L'entrepreneur au coeur d'un grand chantier

Selon le maire Bernard Sévigny, le chantier Entreprendre... (Imacom, René Marquis)

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Selon le maire Bernard Sévigny, le chantier Entreprendre Sherbrooke lance un changement de culture pour les 25 prochaines années. «Pour avoir un écosystème entrepreneurial, il faut développer une culture entrepreneuriale», affirme celui qui a visité les nouveaux locaux de La Fabrique, la coopérative d'ateliers collectifs dont fait partie l'ébéniste Gabriel Dubé.

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(SHERBROOKE) De l'aveu même du maire Bernard Sévigny, la Ville de Sherbrooke s'apprête à entreprendre un énorme virage pour placer l'entrepreneur au coeur de ses démarches. Le chantier Entreprendre Sherbrooke lance un changement de culture pour les 25 prochaines années.

Il s'agira en fait d'une énorme réflexion, par et pour les entrepreneurs, pour tracer les contours d'une stratégie pour développer le tissu entrepreneurial. « Changer une culture, c'est long. Si on veut changer la culture, il faut changer les individus. Il faut que chacun des éléments du système développe sa compréhension de l'entrepreneuriat. Ce n'est pas tout le monde qui sera à l'unisson en même temps », explique M. Sévigny.

« Il émergera plein de projets de ce chantier. Je ne peux pas en nommer, mais ces projets, nous leur trouverons des porteurs, un montage financier, des partenaires, et nous ferons du monitoring pour les prochaines années. Ce sera une introspection qui nous amènera à changer notre culture et nos pratiques à l'égard des entrepreneurs. »

Dans ses rêves les plus fous, Bernard Sévigny espère agrandir les parcs industriels de la ville, qui seraient devenus trop petits, et avoir un centre-ville comptant 350 entreprises technologiques. « Un des objectifs est de développer le centre-ville à partir de l'entrepreneuriat. »

Le changement de mentalité passera notamment par la célébration de l'échec. « Il y a un incubateur en Israël où, pour être admis, il faut que tu te sois cassé la gueule trois fois, parce que les échecs font de meilleurs entrepreneurs. Célébrer l'échec, il faut que ça fasse partie de notre culture. Le réflexe, c'est de célébrer le succès, mais juste avec un concept comme celui-là, on vient brasser les idées préconçues. »

Par ailleurs, la Faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke prépare un virage. «On veut produire des entreprises à partir du génie de nos étudiants et importer des entrepreneurs. On veut que des étudiants qui veulent lancer une entreprise viennent étudier à Sherbrooke. Mais là où c'est le plus porteur de donner des cours d'entrepreneuriat, c'est à la faculté de médecine, en génie, en éducation. Les villes qui ont réussi le virage entrepreneurial appuyé sur des universités, c'est ça qu'ils ont fait.

« L'idée, c'est de dire comment on peut supporter les futurs entrepreneurs, les entrepreneurs en herbe, les intrapreneurs, les entreprises existantes. Nous voulons opérer une réflexion à partir des entrepreneurs, pas à partir des organismes de développement économique. On veut partir de l'entrepreneur et nous adapter en fonction des besoins. Nous inversons la pyramide.

changement de culture

« Pour avoir un écosystème entrepreneurial, il faut développer une culture entrepreneuriale. C'est vrai aussi pour la Ville. À travers les demandes de zonage, de permis, d'affichage, les entrepreneurs se perdent. C'est cacophonique. S'il y a un endroit où la Ville de Sherbrooke ne performe pas, c'est à l'égard de la structure réglementaire. Un urbaniste, ce n'est pas un entrepreneur. C'est ça le changement de culture. On va le faire à la Ville. Le Cégep va le faire dans ses programmes. On s'attend que l'Université autant que les ministères développent cette acuité envers les entrepreneurs. »

Qui payera pour cette grande révolution? « Ce sera financé par tout le monde. Il y en a des ressources. Ce sera de réaffecter, de réorienter ou de faire faire autre chose aux ressources qui existent. On demande moins aux partenaires de l'argent ou des ressources, mais plus des façons de les utiliser. »

C'est le contexte économique qui a motivé cette réflexion. « Autant en 2008 nous avons été épargnés par le ralentissement économique parce que nous avons des institutions extrêmement fortes, autant la crise des finances publiques nous frappe de plein fouet parce que nous sommes une ville institutionnelle. À partir de là, nous nous sommes dit : ne devrions-nous pas faire un blitz pour rééquilibrer le tissu économique? »

Bernard Sévigny admet que la tâche est énorme et qu'il faudra des suivis serrés. « Un éléphant, on mange ça à la petite cuiller », lance-t-il avec confiance.

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