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Des chercheurs de Sherbrooke veulent développer les analgésiques de l'avenir

Développer les analgésiques de l'avenir, c'est l'objectif que s'est donné une... (Archives La Presse)

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(SHERBROOKE) Développer les analgésiques de l'avenir, c'est l'objectif que s'est donné une équipe de chercheurs de l'Institut de pharmacologie de Sherbrooke (IPS).

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Pr Philippe Sarret

Photo fournie

En effet, grâce à la recherche, les avancées en sciences de la santé au cours des 50 dernières années ont été exponentielles. Toutefois, la morphine et ses dérivés sont toujours la référence en ce qui a trait au traitement des douleurs aiguës et chroniques, deux siècles après leur découverte.

Pourtant, la douleur chronique est loin d'être un problème marginal. Elle affecte près du tiers des Québécois, et environ 70 % des patients atteints ne sont pas soulagés efficacement par les analgésiques d'ordonnance.

De plus, les effets secondaires engendrés par les médicaments actuels sont nombreux : constipation, dépression respiratoire, tolérance, dépendance. Le développement de nouveaux analgésiques efficaces et aux effets secondaires limités reste donc un besoin à combler et un énorme défi afin de mieux contrôler la douleur.

L'équipe de l'IPS, en collaboration avec des partenaires de l'Université de Montréal et de l'Université McGill, vient de recevoir un appui financier de 6,8 millions $, grâce à des investissements de la Fondation canadienne pour l'innovation (2,7 M$), du gouvernement du Québec (2,7 M$) et de partenaires privés (1,4 M$).

« L'argent servira en totalité à l'achat d'équipements de pointe qui aideront, d'une part, à mieux comprendre la fonction de différentes protéines dans la douleur chronique et, d'autre part, à accélérer le développement d'une nouvelle génération d'analgésiques plus efficaces et mieux supportés par les patients », explique le professeur Philippe Sarret, codirecteur de l'IPS et professeur au département de pharmacologie-physiologie à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke.

Est-il utopique de croire qu'un établissement de la taille de l'IPS puisse faire bonne figure dans la course aux « analgésiques du futur » contre des géants pharmaceutiques aux budgets faramineux? Absolument pas, car le mode industriel des pharmaceutiques a énormément changé au cours de la dernière décennie.

« Pendant des années, les pharmaceutiques ont englouti des sommes colossales en tentant de créer le super médicament qui pourrait apaiser tous les maux, une stratégie qui n'a pas porté ses fruits. Plusieurs laboratoires ont fermé leurs portes, forçant du même coup une nouvelle approche », précise Philippe Sarret. Maintenant, l'accent est mis davantage sur le développement de traitements spécifiques à certaines maladies ou conditions, favorisant par le fait même la recherche axée sur le patient.

« Pour y arriver, les compagnies pharmaceutiques ont changé leur modèle d'opération et s'associent de plus en plus avec les centres universitaires pour valoriser les innovations issues de ces milieux. Ceci permet aux compagnies d'avoir accès à de la recherche fondamentale de haut niveau et aux universités de voir avancer leurs découvertes vers des produits commercialisés. Dans le cas présent, les infrastructures qui découleront de cet investissement iront bien au-delà du traitement de la douleur. Elles serviront également à d'autres indications thérapeutiques sur lesquelles travaillent les chercheurs de l'IPS. En fin de compte, ceci permettra à nos chercheurs de livrer des produits qui profiteront directement aux patients », commente Éric Marsault, directeur de l'IPS.

Peut-être que, dans quelques années, l'antidouleur qui sera prescrit aux patients qui souffrent tirera ses origines d'un laboratoire de l'IPS. « C'est un objectif qui est tout à fait accessible », conclut le professeur Philippe Sarret.

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