Les microbrasseries restent sur leurs gardes

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Jonathan Gaudreault est copropriétaire de la microbrasserie Siboire, qui compte deux adresses à Sherbrooke.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Même si les signaux sont positifs, les propriétaires de microbrasseries retiennent toujours leur souffle en attendant de savoir ce que le ministre des Finances entend réellement faire de deux recommandations du rapport Godbout qui pourraient affecter directement leur rentabilité.

Rappelons qu'en réponse aux questions de l'Opposition, le ministre Carlos Leitao a répété en chambre la semaine dernière, trois fois plutôt qu'une, qu'il n'avait « aucune intention d'augmenter la taxe spécifique sur la bière ».

Pour le copropriétaire de la microbrasserie sherbrookoise Siboire, Jonathan Gaudreault, les intentions du ministre restent trop vagues pour baisser la garde.

« Ç'a l'air positif, dit M. Gaudreault, mais la guerre n'est pas gagnée. Il n'a pas dit qu'il ne le ferait pas, il a dit qu'il n'en avait pas l'intention. Le doute pèse encore dans la balance. Ce ne serait pas la première fois qu'un ministre change d'idée. »

D'autant que cette déclaration n'aborde pas directement la recommandation d'abolir la réduction de la taxe spécifique sur les microbrasseries que craint surtout le copropriétaire de Siboire. Cette réduction de la taxe lui permet de récupérer environ 100 000 $ par année, une somme qu'il lui faudrait soustraire directement de ses profits si la mesure était abolie. C'est beaucoup d'argent pour la microbrasserie qui a deux adresses à Sherbrooke et qui projetait d'ouvrir un troisième site à Montréal jusqu'à ce que le rapport Godbout vienne brouiller les cartes, fait valoir M. Gaudreault.

« Je n'irai pas investir dans une nouvelle microbrasserie avec ce doute qui pèse toujours dans la balance, dit-il. C'est trop d'argent. Ça met un frein à notre développement. »

L'abolition de la réduction de la taxe spécifique sur l'alcool est une des recommandations du rapport Godbout sur la réforme de la fiscalité. Avec la hausse de la taxe sur la bière de 39 cents par litre sur cinq ans, cela permettrait au gouvernement d'aller chercher des revenus additionnels de plus de 200 millions $ par année. En chambre, le ministre n'a toutefois pas fait la nuance entre les deux mesures.

À la fin septembre, l'Association des microbrasseries du Québec, dont Jonathan Gaudreault est membre du conseil d'administration, a déposé un mémoire à la Commission des finances publiques pour sensibiliser aux retombées et à la fragilité de cette industrie.

« L'AMBQ a eu la chance de faire valoir son point de vue, mais elle n'a pas eu de retour encore », dit M. Gaudreault, en précisant qu'il ne fait toutefois pas partie de ce comité de l'AMBQ.

« On est bien content que la taxe sur la bière n'augmente pas. Si du même coup le ministre voulait dire que l'abolition de la réduction de la taxe spécifique ne se fera pas, ce serait encore mieux. On a bien hâte que le dossier se règle. »

L'homme d'affaires estime par contre que le ministre aurait l'air un peu girouette, s'il changeait d'idée après s'être montré aussi déterminé la semaine dernière.

« Je ne me baserai pas là-dessus pour investir, mais je suis quand même plus près de le faire (investir) que je l'étais la semaine dernière. »

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