Créer l'équipe qui créera l'entrepise

Mario Lambert... (Imacom, Jessica Garneau)

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Mario Lambert

Imacom, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Surplec est un pionnier du recyclage d'équipements électriques au Canada. « Lorsque j'ai fondé l'entreprise en 1987, ça ne se faisait à peu près pas. Les produits électriques étaient essentiellement mis aux rebuts », se souvient le fondateur de l'entreprise, Mario Lambert.

Surplec se spécialise dans la réparation, la remise à neuf et la vente de transformateurs et d'appareillage électriques à moyenne et haute tension. Depuis 2015, l'entreprise fait aussi de la fabrication.

Avant de fonder Surplec, Mario Lambert avait travaillé pendant 13 ans en vente de produits électriques. Puis à 32 ans, il se remet en question. « Je me demandais ce que j'allais faire dans la vie. J'ai vécu quelque chose qui ressemble à une crise identitaire. Il y a un proverbe asiatique qui dit qu'une crise est l'opportunité de prendre la décision de se réinventer. C'est ce que j'ai fait en 1987 et après, une sorte d'adrénaline m'a transporté. »

C'est parce qu'il connaît bien le marché et a un bon réseau de contacts qu'il décroche ses premiers contrats. « Je proposais aux entrepreneurs-électriciens un nouveau concept : me vendre leurs surplus de marchandises pour mieux les revendre », raconte M. Lambert.

UN GROS COUP

Un an après sa création, Surplec fait un gros coup. « Après avoir convaincu les banques de me financer, j'ai acheté au rabais tous les surplus de la Domtar à Windsor, qui était alors une usine neuve. Il y en avait pour plus d'un million de dollars. Cette importante transaction a vraiment lancé l'entreprise », explique M.  Lambert ajoutant qu'il a ensuite fait la même chose avec les surplus des grands chantiers de l'Est du Canada de l'époque, que ce soit celui de l'Aluminerie Alouette à Sept-Îles ou celui de la plate-forme pétrolière Hibernia à Terre-Neuve.

Les surplus étaient revendus souvent après avoir été transformés. « La transformation m'a amené à embaucher des gens techniques et développer une expertise qui nous permet encore aujourd'hui de garantir le matériel. C'est grâce à cette équipe que nous sommes devenus, en 1997, la première entreprise accréditée ISO 9000 en Amérique du Nord dans notre domaine », lance le président ajoutant que la force de l'entreprise repose autant sur l'expertise que la stabilité de ses employés.

« Je répète souvent : j'ai créé une équipe et cette équipe a créé l'entreprise », lance l'homme d'affaires autodidacte.

Avec cette certification en poche, Surplec commence à faire de la remise à neuf des équipements d'entreprises de services publics telles qu'Hydro-Québec et ses équivalents à l'Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick.

Aujourd'hui, Surplec remet à neuf 3000 transformateurs d'Hydro-Québec par année.

Surplec compte quatre usines à Sherbrooke, incluant un laboratoire de puissance dernier cri. L'entreprise a aussi acheté 25 pour cent des actions de l'usine WR Transformateurs à Granby en 2014 et, la même année, a ouvert une usine à Edmonton, un investissement de 3 M$.

« L'accueil est bon en Alberta et nous visons également les marchés de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan », explique M. Lambert ajoutant que le ralentissement économique dans l'Ouest canadien pousse, par souci d'économie, les entreprises à acheter des appareils usagés ou réparer leurs équipements électriques plutôt que de les remplacer par du neuf.

Avec le développement de ce nouveau marché, des pétrolières telles que Suncor et Enbridge se sont ajoutées à la liste de clients importants sur laquelle figuraient déjà Hydro-Québec, Rio Tinto, Alcan.

Les trois premiers parcs éoliens du Québec ont été faits avec des appareils remanufacturés de Surplec. « Et les transformateurs neufs des quatre derniers parcs éoliens de la province ont été livrés de chez Surplec », révèle celui qui compte aussi profiter de la croissance du marché de l'entretien des parcs éoliens.

« On est une PME parmi les grands joueurs, mais on a notre niche, parmi les GE, ABB, Simmons et Alston, qui sont nos clients autant que nos concurrents et nos fournisseurs », lance l'homme de 61 ans.

Au fil des ans, M. Lambert a appris que l'imprévu fait partie de l'horaire d'un entrepreneur. « Je tiens pour acquis qu'une journée est composée à 70 pour cent de choses planifiées et 30 pour cent d'imprévus. Il faut laisser de l'espace dans l'agenda et s'armer de la patience pour le gérer. »

Son objectif : se retirer en 2017, 30 ans après la fondation de Surplec. Les trois associés et les deux enfants de M. Lambert sont prêts à recevoir le flambeau. « Je suis fier de ma relève. Je vais lui laisser du poisson, mais surtout, elle sait pêcher. »

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