• La Tribune > 
  • Affaires 
  • > Soucy International: d'intuition, de savoir et de travail acharné 

Soucy International: d'intuition, de savoir et de travail acharné

Le fondateur du Groupe Soucy, Gilles Soucy... (Fournie)

Agrandir

Le fondateur du Groupe Soucy, Gilles Soucy

Fournie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Si le Groupe Soucy donne du travail à plus de 1100 personnes, principalement au Québec, mais aussi un peu partout à travers le monde, c'est grâce à l'intuition, au savoir et au travail acharné de son fondateur, Gilles Soucy. Ce dernier a bâti l'empire familial, pièce par pièce, au cours des décennies 1960 et 1970.

«Si j'avais su que ça deviendrait aussi gros, je me serais sauvé», rigole le prolifique homme d'affaires, maintenant âgé de 76 ans.

Le Drummondvillois était opérateur de machinerie lourde, mais surtout passionné de motoneige lorsque tout a commencé, au début des années 1960. Mis au fait qu'une de ses connaissances avait mis au point un système d'embrayage (clutch) permettant d'améliorer la performance de sa motoneige Skiroule, il est allé constater le travail et lui a demandé d'en fabriquer une deuxième, cette fois pour son Bombardier.

M. Soucy s'est rapidement aperçu que la pièce de remplacement fonctionnait beaucoup mieux que celle d'origine. Il n'a fait ni une, ni deux et a demandé à son ami d'en fabriquer 1000 qu'il comptait vendre aux motoneigistes en quête de performance.

«J'ai tout mis ça dans mon auto et je suis parti sur la route. Ça se vendait parce que j'étais vendeur et parce que j'étais fort sur la mécanique. J'ai vendu mes 1000 clutchs au cours de l'hiver et j'en ai refait faire environ 600», se souvient-il.

Fort de ces succès, M. Soucy a avisé son fournisseur qu'il retournait travailler sur les véhicules lourds dès le printemps, mais qu'il aurait cette fois besoin de 5000 embrayages pour l'automne. Constatant qu'elle avait sous la main un produit révolutionnaire, l'entreprise a toutefois conclu une entente avec un distributeur montréalais en cours d'année pour ces 5000 articles. Le commerce n'a toutefois pas connu autant de succès.

«En novembre, ils n'avaient vendu que 200 clutchs et commençaient à s'impatienter. Fâché par ce bris de promesse, j'avais décidé de passer à autre chose, mais on est finalement parvenu à s'entendre. Je leur en ai vendu 800 en un week-end», continue-t-il.

Considérant qu'il gagnerait à ne pas limiter ses ventes aux dispositifs d'embrayage, Gilles Soucy a ajouté les pare-chocs, les pare-brise, les dossiers et les carburateurs à sa gamme de produits au cours des années qui ont suivi et a fondé Quimpex - une contraction pour Québec import-export -. L'entreprise devait ensuite devenir Kimpex pour une question de prononciation anglophone, elle est encore aujourd'hui l'un des départements les plus profitables du groupe.

Saisir les opportunités

Ironiquement, l'entreprise de M. Soucy a connu son essor lors des années noires de la motoneige, au milieu des années 1970. L'homme d'affaires a été en mesure de bien évaluer les opportunités reliées aux différentes faillites de joueurs majeurs du domaine pour faire l'acquisition de pièces à moindre coût et les revendre à bon prix.

De sa propre voiture, qu'il utilisait pour vendre ses pièces, M. Soucy est passé à un camion, puis a fait l'acquisition d'un autobus de 40 pieds qu'il a dû renforcer. En 1973, il se fait refuser la construction d'un bâtiment en bordure de l'autoroute 20, à Saint-Germain-de-Grantham, la municipalité prétextant que ces espaces étaient réservés aux grandes entreprises. «J'ai tenté d'expliquer au maire qu'une petite entreprise pouvait être appelée à grandir, mais il n'en a pas tenu compte», raconte-t-il.

En 1975, Gilles Soucy achète Transki de Compton et profite de la vente de Snojet à Kawasaki pour faire l'acquisition d'un important nombre de pièces neuves. Il a également saisi l'opportunité que représentait la faillite des entreprises américaines Polaris et Arctic Cat en 1976.

En 1985, l'homme d'affaires achète une usine de plastique appartenant à Claude Bergeron à Sherbrooke et y fonde Soucy Plastique. Au cours de la même année, le président de Bombardier, José Boisjoli, lui demande d'acheter la faillite de Baron à Saint-Jérôme afin de la remettre sur pieds. L'entreprise est un important fournisseur de Bombardier.

M. Boisjoli devait revenir à la charge un peu plus tard, cette fois en lui demandant de reprendre l'usine de fabrication de ressorts Rivalair. Ce qu'il a fait, à certaines conditions.

De la relève

Aujourd'hui, le Groupe Soucy est formé d'une dizaine d'unités et oeuvre dans quatre secteurs: la motoneige, l'industriel, l'agricole et la défense. Ces deux derniers créneaux sont particulièrement porteurs d'avenir et sont à l'origine d'une importante part de la progression de l'entreprise au cours des dernières années.

S'il vieillit, Gilles Soucy s'occupe encore aujourd'hui des projets de développement de son entreprise et n'a pas l'intention de prendre sa retraite. «C'est la vie qui va me retraiter», lance-t-il.

Il a toutefois confié les activités courantes de son groupe à son neveu Éric Côté au cours des dernières années. Un autre de ses neveux, un cousin et deux de ses enfants évoluent également au sein de l'entreprise. La troisième génération prépare également son entrée. «Je veux cultiver une relève, bâtir de bonnes personnes. Je veux les initier au travail au sein de l'entreprise», continue-t-il.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer