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Aéroport: de gros montants à investir et des questions en suspens

Sherbrooke pourrait avoir à payer entre 500 000 $ à 2 000 000 $ annuellement... (Imacom, Frédéric Côté)

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Sherbrooke pourrait avoir à payer entre 500 000 $ à 2 000 000 $ annuellement pour obtenir les services de contrôle de sûreté à l'aéroport de Sherbrooke. La Ville pourrait également avoir à débourser de 50 000 $ à 600 000 $ la première année pour mettre la main sur l'équipement nécessaire.

À cela s'ajoutent des investissements dans les installations existantes pour se conformer aux exigences de Transports Canada. Ces modalités ont été dévoilées mercredi dans la Gazette du Canada, après l'annonce faite mardi par le gouvernement conservateur indiquant que les petits aéroports du Canada pourront offrir les services de contrôle de sûreté et par le fait même des vols commerciaux.

Rappelons que ces aéroports ne recevront toutefois pas la mention «désignée» par l'administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA), mais devrons plutôt payer pour les services de sûreté.

La nouvelle réglementation présentée dans la Gazette du Canada spécifie que les petits aéroports devront signer une entente contractuelle pour obtenir les services de contrôle de l'ACSTA.

Cette entente stipulera que les aéroports «devront payer l'équipement de l'ACSTA, la formation, le soutien, les mises à niveau des installations, les obligations réglementaires, etc.» peut-on lire dans le document.

Seuls des agents de l'ACSTA pourront effectuer le contrôle.

Les coûts annuels d'exploitation se situeront entre 500 000 $ à 2 M$, selon le nombre de passagers à contrôler, le type de contrôle et la situation géographique de l'aéroport.

Payer deux fois le même service

Les aéroports seront autorisés à transférer une portion des coûts ou tous les coûts liés à cette activité aux transporteurs aériens ou aux passagers. Le client ne sera toutefois pas exempt de payer pour ce même service - d'une valeur de 14,96 $ pour un vol intérieur aller-retour selon les taux proposés par Transports Canada - lors d'une correspondance dans un autre aéroport, perçu directement dans le prix le billet. C'est donc dire qu'il pourrait payer deux fois pour ce service.

En entrevue avec La Tribune mardi, le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny avait affirmé vouloir prélever une somme d'argent sur les billets afin de financer les services de sûreté. Le manque à gagner, advenant un achalandage inférieur aux prévisions, serait payé par la Ville.

Craintes

Le président de la Corporation de développement de l'aéroport, Julien Lachance, admet avoir eu des craintes en prenant connaissance du document. «Lorsque je lis que les passagers pourraient payer deux fois le service de sécurité, j'ai quelques craintes», reconnait-il.

Le président se pose également des questions à propos de l'obligation d'employer des agents de l'ACSTA, à la place de sous-traitants par exemple.

«Transports Canada veut un service clé en main. ACSTA gère et nous envoie la facture. Mais quels seront les coûts d'exploitation de ce service? Nous pensions pouvoir gérer le service de sécurité selon les critères de l'ACSTA, mais en gardant une certaine flexibilité pour l'exploitation.

«Le document parle de coûts variant de 500 000 $ à 2 M$, c'est une fourchette de prix très large. Il y a plein de modalités qui restent à confirmer», poursuit M. Lachance.

Dans les dernières années, la Ville a procédé à la rénovation de l'aire de sécurité. La piste, d'une distance de 6000 pieds, est en bon état et ne nécessite pas de travaux particuliers. L'achat d'équipements, estimé entre 50 000 à 600 000 $ par Ottawa, tournerait plus autour de 200 000 $, précise M. Lachance.

Selon une analyse réalisée en 2013, la Ville estime que des vols commerciaux pourraient attirer jusqu'à 60 passagers par jour dans les premières années.

Il a été impossible d'obtenir les commentaires de la mairie mercredi, qui affirmait vouloir analyser en profondeur la nouvelle réglementation avant de s'adresser aux médias.

La Tribune a tenté de communiquer avec différentes compagnies aériennes afin de savoir si elles étaient intéressées à offrir des liaisons commerciales à l'aéroport de Sherbrooke. Seul West Jet a répondu à nos demandes en affirmant n'avoir aucun plan avec Sherbrooke pour le moment.

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