Inventer un monde meilleur

Vincent Chornet... (Imacom, Jessica Garneau)

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Vincent Chornet

Imacom, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Vincent Chornet a cofondé Enerkem avec son père Esteban en 2000. Le père est le cerveau derrière le procédé permettant de produire des biocarburants et des produits chimiques renouvelables à partir de déchets. Le fils est le développeur qui est allé chercher 400 M$ de financement pour concrétiser le projet et ainsi offrir une alternative à l'enfouissement ou l'incinération des matières résiduelles. Une alternative économique de surcroît.

Tout a commencé à l'Université de Sherbrooke, endroit où Esteban Chornet repousse les limites de la chimie. Avec son diplôme en finances en poche, Vincent Chornet sort la technologie verte du campus.

En 2002, il reçoit 6 M$ pour son plan d'affaires, crée un pilote et rassemble une première équipe d'ingénierie. Cette force scientifique d'ingénierie de procédés a grossi et est toujours en place dans les bureaux sherbrookois d'Enerkem. Depuis, des bureaux ont également été ouverts à Montréal où l'équipe de direction et l'équipe d'ingénierie de production sont basées.

 « Les tests exécutés à l'usine pilote étaient concluants, les prix de l'énergie étaient élevés, le Canada et les États-Unis adoptaient progressivement un agenda vert, alors j'ai compris qu'on devait aller de l'avant avec des partenaires financiers robustes », révèle Vincent Chornet, ajoutant que la famille Chornet et l'équipe de direction ont aujourd'hui un actionnariat minoritaire mais significatif.

Sur les 205 employés d'Enerkem, une soixantaine d'entre eux travaillent aux bureaux de Sherbrooke, le même nombre à ceux de Montréal. L'usine à Edmonton embauche aussi soixante travailleurs alors que l'usine de Westbury, construite entre 2008 et 2012, en emploie une vingtaine.

Enerkem a par ailleurs quelques effectifs aux États-Unis et au Royaume-Uni.

« Ma plus grande fierté est tous ces professionnels exceptionnels qui travaillent pour la cause », relate celui qui croit aussi s'être entouré d'une des meilleures équipes de direction au Québec.

L'usine d'Edmonton, un investissement de 100 M$, a été construite en grande partie au Québec. Pour la construction de cette usine, Enerkem a travaillé avec plus de 180 fournisseurs québécois, ce qui a généré des retombées économiques de l'ordre de 54 M$.

« C'est notre première usine commerciale de taille à pouvoir concurrencer les joueurs du secteur. C'est aussi la première bio-raffinerie de matières résiduelles au monde », lance-t-il ajoutant que des partenariats ont été signés pour la construction d'usines semblables à Varennes, Rotterdam, Shanghai et au Mississippi.

« Le défi est de structurer la croissance. On va y aller progressivement, car on ne peut pas être partout en même temps », soutient le président-directeur général d'Enerkem.

L'usine d'Edmonton produit du méthanol depuis cet été. Le début de la production d'éthanol est prévu pour 2016.

« Les poubelles de la ville d'Edmonton sont transformées en méthanol utilisé pour la production de lave-glace, de colle et autres produits chimiques. L'éthanol est pour sa part acheté par les raffineurs qui l'incorporent à l'essence. » 

« En tout, ce sont 100 000 tonnes de déchets non recyclables que l'on détourne des sites d'enfouissement par année. Et ce sont 36 millions de litres de méthanol ou d'éthanol qui sortent par année. Cela représente assez d'éthanol pour fournir 400 000 autos, si on considère que l'essence offerte dans les stations comprend cinq pour cent d'éthanol, et c'est le cas », poursuit M. Chornet.

L'entrepreneuriat et les revers vont de pair, le président d'Enerkem en est conscient. « Des échecs, il y en a toujours. Des transactions manquées, ça fait partie des affaires. La marque d'un entrepreneur est sa résilience et sa capacité d'apprendre des revers. C'est bon l'échec et c'est sous-estimé. Aux États-Unis, les entrepreneurs qui se sont plantés sont davantage appréciés, car les Américains reconnaissent que ceux qui passent au travers ont les reins solides », croit celui qui n'a jamais douté qu'il finirait entrepreneur.

L'objectif ultime de l'entreprise est de créer un monde plus propre. « Enerkem est en train de dresser un nouveau standard dans l'infrastructure mondiale de gestion des matières résiduelles », résume celui qui croit fermement qu'il ne faut pas avoir peur de ses rêves.

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