De fonctionnaire à femme d'affaires

Lena Swennen... (Imacom, Maxime Picard)

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Lena Swennen

Imacom, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Lena Swennen est une femme de projets. Elle les considère comme des jeux. Et c'est elle qui écrit les règlements depuis 1994, année où elle fonde Composites BHS avec son partenaire de vie et d'affaires, Jacques Hainse.

« On est partis avec zéro client. On a dû hypothéquer notre maison. Mais on avait bien monté nos dossiers financiers et techniques et on avait évalué nos risques », se remémore la présidente de Composites BHS, entreprise qui se spécialise dans la conception, le développement et la fabrication de pièces en matériaux composites.

Elle se concentre sur l'administration, la gestion et, depuis 2011, sur le développement de nouveaux marchés. Lui, il est l'ingénieur industriel qui assure la qualité des produits.

« Construire une entreprise, c'est comme construire une maison brique par brique. Comme toute entreprise en démarrage, il fallait passer au travers les cinq premières années, aller chercher une crédibilité auprès des clients, faire les preuves de nos capacités », lance Mme Swennen en pensant à ces années d'apprentissage.

L'entreprise, qui compte une soixantaine d'employés, dessert principalement l'industrie du transport (trains et autobus) et de l'aéronautique. « On touche beaucoup au marché de la simulation de vol et de la formation des pilotes », explique la présidente de Composites BHS, précisant que les noms de ses clients sont confidentiels.

L'entrepreneuriat a toujours été un rêve pour Mme Swennen, même si elle a travaillé une dizaine d'années comme fonctionnaire en début de carrière.

« Au cégep, j'étais membre de l'association des jeunes entreprises. J'ai toujours eu cela en moi », raconte celle qui a été élevée sur une ferme à Bedford par des parents d'origine flamande.

C'est pendant ses années à titre de conseillère au sein du MDEID (devenu le ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations) qu'elle décroche son baccalauréat en administration. Le fait de côtoyer des entrepreneurs au quotidien amplifie son désir de se lancer et lorsqu'elle se met en équipe avec son conjoint, tous les éléments sont réunis.

Mme Swennen parle des étapes accomplies et des défis rencontrés. « Entre la 5e et la 10e année, c'est une période de consolidation. Puis entre la 10e et la 15e, on a commencé à regarder des technologies innovantes pour se démarquer et avancer. Le danger rendu là est de s'asseoir sur nos lauriers et d'arrêter d'innover. Une certaine stabilité s'installe, mais il ne faut pas arrêter de remettre en question nos habitudes. Le défi est de toujours se renouveler », explique la présidente de l'entreprise qui investit près de 10 pour cent des revenus en recherche et développement annuellement.

L'an 2011 marque un tournant. L'entreprise déménage dans son usine de 60 000 pieds carrés dans le parc industriel de Sherbrooke et Mme Swennen élargit le territoire à conquérir. « L'espace nous donnait accès à des contrats plus importants. »

« Aussi avant 2011, je laissais Jacques s'occuper du développement de marché, car je croyais que la vente devait être faite par un expert technique. Mais j'ai appris que la vente est essentiellement relationnelle », révèle celle qui a découvert sur le tard son talent en démarchage.

La stratégie est efficace puisque depuis, le chiffre d'affaires croît de 20 pour cent par an.

Composites BHS a ouvert les frontières et, dans la prochaine année, planifie ouvrir une usine sur le territoire américain. « Avoir un pied à terre aux États-Unis nous permettra de répondre à la demande et de respecter les critères protectionnistes d'approvisionnement de certains clients américains. Cela amènera également de la business à Sherbrooke,

car les deux usines auront leur spécialité », résume Mme Swennen.

Chaque jour, Mme Swennen continue d'apprendre et considère que si ce n'était pas le cas, ce serait le début de la fin.

« Au début, on se tient sur le bout des orteils et après plusieurs années, on peut s'endormir. Il faut faire attention et garder toute l'équipe dans cet esprit dynamique », conclut-elle.

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