Casse-tête pour les vendeurs de noix

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Si le prix de la viande a fait couler beaucoup d'encre en 2015, l'ascension vertigineuse du prix des noix dans les 24 derniers mois donne bien des maux de tête aux petits commerçants.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Si le prix de la viande a fait couler beaucoup d'encre en 2015, l'ascension vertigineuse du prix des noix dans les 24 derniers mois donne bien des maux de tête aux petits commerçants.

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Le propriétaire de l'épicerie fine Délices des nations, Mohamed Elmir, se désole de la hausse du prix des noix, qu'il qualifie d'exorbitante. 

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Pour certaines variétés, le prix a plus que doublé depuis 2014 à cause de plusieurs facteurs dont une mauvaise saison de récolte et la faiblesse du dollar canadien.

« Les coûts sont devenus exorbitants! » constate Mohamed Elmir, propriétaire du Délices des nations, épicerie fine réputée pour ses nombreux desserts préparés à base de noix.

Les ventes de noix en vrac ont d'ailleurs diminué, constate l'homme d'affaires.

« Avant, on pouvait vendre un kilo d'amandes à 13 $ ou 14 $. Maintenant, nous le vendons à 28 $ en réalisant une moins grande marge de bénéfice », illustre M. Elmir.

Les ventes de desserts à base de petits fruits durs sont toutefois restées stables... un véritable problème pour l'épicier!

« Je ne peux pas mettre moins de pistaches dans mon baklava ni mettre moins d'amandes dans ma galette des Rois. Je ne peux pas doubler mon prix non plus. Je me tire les cheveux pour trouver comment rentabiliser mes desserts », admet M. Elmir, qui ne veut pas dépasser le prix psychologique que les clients sont prêts à payer.

« Je peux augmenter mes prix de 1, 2 ou 3 $, mais pas le doubler! Il y a une limite à ne pas dépasser sinon le consommateur va simplement arrêter d'en acheter », croit-il.

Pendant la période des Fêtes, le Délices des nations a besoin d'environ cinq caisses de noix diverses par semaine afin de répondre à la demande des clients.

Le reste de l'année, deux ou trois caisses par semaine sont nécessaires. 

« J'en ai commandé trois dernièrement et ça m'a coûté environ 900 $. On parle de caisses de 25 livres seulement... »

Ne serait-il pas préférable de cesser de produire ces desserts pour le moment, à l'instar de la Laiterie Coaticook, qui a cessé temporairement de produire de la crème glacée aux pistaches depuis deux ans?

« J'ai les mains attachées. L'épicerie a une réputation que l'on veut maintenir. On ne peut pas tout simplement arrêter ou sabrer dans la qualité ou la quantité », estime M. Elmir, qui compte continuer de produire des mets sucrés en espérant que les prix se stabilisent prochainement.

Diversifier son offre

Danièle Lalonde, propriétaire de la boutique Un monde de noix, est aux prises avec les mêmes problèmes que M. Elmir. 

« Depuis 18 mois, à chaque fois que je fais une commande, on me dit que le prix a augmenté », affirme-t-elle.

Face à une telle hausse, la propriétaire n'a d'autre choix que de refiler une partie de la facture à ses clients et d'abaisser ses marges de profits.

« Mais il y a une limite à ça. J'essaie donc d'être inventive et de trouver des façons différentes de présenter mes produits », explique Mme Lalonde. 

Depuis quelque temps, Un monde de noix offre ainsi un bar à céréales et des produits du terroir. 

« Je fais également des mélanges de noix avec des fruits séchés qui coûtent moins cher. Le consommateur peut donc continuer à manger des noix, à plus faible prix », poursuit Mme Lalonde.

La pistache, la noisette, la noix de macadamia et l'amande font partie des petits fruits à coque qui se vendent très cher. Selon Mme Lalonde, la noix de cajou et la noix du Brésil ont connu des hausses plus modestes. « Mais leur prix a quand même augmenté de 10 à 15 % », avertit-elle.

Un truc pour les amoureux des noix qui désirent continuer d'en consommer sans se ruiner : acheter en grosse quantité.

« C'est moins cher et ensuite, on peut les congeler sans problème. Les noix se décongèlent très bien. Et le reste du temps, on les laisse dans le réfrigérateur pour qu'elles gardent leur fraîcheur. »

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