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Centre de sûreté aéroportuaire Alerte: décollage prévu en 2016

Le Centre de sûreté aéroportuaire Alerte, projeté sur les terrains près de... (Imacom, René Marquis)

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Imacom, René Marquis

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(Sherbrooke) Le Centre de sûreté aéroportuaire Alerte, projeté sur les terrains près de l'aéroport de Sherbrooke, devrait prendre son envol en 2016 selon le plan d'affaires dont La Tribune a obtenu copie. Selon le document, des investissements de 14,7  M$, en infrastructures et équipements, seraient essentiels la première année pour la mise en place d'un centre de formation et d'une vitrine industrielle.

Une conférence de presse a été convoquée lundi pour annoncer la création du centre de sûreté.

Rappelons que la Ville de Sherbrooke avait donné son appui au développement du centre Alerte, en mars, un projet qui vise à regrouper les acteurs du milieu de la sûreté aéroportuaire, mais également les organisations oeuvrant à la lutte antiterroriste et à la sécurité des personnes, des infrastructures et des matières dangereuses. Le projet n'est pas lié à la relance de l'aéroport, qui vise à offrir des vols commerciaux. Les investissements totaux nécessaires s'élèvent à 21,8 M$.

Le projet Alerte, divisé en trois phases, vise l'implantation d'un centre de formation (CENFOR), d'une vitrine industrielle et d'un centre d'intégration technologique. L'échéancier comprend la construction de bâtiments pour le CENFOR et la vitrine industrielle à la fin de la première année, vraisemblablement à la fin de 2016. La construction du troisième volet commencerait à l'an 2 pour une mise en service la troisième année.

«Le lancement des [deux dernières] unités pourrait être ajusté de manière à s'étaler sur cinq ans», prévient-on dans le document.

Le centre de sûreté se concrétise après des consultations auprès de plus de vingt organisations rejointes qui ont confirmé le bien-fondé d'Alerte. Selon le document obtenu par La Tribune, «à ce jour, aucun autre centre offrant une gamme similaire de services consolidés n'a été identifié», raison pour laquelle l'organisme à but non lucratif responsable du projet a opté pour une grappe technologique et industrielle en sûreté aéroportuaire. «Une plateforme centralisée permettant à la fois de tester, valider et de promouvoir les technologies et équipements de sûreté est actuellement inexistante en Amérique du Nord».

«Nous suggérons la création d'un catalogue de formations et d'entraînements qui complétera intelligemment l'offre régionale du centre de formation de l'IATA de Montréal.»


Sherbrooke Innopole, l'Université de Sherbrooke, le Cégep de Sherbrooke et le CLD du Haut-Saint-François siègent au C.A. du centre de sûreté Alerte. L'organisation de l'aviation civile internationale (OACI), l'Association internationale du transport aérien (IATA) et Transports Canada ont confirmé leur intention de suivre et de soutenir la mise sur pied du projet.

Toujours selon le même document, le projet est «à même de positionner la région, le Québec et le Canada sur la scène internationale au sein de [...] la sûreté aéroportuaire».

Le CENFOR, point central de la phase 1, regrouperait des volets théoriques et pratiques de formation dans un site unique. Les services viseront surtout les gestionnaires d'aéroports, les forces de l'ordre, les premiers répondants, les lignes aériennes et les agences réglementaires.

«L'offre de formations théoriques sera essentiellement constituée de cours de l'IATA, dont la reconnaissance et la compatibilité internationales du contenu répondent aux exigences de l'industrie. [...] Nous suggérons la création d'un catalogue de formations et d'entraînements qui complétera intelligemment l'offre régionale du centre de formation de l'IATA de Montréal. Le calendrier de Montréal est tel qu'il ne permet pas de compléter un programme au sein d'un même séjour. L'idée est de mettre à profit la proximité géographique entre Montréal et Sherbrooke pour offrir à la clientèle ayant suivi des cours à Montréal la possibilité de suivre [à Sherbrooke] tous les cours complémentaires menant aux diplômes correspondants.»

