Entrepreneure, du jour au lendemain

Suzie Talbot... (Imacom, René Marquis)

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Suzie Talbot

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Alzheimer, fibromyalgie, cancer, dépression, baisse de libido. Guérir ou réduire les symptômes de tous les maux et améliorer la qualité de vie de ceux qui en souffrent est au coeur de la mission de Diex Recherche, une entreprise qui gère des essais cliniques de phase I à IV. Une entreprise cofondée et présidée par Suzie Talbot.

Infirmière de formation, Mme Talbot commence sa carrière en 1997 chez Procréa Bioscience à Montréal où elle met sur pied un département de recherches cliniques. En 2000, elle trouve qu'elle a fait « le tour du jardin » et saute sur l'occasion de venir travailler à Sherbrooke à titre de directrice du département de recherches cliniques chez Novabyss. Elle y évoluera jusqu'au début 2006. Quelques semaines après son départ, l'entreprise ferme ses portes.

« C'était un jeudi. Les médecins qui avaient des projets en cours m'ont téléphoné pour voir s'il y avait quelque chose à faire, car des patients étaient chez eux avec des médicaments et il n'y avait plus personne pour répondre à leurs questions et faire les suivis. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir longtemps, je me suis lancée », témoigne-t-elle.

Le lendemain, avec une nouvelle identité corporative, Suzie Talbot reprenait les dossiers en cours avec son associé Jean-François Lessard. Du jour au lendemain, elle était devenue entrepreneure.

« Je n'avais jamais pensé me lancer en affaires. Diriger une équipe, faire de la gestion, c'était moi déjà. Mais prendre les décisions, avoir le contrôle et assumer les risques, je n'y avais pas songé avant. J'y suis allée un jour à la fois et j'adore ça! » explique celle qui n'a jamais regretté

son choix.

Diex compte aujourd'hui quatre centres de recherches cliniques. En plus du centre de Sherbrooke, deux ont pignon sur rue à Montréal et un autre est situé à Québec. L'entreprise emploie une cinquantaine d'employés dont la moitié travaille au siège social sherbrookois. Le centre d'oncologie de Diex à Montréal est le seul centre privé d'essais cliniques au Canada à se concentrer sur le cancer du sein.

Diex reçoit environ 1500 visites de patients par mois juste à Sherbrooke. Une quarantaine de projets sont en cours.

« Nous avons un modèle d'affaires unique qui optimise la satisfaction des trois types de clients qui gravitent autour de notre plate-forme, soit les compagnies pharmaceutiques et biotechniques qui désirent faire des essais cliniques, les patients qui doivent se sentir dans la ouate et les médecins qui doivent pouvoir se concentrer sur leurs études », révèle Mme Talbot, précisant que Diex libère les médecins de toute la paperasse liée aux recherches.

Les revenus proviennent des entreprises pharmaceutiques et biotechniques basées aux quatre coins de la planète. « Environ 80 pour cent de notre chiffre d'affaires provient de l'extérieur du Canada », précise la présidente de Diex.

En 2011, Diex Recherche a été le premier centre de recherche au Canada à obtenir un agrément décerné par le comité de l'Association for the Accreditation of Human Research Protection Programs, le fruit de 18 mois de travail.

« C'est une reconnaissance américaine qui nous amène une notoriété mondiale et qui prouve que nous en faisons davantage que les autres pour protéger nos participants aux recherches cliniques », déclare fièrement la femme d'affaires de 40 ans.

Mme Talbot s'est aussi donné la mission de déstigmatiser l'idée préconçue qu'a la population en ce qui a trait aux essais cliniques. « C'est pas vrai que les participants sont tous des pauvres, des étudiants, des détenus. L'avocat peut avoir des migraines et tenter de trouver une solution. »

Lorsque vient le temps de décider si Diex accepte un projet ou pas, Mme Talbot se pose toujours la même question. « Si je souffrais de cette maladie ou de ce trouble, est-ce que, moi, j'accepterais de participer à cette recherche? » se demande celle qui retire une grande satisfaction en constatant que, après une première expérience avec Diex, la grande majorité des participants acceptent de répéter l'exercice.

Dans un Canada qui perd du terrain dans le domaine des essais cliniques, Diex a su poursuivre sa croissance en se démarquant parmi les centaines d'options offertes aux compagnies pharmaceutiques et biotechniques.

Le leitmotiv de l'entrepreneure? « Si tu es au statu quo, tu recules. Il faut avancer et avoir du plaisir en avançant. Pose-toi la question : es-tu content de ce que tu as fait aujourd'hui? Je suis pour la responsabilisation de sa vie. Si tu es content, tu l'as ta tape dans le dos, tu n'as pas à attendre celle des autres. Et si tu n'es pas content, apporte des changements!

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