Une tournée pour décortiquer le sociofinancement

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Le site de financement participatif Ulule se lance à la conquête du Québec par une tournée de sept villes qui commence jeudi à Sherbrooke. « Notre première ambition est de démocratiser le sociofinancement. Notre deuxième intérêt est d'aller chercher le maximum de porteurs de projets puis d'augmenter la présence d'Ulule au Canada », dit François Bédard, directeur d'Ulule Canada.

La plateforme Ulule a été créée en 2010 à Paris. Le site héberge des projets « créatifs, innovants ou solidaires » dans le but d'obtenir du financement du grand public. Sur le principe du tout ou rien, le projet sera financé que s'il atteint ou dépasse son objectif, sur une durée limitée d'en moyenne 45 jours, énonce-t-on.

Plusieurs plateformes du genre existent sur Internet. Le Fonds des médias du Canada, par exemple, en recense actuellement 32 accessibles aux Canadiens dont six sont basés au Québec.

Devant la popularité de la méthode, le Québec et cinq autres provinces ont d'ailleurs mis en vigueur le printemps dernier une série de conditions pour encadrer le financement participatif des entreprises en démarrage.

Ulule Canada, pour sa part, est associé avec la Banque Nationale depuis avril 2015 et son président-fondateur habite Montréal, fait valoir M. Bédard.

Ulule aurait permis le financement de 10 000 projets depuis son lancement, représentant plus de50 millions $ de fonds amassés auprès de 800 000 membres dans 164 pays, pour un taux de succès de 67 %. Le site perçoit une commission de 5 %, qui atteint 8 % quand on inclut les frais techniques et transactionnels.

François Bédard constate que le marché du Canada n'est pas aussi « mature » que la France à l'égard du sociofinancement. « Il y a une plus grande ouverture au Québec, où on retrouve plus l'ingéniosité propre à nos profils type de porteurs de projet », perçoit-il.

En se lançant dans un tour du Québec, le directeur d'Ulule Canada veut donc décortiquer le paysage du sociofinancement, qu'on connaît mieux sous le terme anglais crowdfunding. La formule retenue est une table-ronde suivie d'un coquetel de réseautage. L'arrêt à Sherbrooke se fera chez Espace-Inc, l'incubateur d'entreprises de la rue Marquette.

15 000 $ pour La Fabrique

Parmi les intervenants, le fondateur de la coopérative sherbrookoise La Fabrique, Julien Lamarche, viendra témoigner de son expérience en sociofinancement qui lui a permis d'obtenir quelque 15 000 $, en deux campagnes distinctes, pour le développement de ses ateliers de fabrication professionnels.

« Le gros avantage du sociofinancement, relate M. Lamarche, c'est de prendre le projet où il en est et de l'amener à un autre niveau. Pour notre part, ça répondait bien à nos besoins de projet émergent puisqu'on n'aurait pas pu s'asseoir dans le bureau d'un banquier avec un plan d'affaires détaillé. »

En activité jusqu'à tout récemment dans un petit garage de la rue Denault, La Fabrique prépare sa réouverture dans des locaux plus grands de la rue Marquette le mois prochain. Elle compte actuellement 160 membres et vise à atteindre 200 membres. Ses deux campagnes de sociofinancement se sont jouées sur la plateforme Indiegogo, dont le siège social est en Californie.

Outre Sherbrooke, la tournée d'Ulule s'arrêtera en Estrie du côté de Lac-Mégantic le 9 octobre.

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