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95 postes de fonctionnaires fédéraux abolis depuis 2012

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L'Alliance de la fonction publique du Canada estime qu'une quarantaine de postes ont disparu parmi les professionnels fédéraux en Estrie au cours du dernier mandat du gouvernement. Le phénomène a touché particulièrement un endroit comme le Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc d'Agriculture Canada dans l'arrondissement de Lennoxville.

Archives La Tribune, René Marquis

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(SHERBROOKE) Ce sont 95 postes de fonctionnaires fédéraux qui ont été abolis depuis 2012 en Estrie.

Ces données de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) concernent principalement les bureaux de Service Canada, les pénitenciers de Drummondville et Cowansville de même que Parcs Canada à Compton.

Le conseiller syndical de l'AFPC, Normand Pelletier estime que c'est le déplacement des bureaux de Services Canada de la rue Wellington Sud vers la Place de la Cité qui a fait le plus mal dans la région.

« C'est une perte de 24 emplois permanents. Tous les documents sont rendus électroniques. Il n'y a plus de programme, de traitement de dossier ni de paiement qui se font à Sherbrooke », déplore Normand Pelletier.

L'AFPC remarque que l'expertise développée à l'Agence de revenu du Canada a quitté l'Estrie depuis la fermeture du comptoir de services à la Place de la Cité.

« Le bureau de Sherbrooke était autonome avec une structure organisationnelle indépendante, ce qui n'est plus le cas. Le bureau de Sherbrooke est rendu une succursale de celui de la Montérégie. C'est sans compter que le comptoir du 50 Place de la Cité est maintenant fermé. C'est une quinzaine d'emplois de moins », estime M. Pelletier.

« Un client ne peut plus se présenter au comptoir à Sherbrooke pour obtenir de l'information sur le plan fiscal. Avec la population vieillissante, il est moins évident de passer constamment par Internet. Il est très difficile d'avoir une ligne au téléphone pour parler à quelqu'un », déplore le directeur pour la région du Québec de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Yvan Brodeur.

«Chaque ministère a été touché. La population a été abandonnée par des coupures de services, alors que les relations de travail se sont détériorées.»


Le lieu national Louis-S-Saint-Laurent de Parcs Canada à Compton a vu quatre employés être touchés par des compressions.

La vice-présidente de l'AFPC Magalie Picard mentionne ironiquement que la seule chose qui est juste dans les coupes fédérales, c'est qu'aucun ministère n'a été épargné.

« Chaque ministère a été touché. La population a été abandonnée par des coupures de services, alors que les relations de travail se sont détériorées. Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'ancienneté ne compte pas lorsqu'il y a des suppressions de postes. Le poste de tout le monde est remis en question et les employés doivent se requalifier dans un processus d'évaluation. Nous avons perdu plusieurs employés compétents dans ces processus. Les ministères vivent des coupes depuis plus de 25 ans, alors il n'y a plus de gras à couper », ajoute Magalie Picard

Normand Pelletier mentionne qu'il n'y a pas eu d'impact majeur au bureau de Ressources naturelles Canada.

« Il faut partir de la base où les gens qui partent à la retraite ne sont pas remplacés. Pour des régions comme Sherbrooke, c'est une perte parce que ces revenus ne sont pas remplacés dans l'économie d'une région », mentionne M. Pelletier.

« La moyenne des salaires dans la fonction publique fédérale est de 55 000 $. Si vous multipliez ce chiffre par 95, vous en arrivez à un montant important qui a quitté l'Estrie », déplore Mme Picard.

Le directeur pour la région du Québec de l'Institut de la fonction publique du Canada explique que parmi les professionnels fédéraux, les compressions se sont soldées majoritairement par des départs à la retraite ou des transferts.

Il estime à environ 40 personnes la baisse d'employés, sans que ce soit nécessairement des mises à pied, parmi les professionnels fédéraux en Estrie au cours du dernier mandat du gouvernement.

Le phénomène a touché particulièrement un endroit comme le Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc d'Agriculture Canada dans l'arrondissement de Lennoxville.

« Certains chercheurs ont été réaffectés ailleurs parce que leur poste a été supprimé. Ce sont les agriculteurs qui bénéficiaient des services directs de ces projets de recherche qui se retrouvent sans l'expertise qui était développée. Au bout du compte, c'est le service à la clientèle qui est touchée. Personne ne remplace nos chercheurs lorsqu'ils quittent leur poste. Il y a un affaiblissement important des régions », estime Yvan Brodeur.

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