«L'offre [...] permettra également d'intégrer la validation des apprentissages théoriques sur le terrain dans le cadre entre autres de simulations de crise (prise d'otages, écrasement, incendie). L'insertion d'exercices d'assimilation pratique à la formation crée une valeur ajoutée», lit-on encore dans le rapport. À la sixième année, ce sont 19 formations à maturité qui pourraient être offertes.

Le centre de formation théorique serait installé dans un bâtiment de 5000 pieds carrés (465 mètres carrés) adjacent à la route de l'aéroport et aurait un accès direct au réseau routier et au stationnement. Un centre d'entraînement sera aussi aménagé. La mise sur pied du CENFOR nécessitera à terme des investissements totaux de 12,2 M$.

Incendies, prises d'otage et écrasement en simulation

Pour valider l'assimilation de la théorie, le centre Alerte mettra à la disposition des premiers répondants et des aéroports trois sites d'entraînement qui visent la simulation d'incendies, la simulation de prises d'otages et la simulation de l'écrasement d'un aéronef. Le site d'entraînement en temps réel sera situé à l'extrémité est de l'aéroport.

Selon le plan d'affaires dont La Tribune a obtenu copie, une première zone de 25 000 pieds carrés (2500 m carrés) comportera un avion d'exercice de type A-2000 qui servira de simulateur d'entraînement incendie. Elle permettra de «mettre en scène une multitude de situations d'urgence où les techniques de suppression et contrôles d'incendie doivent être adaptées à l'environnement». On donne en exemple des feux à l'intérieur d'un avion, sur les parties externes de l'appareil ou aux alentours de l'aéronef.

L'appareil utilisé permettra de simuler des feux localisés dont l'intensité et la rapidité de propagation peuvent être contrôlées à distance. «Le réalisme de l'avion d'exercice nous permettra de simuler le sauvetage de passagers pris au piège dans la cabine. Il sera possible pour les différents intervenants de simuler des opérations de sauvetage avec de véritables passagers ou, dans la plupart des cas, à l'aide de mannequins d'exercice.»

En ce qui concerne les écrasements, une deuxième zone permettra aux experts de mener une multitude d'exercices d'enquête et de valider des procédures. «Les sections critiques d'un aéronef (cockpit, fuselage, moteurs, ailes, queue) pourront être réparties sur le site selon différentes configurations. La grandeur de la zone [«d'écrasement»] sera d'environ 30 000 pieds carrés, soit trois fois la superficie d'un Boeing 737-300.»

Le complexe d'exercice consacré à la formation pour des événements de nature terroriste comptera également 25 000 pieds carrés (2500 mètres carrés) pour simuler des prises d'otages et des bombes à bord d'un appareil. Un Boeing 737-300 désaffecté sera alors à la disposition des clients.

Le centre d'entraînement sera au coeur d'un parc aéroportuaire spécialisé. Ce parc, qui serait encore à l'étape conceptuelle, prévoit l'aménagement de 36 lots dont les dimensions varient entre 2500 m carrés et 15 000 mètres carrés. Sa réalisation respecterait les milieux naturels et préserverait la valeur écologique du site. Le plan a été développé par Sherbrooke, Cookshire-Eaton, East Angus, Ascot Corner et le canton de Westbury. Une route d'environ 300 mètres reliera le parc d'aviation générale au site d'entraînement. Deux dalles de béton de 25 000 pieds carrés seront aménagées pour accueillir les équipements de simulation.

Selon des hypothèses jugées conservatrices, on estime entre six et neuf le nombre d'utilisations de ces sites lors des années 2 et 3, pour une durée moyenne de deux jours chaque fois. Le nombre total d'étudiants inscrits aux cours théoriques, toujours selon des prévisions conservatrices, passerait de 135 la première année à 475 à l'an 6.

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