Virage résolument entrepreneurial

Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche, à l'innovation... (Imacom, René Marquis)

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Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche, à l'innovation et à l'entrepreneuriat et Luce Samoisette, rectrice de l'Université de Sherbrooke, estiment que le virage entrepreneurial de l'établissement se démarque par son pragmatisme et sa longue histoire de partenariats avec le milieu des affaires.

Imacom, René Marquis

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Alexandre Faille

(SHERBROOKE) Au moment où le discours entrepreneurial trouve de plus en plus d'échos au Québec, l'Université de Sherbrooke prend les grands moyens pour se positionner comme la locomotive de ce mouvement dans le milieu universitaire.

Avec son projet phare de pôle d'entrepreneuriat du Québec, qui s'inscrit dans une grande campagne institutionnelle, l'Université de Sherbrooke entend devenir l'établissement incontournable en matière d'entrepreneuriat dans la province. Un axe qui découle naturellement des 50 années d'expérience du régime coopératif puisque les partenariats d'affaires sont à la source de la vision développée, explique le vice-recteur à la recherche, à l'innovation et à l'entrepreneuriat, Jacques Beauvais.

« Si tu veux avoir 4000 stages année après année, il faut que tu écoutes tes partenaires. Les professeurs savent qu'on doit adapter nos formations pour répondre à leurs besoins », évoque-t-il.

M. Beauvais prend bien soin de spécifier que ce nouveau pôle ne dénaturera pas la mission universitaire qui consiste à développer les connaissances et à former les étudiants. Ce sont les manières d'y parvenir qui seront revues. L'accueil du projet, aux dires de M. Beauvais et de la rectrice de l'Université de Sherbrooke, Luce Samoisette, est unanime. L'octroi d'une subvention de 33,5 M$ par le Fonds Apogée Canada à une initiative de recherche sur les technologies quantiques l'a confirmé en juillet dernier.

« Quand on a fait la demande de subvention, c'était la première fois que l'on décrivait avec le même poids le projet de recherche et la stratégie institutionnelle qui l'appuie, avance M. Beauvais. On s'est fait dire par les évaluateurs que la stratégie qu'on a étalée nous mettait en avance sur tout le monde dans le milieu universitaire. Personne n'a une stratégie aussi globale et structurée. »

Au service de la société

Avec ce projet sur l'entrepreneuriat, l'UdeS compte tripler son nombre de partenariats en plus de doubler le nombre d'inventions et d'entreprises qui émergent de son enceinte sur dix ans. Pour ce faire, elle mise sur trois filières clés qui font déjà la réputation de l'institution au Québec, soit le transport et les énergies renouvelables, les technologies de l'information et les technologies médicales.

« Elles sont basées sur le nombre de partenariats qui existe déjà à l'heure actuelle alors ce sont des filières qui ne sont pas très loin des enjeux de la région », spécifie M. Beauvais.

Dix atouts ont été aussi développés afin de renforcer le pôle entrepreneurial. Parmi ceux-ci, l'intention d'être plus branché sur le milieu des affaires, explique le vice-recteur.

« On a absolument besoin de créer une petite équipe de développement d'affaires. C'est un élément important si on veut augmenter notre nombre de partenariats. On a maintenant une personne qui fait du démarchage pour l'Université de Sherbrooke, qui identifie les partenariats possibles dans nos filières clés. C'est beaucoup une question d'atomes crochus entre les besoins des entreprises et nos professeurs », indique-t-il.

« On n'avait pas suffisamment mis l'accent là-dessus parce qu'avec le régime coopératif, on avait des gens qui entraient dans les entreprises, mais seulement au niveau des ressources humaines. Ces gens ne leur demandaient pas si elles avaient des besoins et comment on peut les aider », ajoute Mme Samoisette.

Stimuler le démarrage

Les sous-projets pour stimuler l'entrepreneuriat étudiant ne manquent pas. Déjà, des entités comme l'Accélérateur de création d'entreprises technologiques (ACET) existent et sont débordées par la demande, mais l'UdeS entend être proactive pour soutenir le développement des idées d'entreprises qui émergent aux quatre coins du campus.

« J'étais inquiet de rencontrer les directions de toutes les facultés et de leur dire qu'on faisait de l'entrepreneuriat l'une de nos priorités, mais la réalité, c'est qu'on ne court pas assez vite pour répondre à la demande de tous les projets qui existent dans les facultés, concède M. Beauvais. Il y en a plein d'idées qui arrivent un peu de manière ad hoc, on veut être plus proactifs pour les développer, on veut les provoquer. »

Cette volonté passe par diverses initiatives, notamment l'intention de subventionner des projets interdisciplinaires impliquant des étudiants de diverses facultés. Ces subventions seront aussi fractionnées, plutôt que d'être livrées qu'à un seul projet.

« Aux États-Unis, ils débutent avec un petit montant pour diminuer le facteur de risque du projet. Le prototype est laid, mais il fonctionne. À chaque étape du développement, les montants investis augmentent, mais les risques pour les investisseurs diminuent », relate M. Beauvais.

Avec cette nouvelle approche, l'UdeS croit qu'elle s'ancrera encore davantage au sein du milieu des affaires.

« Certains nous demandent ce que l'UdeS gagne là-dedans. C'est simple, on bâtit un réseau, des partenariats futurs. Nos jeunes qui quittent nos classes demeurent impliqués avec les professeurs, alors quand l'entreprise de l'étudiant lève, c'est gagnant pour tout le monde », résume M. Beauvais.

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