Un appel à offrir des emplois aux réfugiés

L'homme d'affaires et restaurateur Calile Haddad lance un... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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L'homme d'affaires et restaurateur Calile Haddad lance un appel à la communauté d'affaires afin qu'elle offre des emplois aux réfugiés qui fouleront le sol sherbrookois au cours des prochains mois. Il dit avoir lui-même embauché une quinzaine de réfugiés dans son restuarant de la rue King Ouest et que le bilan s'avère positif. Sur la photo, on aperçoit à gauche quatre de ses employés: Ragheed Alshorji, Ghaith Maqdas Shamoon, Tatiana Elias et Senharib Sarkys.

Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) L'Église syriaque orthodoxe St-Ephrem lance un appel à la communauté d'affaires sherbrookoise afin que celle-ci offre des emplois aux centaines de réfugiés qui débarqueront à Sherbrooke au cours des prochains mois.

Membre du comité exécutif de l'Église syriaque, l'homme d'affaires et restaurateur Calile Haddad est l'un de ceux qui croient que la communauté d'affaires a un rôle essentiel à jouer dans l'intégration de ces réfugiés. D'autant plus, dit-il, qu'il est reconnu que l'emploi demeure le facteur d'intégration le plus efficace dans une société.

Prêchant lui-même par l'exemple, l'homme d'affaires dit avoir embauché 16 réfugiés à son restaurant de la rue King Ouest depuis la première vague de réfugiés arrivée en 2011. De ce nombre, 12 sont toujours à son emploi parmi la vingtaine d'employés que compte l'établissement.

« C'était important pour moi de créer des emplois spécifiquement pour les réfugiés, dit-il. Même si cela m'a obligé à augmenter ma masse salariale de quatre pour cent, ce n'est pas ça qui compte. Ce qui compte, c'est que le bilan est resté positif. »

Comme bon nombre de personnes qui croient avoir beaucoup reçu de la vie et qui s'estiment privilégiées, Calile Haddad croit qu'il est de son devoir de contribuer à la société afin que celle-ci demeure ouverte et accueillante.

« S'il y a une chose importante à laquelle je crois dans la vie, c'est qu'il ne faut jamais oublier ses racines. Quand on remonte parmi nos ancêtres, on se rend compte qu'on vient tous d'ailleurs. Mon père (NDLR : l'ancien pharmacien Alain Haddad) est d'origine syrienne et ma mère est argentine. Tous nos ancêtres qui sont arrivés ici ont d'abord été accueillis. Ensuite ils ont été aidés afin qu'ils s'habituent à leur nouvelle vie. C'est ce qu'il faut faire aujourd'hui avec les réfugiés qui arrivent. On les accueille, on les aide à s'installer et on leur offre un emploi pour qu'ils puissent refaire leur vie.

« Je connais beaucoup d'Arabes qui auraient les moyens d'engager des réfugiés mais qui ont peur. Peur de quoi? Ici dans mon restaurant, j'ai des chrétiens, des musulmans, des orthodoxes, des gens de toutes les cultures qui travaillent pour moi. Il y a du bon monde dans toutes les cultures. Oui, il y a des pommes pourries, mais il y en a dans toutes les communautés. Ce n'est pas une raison pour fermer nos portes au reste de la société. Je ne veux pas que les gens aient peur», exprime Calile Haddad.

Depuis 2011, l'Église syriaque orthodoxe St-Ephrem de Sherbrooke a parrainé une quarantaine de familles en provenance de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan. D'ici le 31 décembre, une centaine d'autres réfugiés sont attendus, auxquels s'ajouteront 110 familles tout au long de l'année 2016. Toutes ces familles seront parrainées privément par la communauté syriaque sherbrookoise, sans l'aide financière de l'État.

Outre les emplois, la communauté syriaque dit également avoir besoin de biens matériels afin de permettre aux réfugiés de s'installer convenablement.

« Pour l'instant, nous avons suffisamment de vêtements, précise Calile Haddad. Ce dont nous avons le plus besoin, ce sont des biens durables, comme des électroménagers, des téléviseurs, des meubles, etc. ». Tous ces articles peuvent être déposés au local de la Fédération des communautés culturelles, situé au 3333, rue King Ouest.

Un appel au maire Sévigny

M. Haddad estime que l'Église syriaque orthodoxe de Sherbrooke a reçu tout l'appui qu'elle espérait de la part des divers paliers de gouvernement, et en particulier du député de Saint-François, Guy Hardy et de son adjointe, Francine Forcier: « Madame Forcier a été un ange pour nous depuis que nous avons commencé à accueillir des réfugiés, dit-il. On aurait bien aimé avoir un petit coup de pouce de notre maire, monsieur (Bernard) Sévigny, et de la Ville, mais on n'a rien reçu. Par contre, sa conjointe, madame (Marie-Claude) Bibeau nous a aidés dès qu'elle a été nommée ministre à Ottawa. Donc, si monsieur le maire veut faire sa part, il est encore temps », conclut M. Haddad.

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