Travailler pour des «oui»

Jean-René Bélanger... (Imacom, René Marquis)

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Jean-René Bélanger

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Jean-René Bélanger n'a pas encore terminé son bac lorsque l'entrepreneuriat vient à sa rencontre. Étudiant à l'Université de Sherbrooke, il assiste à son cours sur les nouvelles pratiques de management lorsque l'opportunité d'affaires lui est proposée.

Deux scientifiques cherchent un étudiant en administration pour prendre les commandes des finances de leur projet en imagerie médicale. « Après la présentation, tout le monde dans la classe a dit que ça n'avait pas de bon sens. Qu'on n'avait pas assez d'expérience pour relever le défi! Je me suis dit : si tous les autres croient que c'est impossible, c'est la meilleure place où aller », explique celui qui carbure aux nouveaux défis.

Jean-René Bélanger avait 30 ans et il effectuait un retour aux études après plusieurs années consacrées à la pratique de sport de haut niveau. C'était en septembre 2011. Imeka voyait le jour grâce au lien créé entre la science et la gestion. Un lien créé par l'Accélérateur de création d'entreprises technologiques (ACET) de l'UdeS.

« Comme athlète à temps plein, je gérais mes propres affaires et pour moi, il était évident qu'un jour, comme

entrepreneur, je gérerais mon entreprise », explique l'ancien membre de l'équipe nationale de patin de vitesse devenu président d'Imeka.

La science est au coeur de l'entreprise fondée par les chercheurs Maxime Descôteaux et Pierre-Marc Jodoin. Imeka se spécialise dans les logiciels d'analyse d'imagerie médicale. L'entreprise s'intéresse principalement à l'imagerie du cerveau, mais détient également des logiciels d'analyse cardiaque et d'analyse de tissus osseux et humains. Ces analyses sont effectuées par imagerie par résonnance magnétique, par tomographie par émission de positrons ou par tomodensitométrie. Ouf!

« On prend une image du cerveau, on fait une carte de connectivité et on observe son évolution. Notre technologie permet d'améliorer et d'accélérer les tests cliniques des entreprises pharmaceutiques. L'utilisation de nos logiciels leur permet notamment de réduire le nombre d'animaux impliqués dans leurs recherches, ce qui est éthiquement et économiquement avantageux. De plus, la qualité des résultats accélère l'accès aux nouveaux médicaments », résume M. Bélanger, précisant que la clientèle d'Imeka est essentiellement composée de géants pharmaceutiques.

Pour le moment, ces clients sont surtout basés à Boston, un marché fertile en biotechnologie et en pharmaceutique. « Nous sommes aussi en pourparlers avec des clients au Japon et en Europe », ajoute-t-il.

Seule dans sa niche

En 2012, Imeka entame sa phase de commercialisation. « Le marché est gigantesque. On a de belles expectatives de croissance et, avec les contrats déjà signés, l'exercice financier en cours sera profitable », déclare Jean-René Bélanger ajoutant que, comme plusieurs entreprises en démarrage, le principal défi d'Imeka demeure la gestion des flux monétaires.

Pour le moment, Imeka est la seule entreprise dans sa niche. « Il y a des compétiteurs indirects. Pour faire leurs études cliniques, les pharmaceutiques ont accès à une panoplie de services. Mais présentement personne n'offre un service comme le nôtre. On sait que d'autres sont capables de le faire, mais ils ne le font pas. Et s'ils se lancent, on aura quelques années d'avance dans le développement de nos logiciels et de nos infrastructures. »

Engager le premier employé a été une grande réalisation pour l'entrepreneur. « Ce n'est pas grandiose, mais tellement satisfaisant de savoir qu'on nourrit une famille depuis deux ans. Aussi, la signature de notre premier gros contrat a été un moment fort », confie celui qui, avec le temps, a appris à célébrer les petites victoires.

Il y a quelques années, Jean-René est passé à un cheveu de son rêve olympique. Alors que les quatre meilleurs patineurs de chaque épreuve sont sélectionnés pour les Jeux de Turin, il se classe

5e dans trois d'entre elles. « J'étais à 33 centièmes de seconde de mon rêve. Dans le sport, on s'entraîne quatre ans pour une potentielle qualification, pour une victoire. En affaires, si tu te fais dire non mille fois, il faut que tu travailles pour la fois où on va te dire oui », relate-t-il, ajoutant que les entrepreneurs et les athlètes ont en commun de ne pas baisser les bras après un échec.

Son nouveau rêve est de voir croître Imeka et d'en faire un grand employeur de Sherbrooke. Et lorsque l'entreprise sera prospère, il débloquera un budget pour commanditer des espoirs olympiques de la région!

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