés, l'impact de la faiblesse du dollar ont aussi été abordés.

L'économie se porte bien? « Vous vous doutez que la réponse est nuancée. C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de riches au Québec, mais les familles avec enfants sont les plus avantagées au Canada. C'est vrai que notre niveau de vie est relativement faible par rapport à aux autres provinces et aux états d'Amérique, mais notre qualité de vie est la meilleure en Amérique et une des meilleures au monde », révèle-t-il ajoutant que le Québec a aussi des actifs extraordinaires comme la Caisse de dépôt et placement, la Régie des rentes, des multinationales.

« En connaissant les forces et les faiblesses du modèle, on peut l'améliorer. Je m'intéresse aux faits et je présente les choses telles qu'elles sont. Vous aurez aussi ce rôle dans votre futur travail d'économiste. Vous avez la possibilité de faire partie de la solution. Celle qui n'est pas tournée vers le cynisme ou l'obscurantisme, mais plutôt sur l'explication, l'ouverture, l'éclairage », a conclu M. Fillion.

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