L'ébullition d'un incubateur d'entreprises

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(SHERBROOKE) Espace-INC est un accélérateur d'entreprises, aussi appelé incubateur, qui connaît un développement... accéléré. Ouvert depuis mars dans l'ancien poste de police de Sherbrooke, il regroupe non seulement des entrepreneurs, mais aussi un atelier collectif sous la forme d'une coopérative et une maison de l'entrepreneuriat, un local où se déroulent entre autres des 5 à 7 pour entrepreneurs.

S'y côtoient des hommes et des femmes de tous les horizons qui comptent bien développer leur réseau à Sherbrooke pour s'y établir. Raphaël Sansregret, d'Innomalt, veut installer une malterie en Estrie pour transformer l'orge brassicole en malt. Jean-René Bélanger, d'Imeka, développe des logiciels en imagerie médicale alors que Milos Skrga, de Mobilus, développe plutôt un logiciel pour les pharmaciens, de manière à rendre le service de livraison simple, efficace et agréable. Pascal Larose, d'Exonetik, fabrique des actionneurs à base de fluides magnétorhéologiques. Tous partagent en quelque sorte le même espace.

« Les vertus de la diversité font leurs preuves. Si on travaillait tous dans le même domaine, on ne connaîtrait que les gens de notre domaine. Ça nous ouvre des portes supplémentaires », fait valoir Milos Skrga.

Jean-René Bélanger abonde dans le même sens. « Les contacts avec les autres business, et non seulement avec des scientifiques, c'est super riche pour mes employés. Ça nous sort de nos paradigmes, c'est l'inverse de travailler en silos et il y a des idées complètement folles qui sortent de cette collaboration. »

Mais l'incubateur, c'est aussi la présence de mentors, des individus expérimentés qui savent guider les jeunes entrepreneurs. « L'incubateur m'a sorti de mon isolement et c'est ce que je cherchais : un endroit pour travailler. L'accompagnement est beaucoup plus ciblé que ce qu'on pourrait avoir avec le CLD. Il y a des coachs qui peuvent nous donner un coup de main et nous abattons les barrières rapidement. Nous avons probablement gagné un an. Notre plan d'affaires et notre plan de financement ne seraient pas terminés si ce n'était de l'incubateur », explique Raphaël Sansregret.

« C'est un milieu de vie stimulant que d'être entouré d'autres gens qui veulent lancer une entreprise. Les mentors challengent notre approche, nos stratégies et ils se tiennent au courant de la progression de l'entreprise. Ça nous oblige à toujours être à un plus haut niveau. Nous avons des rencontres périodiques avec eux et il faut démontrer où nous sommes rendus », précise Pascal Larose.

L'incubateur, c'est aussi un gage de crédibilité pour un entrepreneur qui se lance en affaires. « Être référencé est quelque chose de facilitateur pour entrer en contact avec une personne ou une organisation. Ça sécurise autant l'entrepreneur que les gens autour de l'entrepreneur. J'ai rencontré quelqu'un d'influent du domaine pharmaceutique et quand j'ai mentionné l'incubateur, j'ai vu une certaine réceptivité » , assure Milos Skrga.

Espace-INC est donc un milieu encadré dont l'environnement s'est bonifié d'un atelier collectif et d'une maison de l'entrepreneuriat, un local réservé à tous les entrepreneurs, incubés ou non. « Les activités de la maison de l'entrepreneuriat créent une ébullition pour inciter d'autres entrepreneurs à venir s'installer. La maison est un endroit virtuel et physique où les entrepreneurs peuvent travailler ou échanger. Chaque fois que quelqu'un de la communauté cherche un local, elle est disponible », dit Jean-René Bélanger.

Ce dernier est aussi un initiateur des startup drinks, des 5 à 7 entre entrepreneurs. « Nous les avons créés pour stimuler la communauté entrepreneuriale. N'importe qui peut y aller. Ce n'est pas pour parler affaires, mais pour avoir du plaisir. Il y a toujours une entreprise ou une organisation qui est invitée pour présenter un de ses projets. »

Les quatre hommes s'entendent pour mentionner que l'incubateur leur a permis d'avancer, voire d'éviter les erreurs. « Si j'étais tout seul assis dans mon bureau, ce serait difficile d'aller chercher des ressources. Quand j'ai une décision à prendre, je peux aller valider mon choix au bout du corridor », mentionne M. Bélanger.

« Ça nous empêche de frapper un mur. On a évité de tomber à plusieurs reprises », ajoute M. Sansregret.

Enfin, la création d'un accélérateur du genre permettra vraisemblablement la rétention des entrepreneurs en région. « Au départ, nous ne nous en venions pas à Sherbrooke. C'est probablement l'incubateur qui nous a attachés ici », illustre Raphaël Sansregret.

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